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N° 114 - Juin 2018

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Collectivits Locales

Un acteur incontournable dans la modernisation de l’administration

Imprimerie officielle

Par Farid HOUALI



Les efforts qui seront poursuivis dans le domaine de la modernisation de l’administration publique visent à asseoir de nouvelles relations entre l’administration et le citoyen et le renforcement de la confiance entre l’administration et l’administré, action qui s’inscrit dans la dynamique d’approfondissement du processus démocratique. A ce sujet, comme nous l’écrivions dans notre précédente édition (n° 109), le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire a mis en œuvre plusieurs projets et programmes visant à promouvoir le services public à travers l’ouverture des grands ateliers dans les domaines de la modernisation effective et profonde du service public, le rapprochement de l’administration du citoyen, la vulgarisation de l’informatisation et les modes de gestion informatique dans les services publics, notamment le passeport biométrique, la carte nationale biométrique, le permis biométrique et la carte d’immatriculation électronique. « Ces deux derniers projets s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du programme du gouvernement dans son volet relatif à la modernisation des prestations du service public en application des orientations du président de le République Abdelaziz Bouteflika, soucieux de l’approfondissement du processus de modernisation des prestations du service public », affirme à ce propos à El Djazaïr.com, Mahfoud Kerbadj, directeur général de l’Imprimerie officielle, qui reçoit « pour la première fois » dans son bureau des journalistes afin de nous mettre au fait de « la création, missions et prérogatives » de cet établissement sis sur les hauteurs d’Alger, à Bir Mourad Rais précisément. Arrivés face à l’entrée principale de l’établissement, on est tout de suite attiré par une présence « remarquable » de « militaires » en uniforme. Ce sont des éléments de la Garde républicaine. Mais que fait la Garde Républicaine sur place ? « Il ne faut surtout pas s’étonner. Il faut savoir avant toute autres chose que l’Imprimerie officielle est implantée sur un site relevant des périmètres de la présidence de la République tout comme le Conseil national économique et social (CNES) qui n’est qu’à quelques mètres de là », nous répond Mahfoud Kerbadj qui, à l’occasion, rappelle que l’Imprimerie officielle avait été créée au lendemain de l’indépendance, en 1964. Elle relève, explique-t-il, des services du secrétariat général du gouvernement, de ce fait des services de la présidence de la République. Avant d’élire domicile à son adresse actuelle, l’Imprimerie officielle, selon son premier responsable, était domiciliée, à ses débuts, à l’avenue Ahmed Ben M’Barek (ex-chemin Bobillot) à la Place du 1er Mai. C’est en 1995 qu’elle a été délocalisée et ce, après une longue bataille judicaire remportée face à l’APC de Kouba qui revendiquait le terrain sur lequel elle est implantée. Depuis cette date, ajoute encore Mahfoud Kerbadj, c’est au niveau de cette même imprimerie que s’est effectuée l’impression de tous les bulletins de vote de tous les rendez-vous électoraux qu’aura connus l’Algérie. Également comme missions principales, l’Imprimerie officielle, comme son nom l’indique, a, à charge, l’impression du Journal officiel de la République algérienne. Étant un EPIC (Etablissement à caractère industriel et commercial), l’Imprimerie officielle assure aussi l’impression de tous les documents portant le sceau de l’État. « Notre premier client est le département de l’Intérieur pour qui nous imprimons tous les documents de l’état civil », soutient encore notre interlocuteur. Vient ensuite un autre département ministériel : celui des Finances.

Une totale métamorphose
A sa tête depuis 1993, Mahfoud Kerbadj a vécu à toutes les évolutions et les changements qu’aura connus l’Imprimerie « notamment depuis 1999 ». En effet, l’Imprimerie officielle, qui emploie, actuellement, 340 personnes dont les deux tiers sont des techniciens, n’est plus, aux dires de son directeur général, « celle des années 1960 ou des années 1980. « Ces dernières années l’Etat a énormément investi dans la modernisation des équipements de l’imprimerie. Actuellement, de nouveaux équipements de dernière génération ont pris place des anciennes rotatives. Tout ou presque a été numérisé », dit-il. En effet, le grand tournant de la fin du siècle dernier fut l’apparition des premiers ordinateurs personnels, à partir de 1981, qui ont vu la démocratisation de la publication assistée par ordinateur (PAO), auparavant réservée aux mainframes et à la mini-informatique. Le micro-ordinateur a révolutionné le travail : acquisition d’images numérisées, retouche d’images, création de dessins vectoriels, mise en pages avec des logiciels dédiés, permettant d’amalgamer textes et images. Ces opérations étaient déjà possibles sur des systèmes dédiés mais au coût prohibitif. La micro-informatique a permis de rendre ce métier accessible, tout en provoquant certains dérapages : en effet, la démocratisation d’une technique ne démocratisait pas pour autant le savoir-faire associé (connaissance par exemple des règles typographiques, incontournables dans le domaine professionnel). Parallèlement à l’évolution de la composition, toute la chaîne graphique se met à connaître de profonds bouleversements. Ainsi, à partir du poste de composition, photogravure et mise en page sont venus s’adjoindre divers périphériques d’écriture tels que les computers to film (CTF, ordinateur vers film), appelés aussi flasheuses, qui permettent d’insoler les films de chacune des couleurs d’impression (quatre dans le cas de la quadrichromie) à partir du fichier informatique, afin de produire les plaques par transfert optique. Ce progrès permet de se passer du montage manuel des mises en page. Le transfert optique fait cependant perdre de la définition dans les points de trame et ne dispense pas de retouches sur plaques, car il peut y avoir des pétouilles, dépôts parasites dus à des poussières. L’évolution suivante a été le computer to plate (CTP, ordinateur vers plaque) où le film a été remplacé par la plaque (en aluminium en général, parfois en polyester) qui sera alors insolée ou gravée directement à partir du fichier informatique. Ensuite, l’opérateur n’a plus qu’à caler ses plaques directement sur la presse. Dernière évolution en date, concernant la presse offset classique, c’est l’embarquement du système CTP sur la presse. C’est ce que l’on appelle le direct imaging (DI). Il n’y a alors plus d’opération intermédiaire entre le poste de mise en pages et la presse, la gravure se faisant directement sur le cylindre porte-plaque de la presse offset. Avantage : repérage exceptionnel des différents groupes et économie de temps de calage. Pour suivre cette évolution, il fallait également disposer d’un personnel qualifié. Un point « primordial » pris en compte avec le concours notamment de certains centres de formation spécialisés. « Afin de suivre toute l’évolution qu’a connue le métier de l’impression de par le monde, nous avons opté avec le concours de notre tutelle à des partenariats avec des centres de formations spécialisés pour des stages pratiques au niveau de nos ateliers. Cela a toujours été une occasion pour nous de suivre de plus près les stagiaires dont les meilleurs sont repris à titre permanent parmi nos personnels. Disons que c’est là, un partenariat gagnant-gagnant », se réjouit Mahfoud Kerbadj assurant, qu’actuellement, « on n’a rien à envier à beaucoup d’autres pays ». Pour preuve, toujours selon les explications de notre interlocuteur, le Journal officiel, dans tous ses numéros, existe actuellement en CD en deux versions (arabe et français) avec comme option « recherche » permettant en un seul clic d’aller directement sur le texte voulu.

A l’ère du numérique et du document sécurisé
En avril dernier, Nouredine Bedoui, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, inaugurait une unité de production de titres et documents sécurisés au niveau de l’Imprimerie officielle en présence du général-major Abdelghani Hamel, directeur général de la Sûreté nationale, du général-major Menad Nouba, commandant de la Gendarmerie nationale, du colonel Mustapha El-Habiri, directeur général de la Protection civile, de Abdelkader Zoukh, wali d’Alger, ainsi que d’autres responsables du ministère de la Défense nationale. Elle a été réalisée « en un temps record ». Avant cette date, ce n’était qu’un « coin perdu » dans cette immense enceinte de l’Imprimerie officielle. Comme le démontrent des photographies mises à notre disposition, sa mise en place (en dehors des autres ailes de l’établissement) représentait un autre défi à relever. « C’est fait », s’est félicité Mahfoud Kerbadj qui nous invite à y faire une virée. Accompagné du directeur adjoint de l’Imprimerie officielle et d’un cadre du département de l’Intérieur « qui suit étape par étape l’évolution du projet », on est surpris par toutes les mesures de sécurité imposées, aussi bien aux visiteurs qu’aux travailleurs. Les caméras de surveillance, le système d’alarmes avancés, les scanners et accès à empreintes digitales donnent déjà une idée sur ce qui « nous attend » une fois ces portes franchies. Nous pénétrons, ainsi, dans un immense atelier où une vingtaine d’employés en blouses blanches, vraisemblablement pas du tout « habitués » à des visites de journalistes, vaquaient, chacun à ses tâches. Les locaux sont régis informatiquement, du sol antistatique aux conditions d’humidité, températures et pression similaires à celles des grands laboratoires étrangers. Premier constat : à l’Imprimerie officielle, on ne lésine aucunement sur les moyens techniques.
Des machines ultra modernes ont été acquises par l’entreprise dans ce cadre. En effet, dans une salle, est installée une ligne d’impression ultramoderne. « Ces machines exécutent en quelques secondes, ce qu’une machine offset traditionnelle effectue en plusieurs minutes », nous dit-on sur place. Après près d’une heure passée à faire les allers et retours de l’unité, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Algérie possède les moyens techniques et la ressource humaine adéquats afin de pouvoir assurer la conception, la réalisation et l’impression de documents sécurisés. Au sein de cette même unité, quelque 20 000 documents seront imprimés par jour. « On peut passer à une vitesse supérieure si le besoin est exprimé. Autrement dit en brigade de 3/8 », a souligné dans ce contexte Mahfoud Kerbadj rappelant que le permis biométrique sera confectionné, réalisé et imprimé dans le cadre d’un partenariat public-privé. Ce sera ainsi, l’Imprimerie officielle d’un côté et HB technologie de l’autre. Créée en 2004, HB Technologies est de l’aveu même de ses partenaires, le «leader» du marché de production et de personnalisation de cartes intelligentes et de développement de logiciels en Algérie. « La mise en place du permis à point est d’abord une avancée technologique qu’il faudrait saluer. L’implication directe de HB Technologie dans sa confection est un message fort de sens de la part du gouvernement », avait déclaré à El Djazaïr.com, son président directeur général Abdelhamid Benyoucef.

Celui qui n’avance pas recule
Le Plan d’action du gouvernement, adopté en septembre 2017 par le Parlement, a noté dans son volet administration publique, que les efforts seront poursuivis notamment à travers, la formation et le recyclage des personnels, la modernisation et l’informatisation des services publics, l’accélération de la mise en place et de la circulation des titres et documents administratifs modernisés (CNI et passeport biométriques), l’introduction plus forte de la carte d’immatriculation électronique d’automobile et du permis de conduire biométrique électronique. Dans les faits, le nouveau permis de conduire est doté d’un système informatique très développé pour la gestion des contraventions, ce qui est en diapason des nouvelles mesures juridiques et garantit leur application sur le terrain en vue de changer la mentalité du conducteur qui aura à gérer son crédit de points grâce à des mesures préventives et des sanctions sévères. Relevant que « l’épuisement des points expose le conducteur à la perte provisoire de son habilitation à conduire », le ministre de l’Intérieur avait affirmé dernièrement que la Délégation nationale à la sécurité routière sera chargée de la gestion de ces nouveaux systèmes axés sur la prévention, la lutte contre les accidents de la route et le développement des structures et des politiques de formations. Le nouveau permis « aura également une incidence certaine sur le travail des agents de sécurité en charge de la sécurité routière qui n’auront plus à dresser par écrit les contraventions mais utiliseront des moyens électroniques efficaces et rapides qui faciliteront leurs tâches quotidiennes », avait estimé le ministre, relevant que « les bases de données centrales garantissent la célérité et la transparence et ouvrent la voie à la mise en place de mécanismes efficaces en matière de recouvrement des contraventions ». Pour ce qui est de la carte grise biométrique électronique, elle « marquera une profonde mutation de par l’utilisation des données du terrain d’autant plus que le marché des voitures « connaît une spéculation intense ». Cette carte, contrairement à la précédente, « ne contient pas sur le verso les données sur le propriétaire du véhicule, celles-ci sont contenues dans la puce électronique », a-t-il fait savoir, relevant que cette mesure « changera profondément le système de transfert de propriété du véhicule dans la mesure où le nouveau propriétaire utilisera la même carte ». Concernant le système d’immatriculation, le ministre avait précisé que le changement induit par cette nouvelle carte est total avec la suppression des indications relatives aux wilayas et à l’année de mise en circulation, ce qui permettra de procéder à l’immatriculation des véhicules directement auprès des concessionnaires. Il a ajouté que l’ensemble des opérations qui s’en suivront seront facilitées au niveau des communes sans lourdeurs bureaucratiques. Pour rendre ce projet « hautement rentable » cette carte permettra de fournir les données requises concernant le contrôle technique du véhicule, l’historique de l’assurance, ainsi que le suivi de la consommation du carburant, le cas échéant. Grâce à cette technologie de pointe, avait encore ajouté le ministre, les services de l’Etat acquièrent dans l’exercice de leur rôle de nouvelles valeurs basées sur la coopération administrative dans le but d’épargner au citoyen les contraintes du déplacement d’un service à l’autre et d’assurer la célérité et la transparence. L’avantage est que le propriétaire du véhicule n’est pas obligé de la changer à chaque vente de son véhicule. Il convient de noter par ailleurs que l’Imprimerie officielle ne se chargera que de l’impression des documents en question. La personnalisation se fera quant à elle au niveau du Centre national des titres et documents sécurisés d’El Hamiz sous tutelle du département de l’Intérieur et des Collectivités locales. Ce centre que nous avons visité récemment constitue en effet le centre névralgique et le passage obligatoire dans le processus de production et de délivrance (dans toutes leurs étapes) des documents puisqu’il centralise les opérations de traitement et de production dans la délivrance du passeport biométrique et de la carte nationale d’identité biométrique et plus tard d’autres documents. Il abrite les équipements matériels et logiciels tels que les sous-systèmes de comparaison automatique des empreintes digitales AFIS, celui de gestion et de production et de personnalisation des passeports biométriques ainsi que celui de gestion des certificats électroniques. Pour s’entourer de toutes les précautions et donner les meilleurs gages de succès à cette opération et en plus de la formation de la ressource humaine et de la réalisation de cette importante infrastructure ainsi que la mise en place d’un centre secondaire dans la wilaya de Laghouat, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire a mis en œuvre des plateformes logicielles au niveau des structures concernées, à savoir les circonscriptions administratives et daïras et celles destinées aux postes consulaires.
 
 F. H.



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