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N° 113 - Mai 2018

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ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Un « enfant » de l’enseignement supérieur

Le Pr Douadi Khelifi, directeur de l’ENSB Constantine

Par Farid HOUALI



En dépit des offres alléchantes parvenues des grandes universités et laboratoires de renommée internationale, Douadi Khelifi, a préféré, par devoir national, rester en Algérie pour se consacrer à la recherche scientifique. En effet, « redevable », à sa patrie, la décision de rentrer au bercail et ainsi « mettre son savoir-faire au service de l’université algérienne » est prise en 1992 juste après avoir obtenu son doctorat d’État en biochimie génétique de l’Institut national de la recherche agronomique de Clermont-Ferrand de France. « Pour moi, à l’instar d’autres chercheurs d’ailleurs, il était inconcevable, voire impensable, de rester en France au moment où l’université algérienne, qui m’a formé, avait tant besoin de nous », nous lance-t-il non sans fierté assurant n’avoir jamais regretté d’avoir fait ce choix quoi que ce retour coïncidait avec les plus sombres années vécues par notre pays. « On n’a pas d’autre patrie que l’Algérie. Il est vrai qu’on avait passé des moments difficiles au moment où on a assisté à la mise en exécution d’un véritable projet d’extermination des intellectuels algériens par les islamistes armés mais c’était un devoir de patriote de rentrer», se souvient-il ému. C’était en effet un « génocide programmé ». Et là, pour que nul n’oublie, le 14 mars 1993, à la cité Garidi (Alger), tombe Hafidh Sanhadri, cadre du ministère de l’Emploi, porte-parole du CNSA (Comité national de sauvegarde de la République), assassiné près de chez lui. Deux jours plus tard, le 16 mars, est assassiné le sociologue Djilali Lyabès, ancien ministre sous le président Boudiaf. Le 17 mars, le docteur Lhadi Flici, pédiatre, est à son tour abattu dans son cabinet de la Casbah. Nos intellectuels redoutaient tous le même sort, cependant, l’obscurantisme ne les a jamais dissuadés. « Nous savions que l’Algérie allait s’en sortir grâce à ses enfants, les services de sécurité que nous saluons au passage. De notre côté, nous menions, chacun de son côté, notre guerre, armés de notre savoir qu’il fallait transmettre aux générations montantes », enchaîne le directeur de l’ENSB, un natif de la paisible localité de Oued El Athmania dans l’actuelle wilaya de Mila, un certain 29 août 1953. Il est natif de l’une des plus anciennes communes algériennes, fondée en décembre 1868. Ainsi, après avoir obtenu son bac en sciences expérimentales, en 1973 au lycée Reda-Houhou de Constantine, le professeur Douadi Khelifi s’est tracé une feuille de route qui devait l’emmener au sommet de ses aspirations. « Notre mission prioritaire depuis 1999 était la mise en place de laboratoires de recherches », ajoute ce directeur de recherches depuis 1999, année d’obtention de son diplôme de professeur. « Je suis un enfant de l’enseignement », commente-t-il. Avant cette date, le parcours du directeur de l’ENSB Constantine remonte à bien loin. Son curriculum vitae ne peut être résumé en quelques lignes. Ainsi, de maître assistant en septembre 1978 à directeur de l’ENSB depuis octobre 2017, il aura consacré plus de 30 ans de sa vie au savoir et à la recherche. «Il faut aller chercher le savoir où il est. Il ne faut pas rester enfermé sur soi-même. Il faut favoriser l’ouverture sur d’autres universités », insiste-t-il. Tout au long de son cursus professionnel, le professeur Khelifi a occupé maints postes de responsabilités. Membre du Conseil scientifique de l’Agence thématique de biotechnologies et industrie agro-alimentaires depuis juin 2013 et membre du Conseil scientifique de l’ENSB depuis 2015, il est également directeur du laboratoire génétique biochimie et biotechnologies végétales depuis septembre 2009 à ce jour. Auparavant, notre interlocuteur, qui s’avère un véritable expert en communication tout au long de notre entrevue, a occupé aussi, entre autres, les postes de directeur adjoint chargé de la documentation de l’Institut de biologie de septembre 1979 à juin 1980, chef de département de biologie pendant une année avant d’être nommé chef de département tronc commun biomédical, et tronc commun sciences de la nature entre septembre 1984 et juin 1985, du directeur de l’Institut des sciences de la nature et de la vie (université de Constantine) de mars 1997 à juillet 1999. Le premier responsable de l’ENSB a d’autre part enseigné à l’université de Biskra, à l’Université de Tébessa et à l’UST Oran. Il a également assuré des cours et des conférences à l’Institut national agronomique de Tunis et à l’Institut d’agronomie et vétérinaire Hassan II de Rabat. Le professeur Khelifi a, à son actif, une centaine de communications présentées à l’échelle nationale et internationale ainsi que 45 articles publiés dans des revues internationales et a dirigé 12 thèses de doctorat et 100 mémoires de magister, master et ingéniorat. Dans son message aux jeunes générations particulièrement aux étudiants (es) de l’ENSB, le professeur Douadi Khelifi appelle ces derniers à, d’abord croire en leur pays et en soi-même. « Rien n’est possible sans la persévérance et la détermination d’aller toujours de l’avant. On a tout pour réussir», recommande-t-il. «Étudiez, non pour savoir plus, mais pour savoir mieux », lance-t-il à ces derniers.
F. H.



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