Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 110 - Dec 2017

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Culture

Tout pour l’émancipation de la culture

Office national de la culture et de l’information

Par Leila BOUKLI



Le Centre de culture et d’information (CCI), mis en place par le décret n°68-622 du 15 novembre 1968, dont « l’objet était de mettre à la disposition du public le plus large éventail de moyens possibles en vue de promouvoir l’information et la culture sous toutes leurs formes», était en fait un service déconcentré du ministère de la Culture, dépourvu de la personnalité morale et de l’autonomie financière, et ne pouvait donc fonctionner aisément en l’absence d’un ancrage juridique.
A cet effet, les responsables, du CCI  à l’époque ,ont mis en place « l’Association arts et spectacles », (AAS) au sein du CCI, pour pouvoir activer et prendre en charge les missions pour lesquelles il a été créé.
Durant l’année 1984, il a été proposé au ministère de tutelle un projet portant création d’un établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, lequel demeurait sans suite.
Cependant, il est important de souligner que les efforts, consentis par le personnel réduit de cette association, ont permis la réalisation de programmes culturels mûrement réfléchis, car au moment où l’acte culturel était banni, ce personnel s’est lancé dans une campagne de militantisme culturel, en faveur d’une « Algérie debout » que l’obscurantisme voulait mettre à genou.
En effet, c’est pendant la tragédie noire qu’a traversée le pays, que le défi a été relevé haut et fort, en mettant en exécution son programme d’actions culturelles, par l’organisation de manifestations et d’activités culturelles et artistiques, tant au niveau de ses infrastructures qu’à travers les wilayas du pays, dont la plupart ont été réalisées alors que le couvre-feu était instauré. Parmi les grands événements l’on cite :
le gala non-stop en faveur des enfants de la Somalie, organisé en 1993 au stade du 5-Juillet ;
le gala non- stop en direction de la jeunesse (1993), organisé au stade du 5-Juillet, à l’occasion des festivités de la Jeunesse.
A la même année, le CCI - AAS, s’est lancé dans la production d’œuvres artistiques, qu’il a entamées en 1993 avec l’opérette Kala Echahid, programmée à l’occasion de plusieurs événements commémoratifs, et aux manifestations internationales (ex Festival de Babel en Irak, Sakiet Sidi Youcef en Tunisie…).
Il enchaîne en 1994, avec Malhamet El Djazair (épopée d’Algérie), une œuvre artistique grandiose, narrant l’histoire de l’Algérie à travers 24 siècles, ayant réuni plus de 300 artistes venus des quatre coins du pays. Réalisée dans des conditions difficiles, tant sur le plan financier que sécuritaire, cette production a vu le jour lors de la commémoration du 40e anniversaire du déclenchement de la révolution du 1er novembre 1954.
Opérette Hizia, en 1993: production tirée du patrimoine national, et inspirée de l’œuvre de Benguitoune
Pièce de théâtre Rihlat Hob : réalisée en 1993, œuvre de Omar El Barnaoui, elle a participé à plusieurs manifestations tant au niveau national qu’international (prix obtenu au festival du théâtre expérimental au Caire en 1997).
Pièce théâtrale Nouba Fi El Andalous : produite en 1996 et réalisée par Fouzia Ait El Hadj, cette œuvre artistique a obtenu le prix du Lion d’Or au cours du festival du Théâtre d’Oran, durant la même année.
Show musical : réalisé en 1997, dont les paroles et musiques étaient de feu Mohamed Boulifa, cette œuvre a pris part au festival de Jerash en Jordanie
Opérette Safir Ettarab : (1997) en hommage à Ali Maâchi.
Monologue Djamila : (1999), réalisé en hommage aux artistes assassinés durant la décennie noire, interprété avec brio par l’artiste Dalila Halilou
Des Festivals internationaux de Timgad et de Djemila (qu’il organise depuis 1998, jusqu’à leur institutionnalisation en 2005, et continue à contribuer à leur organisation pour leur garantir la pérennité).
Par ailleurs, le CCI-AAS a organisé plusieurs caravanes artistiques, ayant sillonné les 48 wilayas du pays, à l’instar de la caravane du printemps d’Algérie, réalisée en 1993, la caravane du théâtre pour enfants en 1994, et la caravane de l’espoir en 1995

Naissance de l’Office national de la culture et de l’information
Le manque d’encouragement de toute part n’a point freiné ni ralenti la volonté des responsables du CCI, pour la relance de ce projet (durant les années 90), ayant abouti enfin à la création par décret exécutif n° 98-241 du 1er Août 1998 (modifié et complété), d’un établissement public à caractère industriel et commercial, dénommé « Office national de la culture et de l’information ».
Cependant, cet établissement créé en 1998, comme cité précédemment, et mis en place en 1999, s’est heurté à l’absence de contributions financières de l’Etat et a dû fonctionner au départ avec les ressources dérisoires qu’il a hérité de l’association, avec transfert de son personnel qu’il se devait de prendre en charge.
Malgré les difficultés rencontrées, l’Office a continué à œuvrer pour atteindre les objectifs tracés, notamment, étendre entre autres, le champ de ses activités, répondre à la demande croissante du citoyen en matière d’action culturelle, artistique et technique, et travailler par la même dans le sens d’une notion stratégique plus large de la culture, capable d’analyser et d’aider à orienter la dynamique de la société algérienne. Les mutations économiques sociales et culturelles du pays ont nécessité le réaménagement encore une fois, du statut de cet établissement, par décret exécutif n°13-256 du 26 septembre 2013, élargissant ses prérogatives pour intervenir en tant qu’opérateur (aussi bien culturel que commercial) dans les domaines culturel et artistique, et agir pour la prise et la cession de participations et établir des partenariats avec toute entreprise en rapport avec son objet, enfin créer des filiales.
Conformément à son statut, notamment dans son article 5, « l’Office a pour mission le développement, la promotion et la diffusion de la culture nationale ainsi que l’organisation de manifestations culturelles et artistiques et de représentations artistiques en Algérie et à l’Etranger en liaison avec les structures et organismes concernés ».
Par ailleurs, conformément à un cahier des charges annuel fixé par le ministre chargé de la Culture, portant sujétions de service public, l’ONCI est tenu notamment :
d’organiser des activités culturelles commémoratives nationales historiques religieuses, et universelles,
de produire et de coproduire des œuvres culturelles et artistiques, sur tout support audiovisuel,
de participer à l’émergence de jeunes talents culturels, artistiques, littéraires,
d’encourager la production et la création destinées à l’enfant,
d’organiser des manifestations destinées à rendre hommage à des créateurs d’œuvres littéraires, de culture et d’art,
de produire, d’organiser, d’encourager les activités culturelles artistiques en direction des populations des haut plateaux du sud…
La pratique et l’expérience cumulée par l’ONCI ont fait de lui un opérateur incontournable dans l’acte culturel que les institutions publiques sollicitent pour l’organisation de grands événements d’envergure nationale et internationale.
C’est dans cet esprit qu’il s’est engagé dans l’organisation d’innombrables manifestations, depuis les années 2000, l’on cite à titre d’exemple :
« Mois du théâtre » : l’objectif de cette manifestation réalisée en 2000, était de relancer l’activité théâtrale, à travers la programmation d’œuvres théâtrales au niveau de plusieurs théâtres régionaux (Alger, Annaba, Oran …) rouverts à cette occasion, après les affres qu’a connues le 4e Art, par le fait de l’assistanat de grands hommes du théâtre,
le Festival mondial de la jeunesse en 2001,
Œuvre Hob Wa Djounoun Fi Zaman El Mahboub, réalisée en 2000, en hommage à l’artiste Mahboub Stambouli. En plus de sa tournée à l’échelle nationale, cette œuvre a été également présentée dans quelques villes françaises, notamment à la salle de l’Unesco à Paris, en présence d’autorités et de notre communauté.
Show Djaoula Fi Biladi : réalisé en 2000, à l’occasion des festivités de l’Année Internationale de la culture de la paix, avec la participation du ballet de l’ONCI, et l’orchestre symphonique, sous la direction de feu Abdelwahab Salim
La pièce de théâtre Les Saltimbanques : produite en 2001, et réalisée par Sonia, à la distribution Sonia et Rachid Fares (2 prix obtenus au festival du Théâtre de Carthage à Tunis).
« Bihoubek Ya Biladi Tassalhna: Cette œuvre à laquelle a pris part un grand nombre d’artistes toutes disciplines confondues, a été réalisée en 2001, en hommage à tous les citoyens ayant disparus lors des inondations du 10 novembre 2001.
Les festivités commémoratives du 30e anniversaire de l’indépendance.
L’année de l’Algérie en France en 2003 : qui a vu la participation d’un grand nombre d’artistes algériens, ayant animé des spectacles à travers des villes françaises en vue de faire découvrir à notre communauté les différentes facettes de notre patrimoine culturel
2e Festival culturel panafricain en 2009 : où une parade populaire a été réalisée à cette occasion.
« Alger Capitale de la culture arabe en 2007 » : cette manifestation a permis à l’Office la réalisation d’une parade populaire, à laquelle ont participé les 22 pays arabes à travers des maquettes représentant leurs principaux symboles culturels.
Les manifestations « Tlemcen capitale de la culture islamique en 2011 », et « Constantine capitale de la culture arabe en 2015 », dont le spectacle d’ouverture officielle et la parade populaire ont été confiés à l’Onci.
des Festivités commémoratives (anniversaires de l’indépendance et de la jeunesse et anniversaires de la révolution du déclenchement de la révolution du 1er novembre 1954…)
Production artistique pour enfants « Enfant ; mémoire et espoir » réalisée en 2013 ;
« Amour et Paix », réalisée en 2013 à l’occasion des festivités de la commémoration du déclenchement de la révolution du 1er novembre 1954.
Pièce de théâtre « Honna Wa Rijelou Kalilou » réalisée en 2013, avec une participation maghrébine (Algérie- Tunisie- Maroc)
Œuvre artistique, El Ourwa El Wouthka (Maillon solide) réalisée en 2015, en partenariat avec le ministère de la Culture sahraoui.
Des hommages aux grandes figures de la culture telles que (Azzedine Medjoubi, Warda El Djazairia, Cherif Kheddam, Abdelwahab Salim, Mahmoud Darwiche…)
Sur un autre registre, l’Office national de la culture et de l’information a organisé plusieurs caravanes artistiques, notamment la Caravane Bladna : en 2017, animée par des jeunes talents, et la Caravane «Eté d’Algérie », en 2017.
Répondant à ses missions de service public, l’ONCI a développé l’offre de service culturel à l’endroit des populations des hauts plateaux et du grand sud, de manière soutenue et sans cesse croissante.
Avec ses entités à travers le territoire national et la réactivité développée, l’Office constitue le meilleur observatoire à même d’identifier la demande des citoyens dans le domaine de la culture et faire en sorte qu’elle soit inscrite parmi les ambitions et les préoccupations des pouvoirs publics.
C’est dans cet esprit que s’inscrit le rattachement de l’Office du village des artistes (OVA) avec transfert de ses missions (résidences, hébergement – restauration…) par décret exécutif n°16-185 du 22 juin 2016, et l’affectation de la salle Ahmed-Bey de Constantine, et la gestion de salles de cinéma rouvertes dans le cadre de la relance du 7eart.
L’ensemble de ces infrastructures est dédié à la promotion de la culture et des arts avec l’ambition d’en faire profiter le maximum de citoyens à travers le pays et au profit de notre communauté à l’étranger.

La relance de l’activité cinématographique
S’agissant du 7eArt, l’Office est engagé dans le défi des pouvoirs publics, avant la fin de l’exercice 2017, à relancer l’activité cinématographique par la récupération de salles fermées depuis une vingtaine d’années, en vue de leur exploitation, après les avoir équipées en moyens de projection numérique (DCP). En effet, Lakhdar Benterki a mis l’accent sur la nécessité de donner un nouveau souffle à l’art cinématographique, pour qu’il soit plus attractif, dans le but de former de nouveau le public du cinéma. Dans ce registre, il est à préciser que l’ONCI, a déjà entamé la procédure d’acquisition des droits de cession de films étrangers récents, qu’il diffuse à travers ses salles (Alger, Constantine, Oran et Boumerdes ) ainsi que des films algériens à travers tout le territoire national.
Ces salles de cinéma, conformément à leur conception, doivent participer à la relance du 7e Art et à lui redonner la place qu’il mérite dans le paysage culturel en général, mais aussi être un facteur non négligeable dans la diffusion du patrimoine national et des manifestations culturelles et artistiques (théâtre, conférence, exposition, arts chorégraphiques…).
Il y a lieu de préciser qu’en plus des infrastructures déjà opérationnelles citées ci-dessus, l’Office est en attente de l’affectation à court terme, de plusieurs salles disséminées à travers le territoire national, notamment à Sétif, Saida et Mostaganem, Adrar et Tamanrasset, et à Tizi-Ouzou et Bejaïa.
L. B.



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