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N° 123 - Oct 2019

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Faire de l’Algérie un « hub » régional pour l’industrie médicale

Salon international «Maghreb Health et interlab 2019»

Par Yahia MAOUCHI



Organisée par l’agence MM Communication en collaboration avec l’agence événementielle ATEX International Exhibitions, la troisième édition du Salon international « Maghreb Health et interlab 2019 », dédié à l’industrie médicale et pharmaceutique, qui s’est étalée sur trois jours, du 25 au 28 septembre, au Palais des expositions de la Safex à Alger, s’est voulue une plateforme, un lieu de rencontre privilégié, qui fera de l’Algérie un « hub » régional, mais également un trait d’union entre l’Afrique et d’autres pays étrangers, pour l’industrie médicale et de laboratoire, en termes de production, de nouvelles technologies, de e-solutions pour l’administration et la gestion des structures de santé et des laboratoires scientifiques. Ainsi, cette manifestation, précédemment déclinée sous l’appellation « Algéria Health », ambitionne pour sa 3e année consécutive, de couvrir la région Maghreb et Afrique, a affirmé, lors d’un point de presse, Madjid Imadalou, l’un des organisateurs du salon, en collaboration avec la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI). Avec la présence de 70 marques internationales et environ une quinzaine de pays, l’objectif de « Maghreb Health », est de faire de l’Algérie « un hub régional et continental pour l’industrie médicale et de laboratoire » pour les professionnels de la médecine et de la pharmacie, aussi bien nationaux qu’étrangers, a ajouté le conférencier, révélant la participation de pays comme la Turquie, la Grande-Bretagne, la France, l’Inde, l’Italie, la Chine, la Corée du Sud, la Hollande, la Suisse, le Liban, la Tunisie, l’Allemagne et, pour la première fois, le Brésil,  en plus des entreprises algériennes et étrangères déjà actives en Algérie. « Cette troisième édition se caractérise également par la présence d’exposants d’une quinzaine de pays venus à la rencontre de professionnels de la santé, afin d’échanger les expériences, présenter les nouveautés en matière d’équipements et d’appareillages destinés à la prise en charge des patients souffrant de diverses pathologies et trouver des solutions dans un cadre organisé », a affirmé M. Imadalou. Et d’ajouter : « C’est pour donner une bonne image de l’Algérie, pouvoir mettre les gens en relation, faire de la communication, et dire que finalement l’Algérie continue à travailler, et son économie se porte bien ». Pur lui, sa plus grande satisfaction « c’est de savoir qu’il y a eu la signature de contrats entre les opérateurs économiques présents et les porteurs de projets. Mais le plus important c’est de les convaincre à produire en Algérie. Et du coup, promouvoir l’exportation. Si nous arrivons à fabriquer, nous allons indubitablement exporter facilement. Mais aussi nous pouvons importer, représenter des marques et dans un cadre légal pouvoir réexporter », a rappelé notre interlocuteur abordé au salon de la santé. Dans le même ordre d’idées, M Imadalou souligne que la finalité recherchée est « de réussir l’événement, de rassembler le maximum de professionnels, et d’essayer de mettre en évidence les nouveautés, pour sortir avec des recommandations, et pourquoi pas signer des contrats, ça sera bien pour notre pays. Alors je dirais que la finalité c’est d’améliorer les services, d’avoir les équipements nécessaires, d’être au diapason de la technologie, se positionner en tant que hub et essayer d’avoir cette étiquette de l’Algérie comme un pays de la santé, sachant que notre pays est une porte de l’Afrique et un marché porteur ».

D’autre part, M. Imadalou a estimé encourageantes les mesures énoncées dans le projet de loi de finances (PLF) 2020, citant notamment la suppression de la règle 49/51 ainsi que les allégements fiscaux promis. Ce qui lui fera dire que « les pouvoirs publics s’orientent de plus en plus vers l’encouragement des investissements et des partenariats, l’incitation à l’exportation, notamment vers l’Afrique de l’Ouest, l’enjeu étant le développement de plusieurs secteurs importants, dont celui de la santé ». Selon M. Imadalou, « les opportunités d’investissement sont intactes d’autant plus que l’Etat vient de décider le dégel de 70 projets de construction d’établissements hospitaliers au niveau du Grand Sud et des Hauts Plateaux » se félicite-t-il. L’Algérie peut ainsi (re) prendre sa place naturelle, au vu de son potentiel immense, dans cette économie africaine naissante, et être un point de liaison avec le monde, si elle réussit à se positionner par la production et les facilitations à l’export.

 

Positionner l’Algérie comme une porte vers l’Afrique

Cette vision est partagée par le représentant de la Chambre de commerce américaine, la plus grande au monde avec 3 millions d’adhérents et une présence dans 100 pays. Tahar Yahiaoui a estimé que l’idéal est de positionner l’Algérie comme une porte vers l’Afrique. « Il faut voir vers nos voisins africains ». Il a estimé qu’ «il y a un intérêt à s’implanter en Algérie, un portail qui ouvre sur l’Afrique et le Maghreb, qui compte 40 millions de consommateurs ». « L’intérêt de notre pays est de se positionner en tant que fenêtre sur les autres pays du continent plutôt que de chercher à exporter vers des marchés saturés », a-t-il asséné. Parlant des atouts de notre pays, il a évoqué notamment « l’existence d’infrastructures bénéficiant d’une ressource humaine composée essentiellement de jeunes ». Ce salon a constitué aussi une vitrine pour les équipements médicaux. Consommables, appareils de réanimation, d’exploration et d’infiltration de nouvelle génération y étaient exposés. L’entreprise anglaise EKF Diagnostics for life a aligné des appareils d’analyses. « Grâce à nos produits, on peut analyser le sang pour détecter les anémies ou le taux de glycémie en un temps record et les résultats sont fiables », a assuré Paul Asmar, chargé de la gestion des ventes pour la région Mena. Juste à côté du pavillon G, une ambulance pédiatrique a attiré l’attention : la bambulance, un service proposé par l’entreprise algérienne Al Rayane créée en 2006. Ses missions concernent autant la consultation à domicile que le transport de malades ou de personnes décédées. « On reçoit beaucoup d’appels depuis la mise en place, il y a un an, de bambulance pour le transport des bébés à cause du manque de couveuses dans les établissements hospitaliers », a expliqué le Dr Nedjma Bendada. Une équipe pluridisciplinaire composée de médecins réanimateurs, généralistes et infirmiers est disposée à répondre aux besoins des patients dont les hémodialysés. « Grâce à des conventions signées avec des cliniques de dialyse, nous sommes chargés du transport des malades afin qu’ils puissent effectuer leur traitement dans les meilleurs délais », a confié le Dr Bendada. Les interventions de trois heures des équipes d’Al Rayane s’effectuent à travers tout le pays. Pour un forfait de 40.000 DA. Par ailleurs, pour les organisateurs l’Algérie, qui est en train d’adapter son environnement juridique et économique, pour se positionner comme une plateforme de production et d’exportation régionale, ouvre ainsi de grandes portes à des partenariats pour faire de son potentiel une réalité économique rentable pour elle et pour la région Maghreb et Afrique. Rappelons que cette troisième édition a été organisée dans un contexte propice, au moment où l’Algérie connaît des évolutions significatives et où les autorités publiques orientent leurs efforts à développer plusieurs secteurs importants, dont la santé. Cet événement s’est positionné comme la plus grande plateforme de rencontre pour les professionnels dans le domaine médical et de laboratoire. Les exposants et visiteurs, les opérateurs économiques et les porteurs de projets ou d’idées se sont rencontrés pour échanger et faire des partenariats, tout en découvrant des nouvelles technologies, de nouveaux produits et services. Il est à savoir que ce salon est dédié aux professionnels de la santé, aux industriels, aux gestionnaires de structures de santé publiques et privées, mais aussi aux porteurs de projets, jeunes universitaires et startups, qui veulent se lancer dans ce domaine. Enfin, ce rendez-vous incontournable pour les professionnels de la santé, et qui s’est étalé sur trois jours, a été marqué par l’organisation de conférences thématiques et d’actualité, dont celles portant notamment sur la bioéquivalence, qui a été animée par des représentants de Saïdal ainsi que sur le traitement des déchets hospitaliers et les maladies nosocomiales, présentée par l’Agence nationale des déchets (AND), de même que sur la formation des cadres de la santé aux métiers du futur.

 

Y. M.



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