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N° 114 - Juin 2018

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Agriculture

Cap sur la révolution des mentalités

En vue de relancer et de moderniser le secteur de l’agriculture

Par Yahia MAOUCHI



Le secteur de l’agriculture qui se porte bien a connu ces dernières années un essor qualitatif et quantitatif dû à l’efficience des projets soutenus par l’État. Et tout porte à croire que le secteur est un exemple de réussite et surtout créateur de richesses et d’emplois. Des résultats prometteurs qui prouvent que le soutien de l’État à l’agriculture et au développement rural n’est pas un discours virtuel, mais une réalité verte, fraîche et grasse. Ainsi, dans son allocution de clôture des Assises nationale de l’agriculture, organisées au Centre international des conférences à Alger, sur le thème « L’agriculture au service de la souveraineté nationale»,  le Premier ministre Ahmed Ouyahia a appelé, tous les agriculteurs à opérer « une révolution des mentalités » en vue de relancer et de moderniser le secteur de l’agriculture, affirmant que l’Etat est déterminé à consacrer le principe de « la terre appartient à celui qui l’exploite ». Toutefois, le Premier ministre a déploré le fait que trois millions d’hectares soient non exploités. Aussi, a-t-il préconisé la nécessité de s’ouvrir à l’investissement privé afin de relancer le secteur à l’image du secteur de l’industrie qui représente 80% de la production industrielle. Rappelant que l’Etat veille à l’exploitation réelle et optimales des terres agricoles, notamment celles attribuées dans le cadre des avantages, le Premier ministre a ajouté que « l’Etat compte ouvrir un débat national sous le thème « la terre pour celui qui la travaillera » et surtout les terres des «archs » dans les hauts plateaux pour mieux les exploiter, et en sortir avec un consensus national ». Le Premier ministre a précisé, par ailleurs, que la nouvelle dynamique de l’État, en vue d’un meilleur développement du secteur de l’agriculture, « recommande le recours à une action de synergie impliquant la contribution des autorités locales ». M. Ouyahia a appelé par la même occasion les agriculteurs à s’organiser au sein de coopératives agricoles, à être une force de proposition et à défendre mieux leurs droits, « ce qui permettra le développement du secteur agricole ». Le même responsable a souligné l’obligation d’impliquer les collectivités locales dans l’exploitation des terres agricoles dans les zones rurales pour créer une certaine synergie entre les différents secteurs.

130 milliards de dinars alloués au secteur de l’agriculture
Sur sa lancée, le Premier ministre révèlera que le secteur de l’agriculture sera au cœur de la politique de la décentralisation, et cela n’apportera que du bien pour les habitants des campagnes, assurant que le soutien financier accordé par l’État à l’agriculture est de l’ordre de 130 milliards pour 2018 et qu’il sera maintenu l’année prochaine. «Le budget alloué en 2018 pour le secteur agricole a augmenté de 100% concernant les caisses, et de 50% pour ce qui est du budget global», précisant que «130 milliards de dinars ont été alloués comme budget au secteur, dont 70 MDS ont été destinés au soutien de la production agricole, et 60 MDS DA destinés au soutien de l’activité agricole à travers les caisses ». Dans le même ordre d’idées, le Premier ministre rappelle que l’Algérie ne manque pas de ressource humaine pour relever le défi d’une meilleure compétitivité à instaurer au sein du secteur. Pour étayer ses propos, le Premier ministre rappellera que le nombre de jeunes annuellement diplômés des instituts et centres de formation professionnelle s’élève à 45.000, dont 13 000 issus des universités. « Nous devons les accompagner et valoriser leur compétence », a-t-il dit. Il a toutefois relevé l’existence d’un dysfonctionnement en matière d’exploitation du matériel agricole, qu’il faut corriger, dit-il, dans l’immédiat. Dans ce sens, il a mis en avant la nécessité de mécaniser l’agriculture pour plus de rendement. Selon lui, l’intégration de nouvelles techniques et la mécanisation du secteur permettront d’attirer les jeunes vers le secteur. Pour ce qui est de l’environnement lié à l’activité de l’agriculture, soit au niveau de la distribution, de la transformation, de la production, et de l’exportation, M. Ouyahia estime que la production existe. « Il est donc de notre devoir de s’inquiéter pour son devenir. C’est pour cela qu’il faut passer à la création des circuits de distribution et de conservation. Pour cela, nous avons besoin davantage d’orientation en la matière ». Dans cette optique, il a même évoqué une possible révision des activités bénéficiant jusque-là des encouragements à l’investissement accordés par l’État. S’agissant de l’exportation, ce domaine relève, selon le Premier ministre, de toute une économie qui nécessite ses propres spécialistes et experts, pour mieux la promouvoir. Le Premier ministre s’est également félicité de ces assises, affirmant que « les jours à venir témoigneront des efforts déployés par l’Etat en matière de soutien du secteur agricole et des agriculteurs qui représentent l’Algérie profonde ». Il est à savoir que le secteur agricole est le deuxième secteur créateur de richesse en Algérie après celui des hydrocarbures, a précisé le Premier ministre, ajoutant qu’il s’agit d’un secteur prometteur pour l’Algérie en termes de développement local et rural, de création de richesses et d’emplois et de promotion des exportations. Enfin, M. Ouyahia a réaffirmé le souci du gouvernement d’appliquer les recommandations issues des assises et de veiller à les transférer en ateliers en vue d’aboutir à des mesures pratiques avant la fin de l’année. A ce sujet, il a fait état de l’existence de recommandations pratiques et de propositions. « Nous accorderons la priorité aux recommandations pratiques sans, toutefois, négliger les autres recommandations ». M. Ouyahia a affirmé que ces mesures attendues qui répondent à l’appel du président de la République à l’adresse des participants aux Assises, devront conférer une efficacité plus grande au soutien de l’Etat à ce secteur, à celui de la pêche ainsi que le secteur des forêts.

La politique de soutien
Pour sa part, Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, a affirmé, à cette occasion, que l’Etat ne reculera pas sur sa politique d’accompagnement et de soutien des agriculteurs et des jeunes investisseurs souhaitant investir dans le secteur agricole, et ce, conformément aux orientations du président de la République Abdelaziz Bouteflika. Il a rappelé à cet effet que le chef de l’Etat a recommandé le développement des zones rurales, précisant que les habitants de ces régions avaient préféré rester chez eux pendant la décennie noire. Dans le même ordre d’idée, M. Bedoui a affirmé que l’investissement agricole figure parmi les priorités du ministère au niveau local. Rappelant la vision intégrée que s’emploie son département à réaliser pour valoriser l’investissement agricole et les initiatives économiques, M. Bedoui a cité les différents programmes de développement destinés au soutien de la production agricole pour lesquels d’importantes enveloppes ont été affectées depuis 2000... Noureddine Bedoui a, de ce fait,  plaidé en faveur d’un partenariat public-privé, nécessaire, selon lui, pour enclencher une dynamique compétitive dans le domaine de l’agriculture. Tout en appelant les jeunes à investir ce créneau porteur, en s’imprégnant, en premier lieu, de la stratégie mise en place par les pouvoirs publics pour cette finalité, le ministre de l’Intérieur a mis l’accent sur le potentiel dont disposent les wilayas des Hauts Plateaux, pour relever le seuil de la production agricole. Pour sa part, Abdelkader Bouazghi, ministre de l’Agriculture, du Développement local et de la Pêche, a mis en exergue les efforts fournis par les pouvoirs publics pour «hisser le secteur agricole et lui donner la place qui est la sienne». C’est ainsi qu’il a rappelé la loi portant orientation agricole, promulguée en 2008, qui constitue le premier texte juridique d’orientation qu’ait connu le secteur depuis l’indépendance, visant à asseoir les bases garantissant la sécurité alimentaire du pays et à renforcer la place de l`agriculture dans l`économie nationale. «Cette loi a doté le secteur agricole d’un cadre juridique pour protéger les terres agricoles et leur vocation, assurer le développement agricole à long terme, améliorer et libérer les initiatives dans ce secteur», a-t-il indiqué, tout en déclarant que « l’enjeu du foncier agricole constitue plus que jamais la pierre angulaire du développement de l’agriculture dans notre pays ». Et d’ajouter que ces assises nationales sont une occasion pour passer en revue l’essentiel des mesures prises par l’État pour valoriser les développements positifs et les réalisations depuis l’application du Plan national du développement agricole en 2000.

Atteindre les 2 millions d’hectares irrigués   
Pour rappel, le ministère de l’Agriculture, du développement local et de la pêche avait avancé que les superficies irriguées à travers le territoire national passeront à 2 millions d’hectares vers la fin de l’année 2018 contre 1,3 million d’hectares actuellement. Cette stratégie vise à accroître la production des différentes récoltes à l’échelle nationale, notamment des légumineuses, des fruits et légumes. Abondant dans le même sillage, Hocine Necib, ministre des Ressources en eaux, a mis en avant les plus importantes réalisations concrétisées par son secteur depuis l’année 2000, notamment en matière de l’augmentation des superficies irriguées permettant de parvenir à 1,32 million hectares de ces terrains actuellement, soit 66 % des 2 millions d’hectares ciblés. Il a souligné à cet effet, qu’à court terme, la superficie de ces terrains devra atteindre 1,654 million hectares, soit 82% de l’objectif ciblé. Rappelons par ailleurs, que le pays compte actuellement 80 barrages opérationnels dont 4 réceptionnés en 2017, tandis que 5 autres sont en cours de réalisation pour être réceptionnés à l’horizon 2021. Ce qui permettra d’augmenter les capacités de stockage à 9 milliards m3. Selon le ministère des Ressources en eau, il est prévu de réaliser un programme d’un million d’hectares supplémentaire de superficies agricoles irriguées, sachant que 184.000 hectares dédiés à l’exploitation ont été aménagés et réceptionnés jusqu’en mars 2018. De son côté, Saïd Djellab, ministre du Commerce, a annoncé qu’une stratégie nationale d’exportation sera élaborée avec les secteurs concernés, afin de parvenir à une feuille de route à mettre en place en mois de juin. Il a mis en relief la nécessité de promouvoir les exportations, car, dit-il, «le commerce extérieur est l’un des moteurs de l’économie nationale». M. Djellab a précisé que son département étudie la levée des barrières douanières imposées par les pays importateurs. Il sera question, également, selon lui, d’œuvrer à la promotion des exportations, d’accorder des facilités douanières et de renforcer les mesures de soutien à l’agriculture, à travers la stratégie du commerce à l’exportation. Tandis que le ministère de l’Industrie a souligné le faible taux d’industrialisation des produits agricoles qui ne dépasse pas 20 %, alors que le taux moyen au niveau international est de l’ordre de 75 %.

Encourager la production nationale
A cet effet, le ministre a appelé à l’encouragement de la production nationale et l’augmentation du taux de l’intégration agricole dans les industries agroalimentaires à travers la promotion du partenariat entre les entreprises et les transformateurs. Il fait état, dans ce sens, de l’existence de 23.000 entreprises activant dans le domaine des industries agroalimentaires de transformation employant 150.000 personnes et contribuant à 50% du Produit intérieur brute (PIB) hors hydrocarbures et à hauteur de 300 millions USD/an dans les exportations. Enfin, pour sa part, le ministre des Finances a passé en revue, dans un bilan lu en son nom par le secrétaire général du ministère, Miloud Boutaba, les différents financements dont a bénéficié le secteur depuis deux décennies afin de porter sa croissance annuelle moyenne à 8,33%. Le soutien à l’exploitation des terres agricoles a coûté, ajoute M. Boutaba, à travers le Fonds de développement rural, 50 milliards de dinars entre 2000 à 2017. Il a appelé par ailleurs, à l’encouragement des établissements financiers pour le développement de nouveaux produits bancaires à même de soutenir les activités rurales et agricoles ainsi que celles de la pêche

Y. M.



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