Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 128 - Avril 2020

Go

Industrie

Un vrai pluspour l’activité économique

La normalisation

par smail ROUHA



Même si les économistes soupçonnent depuis longtemps que la normalisation peut offrirdes avantages importants, il n’en demeure pas qu’en Algérieelle reste méconnue en dépit du fait qu’en 2018, l'Institut algérien de normalisation (Ianor) a élaboré plus de 10.000 normes relatives aux produits algériens industriels, commerciaux et sociaux. « Nous n’avons pas une véritable culture normative en Algérie en tant qu’activité d’intérêt général. » C’est en ces termes que résume Djamel Hales, directeur général de l’Institut algérien de normalisation (Ianor), la situation de la normalisation en Algérie considérée toutefois comme outil de compétitivité, de croissance et de protection.Conséquence, aujourd’hui, l’économie est livrée à toutes sortes de dysfonctionnements qui se traduisent par des importations tous azimuts et une production nationale asphyxiée. Et dire que la normalisation permet d’accéder aux marchés internationaux, d’améliorer la qualité des produits et services, ainsi que la compétitivité desentreprises, de rassurer les clientset les consommateurs et, enfin,de protéger les marchés et lesconsommateurs. En effet, il est établi que la norme peut influencer le commerce international du fait qu’elle crée une forme de concurrence hors prix, améliorer les résultats commerciaux dans la mesure où la norme fournit de l’information sur la qualité, et, enfin, augmenter les exportations si elles aident les entreprises d’un pays à concurrencer dessociétés étrangères selon les facteurs de qualité d’un produit. En effet, la normalisation est l’instrument moderne privilégié de protection et de promotion de la production nationale. C’est aussi le visa obligé à l’exportation. Les pays qui ont réussi à s’insérer dans le processus économique de mondialisation sont ceux qui ont investi dans les normes et développé « une protection intelligente » de leur économie. Participer au processus de normalisation ouvre des marchés. Celapermet à l’entreprise d’être au bon endroit, au bon moment, avec le bon produit oule bon service. Les opérateurs économiques doivent savoir que sans référentiel normatif ce n’est pas uniquement le marché extérieur qui peut leur être bloqué mais également le marché local car un produit qui n’est pas normalisé risque de disparaitre. D’ailleurs, les études macroéconomiques montrent que la normalisation contribue directement à la croissance de l’économie. En Algérie, la pratique de la normalisation est très peu perceptible dans le système de management de l’entreprise, sauf à travers des réglementations techniques, mais rarement en tant qu’actes volontaires.Le problème n’est pas dans le dispositif juridique d’encadrement car sur ce plan, l’Ianor est en phase avec le système de normalisation international et, à ce titre, il est le point focal dans le domaine pour les négociations de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC. « Tout est dans le taux d’intégration des normes dans le processus de fabrication », souligne Djamel Hales, directeur général de l’Institut algérien de normalisation.

 

Au service des opérateurs nationaux

Etablissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), l'Institut algérien de normalisation, créé en 1998, est l'organisme public chargé de l'élaboration, la publication et la diffusion des normes algériennes, de l'adoption de marques de conformité aux normes algériennes et de labels de qualité ainsi que de la délivrance d'autorisations de l'utilisation de ces marques et le contrôle de leur usage dans le cadre de la législation en vigueur. L’Ianor, qui a décidé de faire de la qualité et de l’orientation client un axe majeur de sa stratégie managériale, a mis en place un Plan de développement 2020, lui permettant d’améliorer ses performances et sa compétitivité pour répondre efficacement avec la qualité requise aux exigences des parties intéressées et de ses clients à même de rendre le système algérien de normalisation plus performant.Pour rappel, l’Ianor est membre dans 72 comités techniques internationaux de normalisation (ISO), dans 3 comités stratégique de l’ISO, et du comité électrotechnique international (CEI). En outre l’Ianorreprésente l’Algérie au niveau du Conseil consultatif de la normalisation au niveau de l’Organisation arabe de développement industriel et des mines (AIDMO), du Conseil de management de la normalisation pour la période 2018-2020, au niveau de l’Institut de normalisation et de métrologie pour les pays islamiques (SMIIC), et de de l’Organisation africaine de normalisation (Oran).

 

 



Articles de la même rubrique

Du même auteur

par smail ROUHA

Les plus lus

L’Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

L ‘accès à la justice constitutionnelle algérienne (1re partie)
Par Kamel Feniche, président du Conseil constitutionnel .

Télécharger version PDF

Version PDF