Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 114 - Juin 2018

Go

Collectivits Locales

La promotion de la demande sociale

OPGI de Annaba

Par Hamid Bellagha



L’Office de la promotion et de la gestion immobilière (OPGI) de la wilaya d’Annaba est en pleine ébullition. Le personnel, depuis quelques mois, s’active entre les quatre étages du siège de l’office. C’est qu’avec les nouveaux pôles de logements, Annaba respire un peu, car le foncier du chef-lieu, et à l’instar de celui des grandes wilayas du pays, est saturé. Donc, et avec la libéralisation vers les autres communes de la wilaya, des possibilités se sont offertes dans le domaine du logement ou du relogement. L’OPGI étant une plaque tournante dans le domaine, c’est tout simplement que le rôle de « distributeur » lui a été dévolu.
Plus de 23000 logements sont programmés au niveau des différentes communes de la wilaya d’Annaba actuellement. Ces 23000 unités concerneront toutes les formules de logement, nous a-t-on assuré du côté de l’OPGI local. « Nous avons pratiquement achevé tout le programme, car il ne reste que 5008 logements qui devront émerger de terre les prochains mois. Tout le reste a été réalisé », affirmera Abdelkrim Benchadi, directeur de l’OPGI d’Annaba, qui s’évérera doté d’une mémoire phénoménale, surtout en ce qui concerne les chiffres.
Il faut quand même savoir que les 23000 unités citées plus haut ne sont qu’une partie d’un programme plus ambitieux qui comprend plus de 47000 logements à réaliser, depuis 1999, un programme pratiquement achevé. Ceci a permis à la wilaya de passer d’un taux d’occupation par logement (TOL) de 5,09 à 3,39.
Avant cela, et pour réaliser le programme du président de la République Abdelaziz Bouteflika concernant le logement, la wilaya d’Annaba, à l’instar des grandes agglomérations du pays, a dû, dans un premier temps, procéder à l’éradication de l’habitat précaire et des bidonvilles. De 1999, jusqu’en 2017, quelque 41 opérations du genre ont été programmées et effectuées. Ce qui n’a pas été de tout repos vu les problèmes de sécurité liés à la wilaya, comme ceux tristement célèbre de Bouhamra, devenue depuis Boukhadra, et Sidi Salem avec ses plages paradisiaques. Ces opérations ont permis d’éradiquer plus de 7000 « logements » où les bases les plus élémentaires concernant un habitat décent étaient absentes.

L’éradication de l’habitat précaire
En décembre 2015, la localité de Sidi Salem relevant de la commune d’El-Bouni a vu lors de ces opération l’éradication de 1340 habitats précaires et autres constructions illicites. Les bénéficiaires ont été relogés dans des appartements neufs, dans la localité de Bouzaâroura et Boukhadra, daïra d’El Bouni. « Un quota spécial de logements, en cours de réalisation à Annaba, a été réservé au profit des habitants du bidonville de la cité des fameuses Sections administratives spéciales (SAS) de Sidi Salem. L’objectif des pouvoirs publics est de raser définitivement la cité SAS », a révélé le directeur de l’OPGI de la wilaya d’Annaba, Abdelkrim Benchadi, lors de la cérémonie d’attribution de quelque 300 logements sociaux aux familles nécessiteuses de la commune d’Ain-Berda, 4 km au sud du chef-lieu de la wilaya. En tout, ce sont 1800 baraques qui ont été détruites tandis que leurs occupants ont été relogés dans des demeures dignes. Sidi Salem qui était « un point noir » concernant l’habitat aléatoire dans la wilaya devra dans un proche avenir changer de couleur, comme Bouhamara qui a mué pour se transformer en Boukhadra.
La même opération a été renouvelée en juillet 2016 à la cité Beni El M’haffeur et a concerné 600 familles résidants des habitats précaires. « Cette dernière opération a été la plus difficile car elle touchait un terrain au centre de Annaba, un monticule sur lequel étaient entassées des centaines de familles, dépourvues des conditions sanitaires les plus élémentaires. Il fallait convaincre ces familles de quitter le chef-lieu de la wilaya, pour des communes avoisinantes. C’était difficile, mais nous l’avons fait », nous expliquera notre hôte. Un pôle urbain de référence devrait y être érigé sur le foncier récupéré. Occupant une superficie de 4,6 hectares, le nouveau pôle est schématisé par une trame bâtie pour les infrastructures, une trame végétale pour les jardins, et une trame minérale pour la voirie.  En outre, le site de Bouakadia, entre la commune d’Annaba et l’aéroport, a aussi été « effacé », après le relogement de 218 familles, pour céder les lieux à un bel et immense terrain de verdure innommables.  
Chentata au centre-ville aussi a subi aussi le plan d’éradication de l’habitat précaire et le relogement de ses occupants dans des appartements flambants neufs.
Toutes ces opérations ne se sont pas faites du jour au lendemain, mais ont duré plus de 24 mois où il fallait « couper » mais ne pas ... coller. C’était plutôt du « couper-reloger ».
Ces opérations ne consistaient pas seulement en éradication-relogement, mais ont pu par la suite dégager quelques 32 hectares de terrain, des parcelles qui valent de l’or, comme la route menant à l’aéroport, la façade maritime de Sidi Salem, qui vont être orientés vers des projets structurants, utiles à la population annabie.

La cité dortoir aux oubliettes
Sidi Harb, avec ses 700 gourbis est aussi concerné par les opérations citées précédemment et ses habitants devront changer de mode de vie, une autre meilleure dans les mois qui viennent. Bouzaâroura ne sera pas en reste puisqu’elle va voir disparaitre son « quota » de logements précaires et insalubres les semaines à venir. 700 unités sont concernées.
Pour l’histoire, Sidi Salem et ses Sections administratives spécialisées (SAS), datent de la période coloniale et ses SAS étaient chargées de « pacifier les populations musulmanes rebelles ». C’était un des pans du Plan de Constantine initié par Charles de Gaulle, dès son intronisation à la tête de laVe République. El M’hafer aussi a « son» histoire avec la colonisation, une histoire qui remonte à plus loin que celle de Sidi Salem. En 1876, du temps de Louis-Napoléon Bonaparte. Les locataires des lieux, à l’époque étaient affublés du sobriquet de « béni ramassés », qui, à force de travaux pénibles, de creusements de puits et de tranchées diverses, ont subi une autre appellation El M’hafer, ceux qui creusent. « Béni ramassés », quant à elle, était la référence pour les délocalisés de Ain Barbar, et les déportés de Beni Ourtilane, suite à la révolution d’El Mokrani. C’est dire que la plus petite parcelle du pays comporte en son sein un bout de résistance à l’occupant ...
Pour les nouveaux pôles, Draâ Errich, avec 6817 logements, vient en tête pour suppléer « l’encombrement » de la commune d’Annaba, à 20 km, sur la RN 44 menant à la wilaya de Skikda. L’essentiel des logements relève de la formule des « sociaux » tandis que 12 000 unités concerneront la formule AADL. En effet, le programme des 6000 logements de l’OPGI est achevé à la nouvelle ville de Draâ Errich, à 100%. Seul un projet de 817 unités en cours de réalisation sur ce site est dans le délai prescrit est à hauteur de 55%. Outre l’esthétique, les logements OPGI se caractérisent également par une finition appréciable des travaux. Par ailleurs, il y a lieu de souligner la contribution de l’OPGI à la modernisation du tissu urbain : corriger les dysfonctionnements générés dans le passé par le non-respect des instruments et outils d’urbanisme et d’aménagement. En effet, les sites OPGI ont donné un cachet attrayant aux cités, aussi bien dans la nouvelle ville de Draâ Errich, que dans les agglomérations périphériques du pôle urbain du Kalitoussa de Berrahal, où le site des 1900 logements, qui demeure de loin le meilleur de l’OPGI jusqu’à présent sur tous les plans, a été aménagé en axe commercial qui s’étend sur plusieurs centaines de mètres. D’autant qu’aucun retard n’a été signalé dans le programme OPGI de Draâ Errich. Le second pôle urbain, El Kalitoussa, déjà opérationnel, est doté d’équipements éducatifs et sociaux et comprend des logements au nombre de 7000, dont 2200 logements livrés par l’OPGI, 900 AADL, 300 LPA et le reste pour le social.
A ce sujet, le directeur général de l’OPGI d’Annaba soulignera que tous les nouveaux pôles ou nouvelles villes ou cités ne seront pas de vulgaires cités dortoirs où il ne fera bon que dormir. « Nous avons prévu des équipements d’accompagnement pour ces nouveaux pôles pour ne plus tomber dans le piège de la cité dortoir. Notre but est de fixer les populations sur place avec des projets structurants, des écoles et des lycées, des suretés urbaines, des polycliniques, des entreprises pourvoyeuses de travail, et ce pour faire habituer l’habitant à son nouveau milieu tout en le sécurisant pour éviter les embouteillages et les déplacements coûteux et dangereux vers le chef-lieu de wilaya » précise Abdelkrim Benchadi.

Exit la notion de commune
Entre El Hadjar et El Bouni, la wilaya d’Annaba a enregistré son troisième pôle urbain, à savoir Ain Jbara El Gantra. 3100 logements sociaux y verront le jour prochainement, en plus de deux écoles et d’un CEM, pour un premier temps. L’achèvement des travaux sera pour le premier semestre de l’année 2019. Au total, il y est prévu 22000 logements à brève échéance, sur un terrain racheté par l’État à des privés.
Enfin, le quatrième pôle, Boukhadra, avec 1063 logements AADL, 500 LDL, « et le reste va suivre », nous rétorquera notre interlocuteur, qui poursuivra que « vu la contraction des assiettes foncières à Annaba ville, il y a eu un embrassement de la commune chef-lieu par quatre nouveaux pôles urbains, à cheval sur plusieurs communes. Ceci a conduit à la disparition complète de la notion de commune à la wilaya d’Annaba. »
El- Eulma, El-Bouni, El-Berda, Berrahal, ou toutes autres communes, en accueillant des résidents hors communes se sont fondues avec celle d’Annaba pour n’en faire plus qu’une, la notion de « frontières communales » étant, par la force des choses, devenue obsolète.
«En concertation avec Mohamed Salamani, wali de la wilaya d’Annaba, nous devrons loger avant la fin de cette année 12000 familles, pour le social avec une éradication totale de tout ce qui est habitat précaire, essentiellement à Draâ Errich », nous expliquera le directeur de l’OPGI. La wilaya d’Annaba peut de ce fait s’enorgueillir de voir disparaître complètement l’habitat précaire dans peu de temps. Une question de calendrier. Les nouveaux pôles urbains, les quatre cités, ne seront pas des cités en rase campagne, mais des adjuvants aux communes existantes, bien que Abdelkrim Benchadi réfute ce terme. Car des infrastructures routières accompagneront les équipements éducatifs et sociaux pour permettre à un résident à Berrahal de rejoindre son lieu de travail à Sidi Salem en un temps record. Même chose pour l’habitant d’El Kalitoussa allant œuvrer à Annaba. A terme, et à l’instar de plusieurs autres wilaya, Annaba pourra gérer les demandes de logements au temps T, vu que la majeure partie des demandeurs d’emplois seront satisfaits dans un avenir très proche.

Un trio de bits et broc
Comme les trois mousquetaires, ils sont quatre. Il y a d’abord le chef, puis Mehdi Necib, chargé de la cellule communication et informatique, 37 printemps, toujours sourire en coin, et depuis peu une barbe fournie, « une barbe d’informaticien. » Son C.V. long comme un bras illustre la complexité du savoir en informatique du number one de la cellule. Ensuite, Houssemedine Rahim, 27 ans. Designer, il est un peu l’artiste de l’équipe. Aussi bien dans son goût vestimentaire que dans le choix des outils pour le travail.
Enfin, raffinement oblige, un zest de féminité, en la personne de Zahzouh Abir, celle qui complète le team. L’âge ? On ne donne jamais le nombre d’années d’une dame, mais il faut savoir que c’est la benjamine de l’équipe. Une femme, certes, coquette, bien sûr, mais la dernière quand il s’agit de mettre des bottes et d’aller les user sur les nombreux chantiers du logement de la wilaya d’Annaba. Le trio besogne sous la houlette du d’Artagnan de l’équipe de la cellule informatique, le directeur général de l’OPGI, Abdelkrim Benchadi, bien sûr. Mehdi Necib, chef de la cellule, est ingénieur d’Etat en informatique, option informatique industrielle, diplôme décroché à l’université Badji-Mokhtar de Annaba en 2007. Son C.V. ? Non, ce n’est pas la peine, entre les Java, les JE22 et les Windev 15, il n’y a qu’une littérature informatique que ne comprendrait qu’un initié. Il faut juste savoir que Necib est plus souvent en casque de sécurité et bottes qu’en laptop sous le bras et des bits plein la tête. « Une spécialité au service de tous à l’OPGI», pour une meilleure efficience collective.
Rahim Houssemedine, lui, est diplômé de langue et aussi en communication, depuis 2015.
Il bosse en tant que designer pendant quelques mois pour intégrer l’OPGI d’Annaba pour un plus artistique. Les présentations sous toutes ses formes, c’est lui.
Il fait les marches séparant son bureau de celui du DG, le D’Artagan de l’équipe, plusieurs fois par jour pour répondre aux exigences du patron, lui-même plus sur les chantiers que le confort de son bureau. Et bien sûr, Houssemedine, un mix entre l’informatique et la communication, navigue allègrement entre les deux.
The last but not the least, Zahzouh Abir. Elle aussi a décroché un diplôme en communications, option audiovisuelle à l’université Badji-Mokhtar, mais n’a rejoint l’équipe informatique/information qu’en 2017, ravie d’avoir en face un journaliste, elle qui l’a aussi été, et elle en est fière, dans un journal local à Annaba.
« Je ne voudrai pas revenir à la presse, nous dira-t-elle. Je me suis bien intégré à l’OPGI, et entre les chantiers le bureau, la communication à l’interne et à l’externe, c’est un monde en perpétuelle mutation où je ne m’ennuie jamais. »
Propos révélateurs de l’importance de la mission des informaticiens/communicants, car pendant le laps de temps passé avec le DG, plusieurs « intrusions » informatiques ont été enregistrées. Aussi bien Necib, que Rahim ou encore Zahzouh ont fait une « virée » au bureau du boss. C’est que ce dernier, exigeant à profusion, demandait et redemandait à tout un chacun et des photos, et des infos, et des chiffres, bien que dans ce domaine les neurones de Benchadi se soient révélés plus efficaces que les bits. Le tout sous l’œil attentif et amusé à la fois de Boukhalfa Maâmar, directeur du logement de la wilaya d’Annaba,.

 H. B.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Hamid Bellagha

Les plus lus

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF