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N° 114 - Juin 2018

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ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Un privilège pour les langues étrangères

Faculté des lettres et des langues

Par Yahia MAOUCHI



Lors de notre visite à l’université Mohamed-Khider de Biskra, nous étions impressionnés par l’architecture bien organisée de ses départements, ses salles de classe, ses laboratoires et bibliothèques. Le respect de l’environnement au sein de l’université et de ses facultés se traduit par l’implantation des espaces verts et la propreté des lieux. C’est dans un tel décor qu’est implantée la faculté des lettres et des langues, l’une des six facultés de l’Université de Biskra. Présidée par le professeur Salah Mafkouda, cette faculté regroupe deux grands départements, celui de lettres arabes, et celui des langues étrangères (français et anglais). Le doyen de la Faculté est secondé par deux adjoints, le docteur Ahmed Medass, chargé des  activités pédagogiques, et le docteur Amar Rebih, chargé de la post-graduation. En outre, le département de lettres arabes est géré par le docteur Laala Saada, et celui des langues étrangères est sous la direction du professeur Bachir Bensalah. Sur le plan pratique, la faculté des lettres et des langues offre plusieurs disciplines, telles que la géographie linguistique, linguistique et didactique du français langue étrangère, ou encore sciences des textes littéraires français et d’expression française et anglaise. Les étudiants gagneront ainsi énormément à s’intéresser à ces domaines moins connus, intellectuellement stimulants, qui contribuent pour beaucoup à la richesse de leur université, et qui offrent parfois des débouchés inattendus. « Dans nombre de domaines, notre faculté jouit d’une grande réputation. Plusieurs de nos départements excellent à obtenir des conventions auprès d’organismes scientifiques étrangers, et participent à des projets internationaux qui se situent à la pointe de la recherche mondiale. Nous encourageons nos étudiants à ne pas se comporter en simples consommateurs de connaissances, mais à s’investir dans la vie de l’université, en participant aux conseils, commissions, et associations de la faculté » affirme à El Djazair.com, le professeur Bachir Bensalah, chef du département des langues. Il est à rappeler que le département des langues étrangères est composé de deux filières, français et anglais. Et chaque filière dispose d’une scolarité autonome. La filière d’anglais est présidée par le Dr Salim Karboua, et celle de français par le docteur Salim Khider. La faculté dispose également d’un plan d’action qui offre aux étudiants et aux chercheurs une formation de qualité et de haut niveau axée sur la performance, l’encadrement et la recherche scientifique. Cette faculté qui séduit, annuellement, un nombre important d’étudiants du chef-lieu de la wilaya et des  wilayas limitrophes, recèle d’énormes potentialités, moyens académiques, pédagogiques et vaillance de ses hommes. Des potentialités à même de permettre une meilleure qualité de formation.

8 0000 places pédagogiques
La Faculté des lettres et des langues de l’université de Biskra compte, actuellement, 8000 places pédagogiques réparties sur les deux départements : département Littératures et lettres arabes : 2970 places pédagogiques dont 670 étudiants en master ; département des langues étrangères : 3907 places pédagogiques pour la langue française dont 1288 étudiants inscrits en licence, et 390 étudiants en master, et 2220 places pédagogiques pour l’anglais dont 500 étudiants en master. Le plus important, selon notre interlocuteur, est le cadre et les capacités d’accueil de  l’université de Mohamed-Khider. « La répartition des étudiants par groupe en classe est bien maîtrisée et offre un cadre adéquat aux trois paliers de licence, master et doctorat (LMD) ». Un cadre à même de permettre une production de qualité. En matière d’infrastructures, le professeur indique que la faculté dispose de huit amphithéâtres d’une capacité de 200 étudiants chacun, et de 40 salles de cours, une salle de tirage, trois salles d’informatiques dédiées aux travaux pratiques des étudiants, des salles de soutenances et de réunion, mais également plusieurs laboratoires de langues étrangères pour apprendre l’oral et la phonétique de la langue. Concernant la recherche scientifique, notre interlocuteur affirme que « l’Etat dégage un budget très important dans l’aménagement des bibliothèques universitaires ». Pour preuve, la bibliothèque de la Faculté des lettres et des langues dispose d’une documentation riche et variée. « La faculté dispose également d’un centre de cours intensifs en langues étrangères, qui fait partie de la faculté des lettres et des langues. Il dispense des cours en français, anglais, italien, espagnol et en allemand. Beaucoup d’étudiants y sont inscrits», précise notre interlocuteur. Quant aux enseignants, le grand nombre d’enseignant se trouve au département de lettre et langue arabes. Plus de 80 enseignants exercent au niveau de ce département, tous grades confondus, maître-assistant B et maître-assistant A, maître de conférences classe B et maître de conférences classe A, et professeur. Le français vient en deuxième position, avec 65 enseignants. Quant à l’anglais, ce département dispose de 36 enseignants, entre maître-assistant classe B, maître-assistant classe A, maître de conférences B, et maître de conférences A. « En termes d’encadrement pédagogique, le département de langue et littérature arabes est en évolution d’une année à une autre, mais pour les deux départements de langues et littératures françaises et anglaises, beaucoup d’efforts sont mis en place dans la formation de nouveaux enseignants».

Faire face au manque d’enseignants 
Quant à la post-graduation, cette dernière assure une préparation au master et au doctorat LMD dans les différentes filières. Le professeur Bachir Bensalah précise que sa faculté dispose d’une sous-direction chargée de la recherche et des doctorats. Le plus grand nombre d’étudiants inscrits en doctorat se trouve au niveau du département de lettre et langue arabes. « Ils ont beaucoup de doctorants. Même chose également pour la filière de français. Nous avons proposé des projets de recherches et des doctorats, et nous avons maintenant six projets en étude. Cependant, le problème qui se pose toujours au niveau du département d’anglais,  aucun projet n’est inscrit, faute d’enseignants encadreurs. Mais dès l’année prochaine nous allons essayer de proposer un ou deux projets en collaboration avec nos collègues des autres facultés », souligne le même responsable. Il est à souligner, par ailleurs, que tous les services de la faculté sont dotés de moyens technologiques sophistiqués.  « Notre seul problème est le déséquilibre existant entre le nombre d’étudiants et le nombre d’enseignants. Ce n’est pas un problème propre à Biskra, mais c’est un problème qui caractérise toujours les départements de langues au niveau national, excepté les grandes universités », déplore le professeur. Néanmoins,  notre interlocuteur rassure en affirmant que « dans les prochaines années nous aurons sur le plan de la ressource humaine, des enseignants qui ont bénéficié d’une bourse, et qui vont rejoindre notre université bientôt. Le reste des enseignants est là. Ces derniers nécessitent encore une fois une formation qui va avec les projets sur lesquels nous travaillons actuellement. Mais grâce aux efforts des responsables de la Faculté des lettres et des langues, on a recruté, pour cette année, huit enseignants au département de littérature anglaise, en plus des 36 enseignants existants ». 

Rapprocher l’université de l’entreprise
Faire des études, c’est bien, avoir un boulot à l’arrivée c’est encore mieux. S’il faut bien sûr permettre à des étudiants de faire des études générales, il est indispensable d’insérer des éléments de professionnalisation dans leurs études. Car faute de débouchés par rapport aux matières qu’ils ont étudiées, les étudiants de certaines filières générales peuvent avoir du mal à trouver du travail. « Il faut activer le travail de partenariat surtout avec les entreprises économiques. Nous avons tous les moyens et les compétences nécessaires pour pouvoir former des étudiants qui répondront aux besoins des entreprises économiques. Il faut trouver les mécanismes adéquats pour rapprocher l’université de l’entreprise. A cet effet, il doit y avoir une politique de l’Etat pour aller demander aux entreprises de signer des contrats avec l’université, et je pense qu’il y a actuellement une politique au niveau de l’enseignement supérieur pour encourager les universités à aller vers les entreprises et non pas le contraire. Il faut se rapprocher des entreprises et leur proposer ce que nous pouvons faire », prône notre interlocuteur. D’autre part, le professeur se félicite des réalisations de recherche scientifique. « Le département de langue et littérature arabes ouvre le concours de doctorat chaque année ce qui va permettre d’enrichir notre ressource humaine. Cependant, l’ouverture des laboratoires de recherche est liée au nombre de professeurs de différentes spécialités. Cet objectif est réalisable grâce à l’ouverture de projets des thèses de doctorat dans tous les départements et nécessite une variation des spécialités », affirme M. Bensalah. Et d’ajouter : « Notre principal objectif est d’améliorer la qualité d’enseignement, et élever le niveau de nos enseignants qui doivent toujours réactualiser leurs connaissances. Pour les perspectives, nous travaillons à doter la faculté, et notamment le département des langues, par un nombre suffisant d’enseignants. Car on ne peut pas aller chercher l’assurance de la qualité, sans pouvoir renforcer le nombre des enseignants qui devraient assurer l’encadrement de nos étudiants, et renforcer ainsi la situation pédagogique de la faculté ». Enfin, le professeur Bachir Bensalah souhaite que l’université algérienne, soit un établissement qui travaille toujours en faveur de l’Algérie, et cela par la formation. « Si nous ne mettons pas devant nos yeux la formation des enseignants et par conséquent la formation de nos étudiants, on ne pourra rien attendre de l’université algérienne. Je pense qu’actuellement le ministère de l’Enseignement supérieur s’est lancé dans un grand projet intitulé « l’assurance-qualité ». C’est-à-dire, faire d’abord une autocritique sur ce qui va et sur ce qui ne va pas, et puis proposer ce qui pourrait à la suite améliorer l’enseignement, la formation, et changer l’avis de l’enseignant et de l’étudiant, et aller vers la technologie, ce qui est très important », conclut-il. 
Y. M.



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