Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 115 - Août 2018

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Protection Civile

Un corps en perpétuelle évolution

Il a célébré le 1er mars sa journée internationale

Par Farid HOUALI



Le niveau de professionnalisme de la Protection civile algérienne n’est plus à démontrer. Il est même rassurant quant à son aptitude à gérer convenablement des situations de catastrophes naturelles, de l’aveu même des observateurs étrangers. Un professionnalisme salué par le Premier ministre Ahmed Ouyahia qui présidait, le 1er mars dernier, la sortie de la 45e promotion de « grade agent » de la Protection civile organisée à l’Unité nationale d’instruction et d’intervention de Dar El Beïda à l’occasion de la Journée internationale de la Protection civile. « Les Algériens doivent être fiers du corps de la Protection civile qui constitue une force qui dispose d’énormes potentialités », a assuré à ce propos le Premier ministre, rappelant que ce corps « a fait ses preuves dans de nombreuses occasions à l’intérieur comme à l’extérieur du pays ». Cette promotion, qui compte 1 283 éléments, a été baptisée au nom de l’ancien chef de gouvernement et ancien militant de la cause nationale, feu Redha Malek, décédé en juillet 2017. Avant le début de la cérémonie, le Premier ministre Ahmed Ouyahia,  accompagné de Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, et du colonel Mustapha El-Habiri, directeur général de la Protection civile, a déposé une gerbe de fleurs, avant d’observer une minute de silence à la mémoire des martyrs du devoir.
Dans une allocution prononcée à cette occasion, le colonel Mustapha El Habiri a relevé que grâce aux orientations du président de la République Abdelaziz Bouteflika, la Protection civile algérienne a réalisé d’importants progrès en termes de professionnalisme et de modernisation. C’est à travers la réalisation de brillantes démonstrations exécutées par un détachement, composé de 86 éléments, tous grades confondus, relevant de l’Unité nationale d’instruction et d’intervention de Dar El-Beida que la Protection civile algérienne a réussi à décrocher la certification aux normes internationales requises par le Groupe consultatif de recherche et de sauvetage en milieux urbains (Insarag) qui active sous l’égide de l’Organisation des Nations unies. Ce couronnement de la Protection civile est venu consacrer deux années de mise à l’épreuve, soutenue d’exercices exécutés aussi bien au niveau national qu’à l’étranger, supervisés par des experts internationaux de renom. Une performance qui met, désormais, la Protection civile algérienne en première ligne du front de lutte contre les catastrophes aussi bien naturelles que technologiques qui pourraient menacer quelque pays à l’échelle de la planète menée par les Nations unies, visant l’organisation et la mutualisation des efforts déployés dans le cadre de l’action humanitaire. Evoquant la sortie de cette 45e promotion, le Colonel El Habiri a souligné que celle-ci constitue un nouvel apport et un appui considérable à celles déjà en exercice, les appelants à accomplir leurs missions avec « professionnalisme et abnégation, basée sur le respect des valeurs humaines et d’éthique ». La devise de nos « pompiers ».
L’attraction de cette matinée ensoleillée était sans nul doute la fanfare de la Protection civile. Reconnaissables à leur tunique rouge et leurs trompettes, ses éléments en ont subjugué plus d’un. Aussi, la chorale de la Protection civile a excellé dans l’interprétation de El Dzair Inchahllah Atehlou – hymne à l’Algérie – l’une des dernières œuvres de l’illustre chantre Chérif Kheddam (dont le village natal avait été élu le village le plus propre de la wilaya de Tizi-Ouzou en 2016, et avait été honoré par la Protection civile).
Les exercices de simulation ont porté également sur la prise en charge de blessés dans des accidents de la circulation et dans des opérations d’extinction d’incendies exécutés comme à chaque fois, à la perfection. « L’objectif est de montrer l’évolution des techniques de sauvetage ainsi que les progrès accomplis en matière de prise en charge des sinistres »,a expliqué le chef du bureau des risques, le commandant Abdelkader Chergui.
La DGPC a tenu à ce que ça soit une véritable fête à l’Unité d’instruction et d’intervention de Dar El Beïda à l’occasion de la Journée internationale de la Protection civile qui a vu « défiler » le matériel roulant de la Protection civile depuis les premières années de la mise en place de ce corps jusqu’au camion simulateur de séisme (l’unique en Afrique) et les Zodiacs pour les sauvetages en haute mer.
L’importance d’un système national moderne de gestion des catastrophes
Dans un message à l’occasion de la Journée mondiale de la Protection civile, le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Protection civile (OIPC) a précisé que le thème retenu cette année pour cette journée porte sur  «la Protection civile et les institutions nationales pour une gestion plus efficace des catastrophes». «Compte tenu des conditions difficiles de la vie moderne, tous les pays s’entendent pour dire que la protection contre les catastrophes et la sécurité nationale sont indissociablement liées, et que la protection contre les catastrophes naturelles et celles dues à l’homme doit rester une priorité absolue dans la politique nationale afin d’assurer le bien-être et la sécurité de leurs peuples et territoires», a indiqué Vladimir Kuvshinov. Pour le responsable de l’OIPC, il s’agit là, d’un «élément crucial de cette politique qui doit consister à mettre en place des dispositifs juridiques nationaux appropriés visant à limiter les risques de catastrophes, à préserver des vies et à réduire les pertes matérielles». «Un système national moderne de gestion des catastrophes doit être capable d’accomplir de nombreuses tâches difficiles», notamment le développement de normes juridiques et réglementaires, la préparation du public, la prévision des événements, et l’évaluation de l’ampleur des situations d’urgence et des conséquences socio-économiques», a-t-il estimé, mettant l’accent sur «le rôle central du développement de la coopération internationale dans les domaines de la protection de la population et des territoires». Le SG de l’OIPC a relevé que «les défis et les menaces croissants causés par le changement climatique continueront à créer de sérieux obstacles à un développement social et économique stables tout au long du XXIe siècle». Par conséquent, a-t-il insisté, il est du devoir de tous les pays de prendre des mesures sérieuses pour renforcer leurs structures de protection/défense civile et pour développer les compétences de leur personnel spécialisé.

Un homme, une métamorphose
Appelé à la tête de l’Institution et investi de la confiance du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, le colonel Mustapha El Habiri n’a pas hésité, faudrait-il encore une fois, le souligner, à bousculer tout son monde et à le motiver afin qu’il s’implique à fond dans la prise en charge de la mission de redressement, de mise à niveau et d’adaptation du corps de la Protection civile aux attentes d’un environnement en pleines mutations et devenu par conséquent, exigeant et ce, à travers un formidable déploiement, à la hauteur des préoccupations induites par cet essor tous azimuts. Ce coup de starter donné à la machine et sa mise sur rails de la modernisation n’ont pas tardé à donner de résultats. D’ailleurs, à l’occasion de la sortie de la 45e promotion de « grade agent » de la Protection civile, l’assistance composée des membres du Gouvernement, des représentants de la société civile et du commandant de la Gendarmerie nationale, le général-major Menad Nouba, a eu droit à un véritable » show » applaudi au moindre geste. Tout y était. De la brigade cynotechnique aux « commandos » du GRIMP, en passant par les plongeurs de la PC jusqu’aux motards et à l’Unité de traitement d’eau, et la cellule d’intervention NRBC (nucléaire, radiologie, biologie et chimie). Pour couronner le tout, il a été dévoilé à l’occasion, une « unité spéciale » de la PC dont les éléments font preuve d’une grande aptitude physique. Les acrobaties exécutées par ces derniers ont subjugué toute l’assistance émerveillée également par « les femmes pompiers », présentes également dans l’opérationnel.
F. H.



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