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N° 110 - Dec 2017

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Douanes

Un pôle logistique incontesté

Zone logistique extra-portuaire de Tixter

Par Leila BOUKLI



A 7 kilomètres de l’autoroute Est-ouest et à 9 kilomètres de la RN5, à mi-chemin entre Bordj-Bou-Arreridj et Sétif, est situé l’un des projets les plus importants de la wilaya de Bordj Bou-Arreridj, mais aussi de toute la région des Hauts-Plateaux. Il a été inauguré le 22 mars 2016 et aussitôt mis en exploitation. Nous y avons programmé une visite et sommes reçus par  Noureddine Benzadi, chef d’inspection divisionnaire des douanes à Bordj Bou Arreridj, entouré de quelques-uns des 24 agents que compte le service des douanes, affectés à cette structure, inscrite dans le cadre du plan stratégique 2016-2019 visant le rapprochement de l’administration des opérateurs économiques et la facilitation des procédures douanières. D’emblée, notre interlocuteur nous explique que la stratégie adoptée par le port de Bejaia consiste à jouer un rôle de pivot, sur le plan logistique dans le développement économique des régions et répond à divers objectifs dont le rapprochement de la marchandise du client final, le décongestionnement des surfaces dans l’enceinte portuaire, la réduction des temps d’attente en rades des navires dus au manque d’espace d’entreposage, de même que celles des surestaries, le développement du transfert de masse des marchandises par voie ferroviaire et par conséquent la décongestion sur les routes et la réduction de l’émission de gaz polluants. 

Le port sec de Tixter
Nous sommes impressionnés par l’étendue de cette infrastructure plate d’une superficie de 20 hectares, extensibles à 50 ha, et à la fois surpris par le peu d’activité qui y règne, malgré l’engorgement du port de Bejaia, une perte conséquente en devises pour l’Algérie. Pourtant, la capacité de ce port sec est de 500.000 tonnes /an. En 2017, ce sont 633 containers qui y ont été entreposés. Ils sont généralement acheminés par voie ferrée. C’est le premier impact économique sur l’environnement immédiat, puisque la gare fermée depuis une vingtaine d’années a été réhabilitée, avec à la clé de nombreux postes d’emploi. Cette infrastructure comprend trois lots et un branchement particulier à la voie ferrée jouxtant le site. Elle est organisée en six zones. Une pour l’entreposage des conteneurs pleins ; il y en a une quinzaine entreposée à notre arrivée, un terminal divers pour essentiellement le trafic des produits homogènes tels que le bois et les produits métallurgiques, en provenance soit par voie routière ou ferroviaire. Une troisième zone d’entreposage des conteneurs vides, une zone dédiée pour les visites douanières, une autre pour le scanning et la sixième pour l’entreposage frigorifique.
Nous nous approchons de deux rails à l’intérieur même de l’infrastructure près des deux bâtiments pour le contrôle informatisé des containers. Ces derniers passent ensuite sur une balance pour le pesage qui détermine l’excédent et/ou le déficit. M. Benzadi explique que la marchandise doit répondre à la déclaration faite au service des douanes. Il ajoute que dans l’un des deux cas, le contrevenant paye une amende symbolique en faisant remarquer que les douaniers respectent les 5% de tolérance requis.
Il est à noter que l’activité du port sec de Tixter avoisine une capacité de 40% de l’activité du port de Bejaia.  Le chef d’inspection divisionnaire des douanes de Bordj Bou-Arreridj, avocat de son état, cumulant 32 ans d’ancienneté aux douanes et titulaire d’un diplôme d’études supérieures obtenu à l’école française des douanes de Neuilly, nous apprendra que son inspection s’étend sur 22.000 km2, M’Sila dépendant de cette même wilaya à vocation beaucoup plus de lutte contre la contrebande. M.Benzadi a de plus comme mission la gestion administrative et tout ce qui a rapport avec l’économie à travers l’import-export et la coordination entre les différents chefs locaux administratifs et techniques. Les missions dévolues dans ce cadre aux douanes, au nombre de sept conformément à l’art.3 du Code des douanes, sont entre autres la perception des taxes, la lutte contre la contrebande ; la protection de l’économie ; la protection de l’environnement (flore et faune) et la coordination interservices (corps constitués).


L’opérateur économique agréé
L’inspection divisionnaire des douanes de Bordj Bou Arreridj compte 21 opérateurs agréés, nombre important, comparé au nombre global au niveau régional. Cette même inspection a traité et transmis, avec avis favorable à la Direction régionale des douanes, 11 demandes d’agréments de l’opérateur agréé. Ces dossiers se trouvent au niveau de la direction générale d’Alger pour validation.

Les zones sous douanes
L’administration des douanes a agréé un port sec, six entrepôts privés et un public. Deux entrepôts publics sont actuellement en cours de réalisation après accord préalable. L’un à Bordj Bou-Arreridj, l’autre à M’Sila. Leur utilité, explique M. Benzadi, est l’entreposage de la marchandise avec suspension du droit de taxe d’une durée valable d’une année renouvelable.

Actions des brigades mobiles
Ce sont des brigades qui font un travail mixte avec les services de sécurité (police- gendarmerie nationale) sur les barrages routiers pour le contrôle de la circulation des marchandises, des véhicules et des moyens de transport en général. Il arrive aussi que des brigades des douanes travaillent seules. Présentes lors de l’entretien, elles ont tenu à donner le nombre de leurs sorties pour les actions entreprises à Bordj Bou Arreridj-M’Sila.
Ce sont en tout :
355 barrages douanes.
58 barrages mixte douanes / Gendarmerie nationale
636 patrouilles
47 embuscades

Autres actions
Notre service a organisé, dira-t-il, une vente aux enchères pour le compte de la Direction régionale de Tébessa qui a rapporté plus de 180 millions de dinars. Ajoutons à cela la vente commune organisée au niveau régionale, entre les inspections où le produit des ventes s’est élevé à 360 millions de dinars, pour les deux recettes Bordj Bou Arreridj-M’ Sila.
Ce sont là quelques chiffres seulement du montant rapporté par le service des douanes au profit du Trésor public. 
En conclusion, on peut dire que la zone logistique extra-portuaire de Tixter, qui a coûté quelque 7 milliards de dinars, représente une réelle opportunité pour créer des gisements de richesse et de compétitivité au tissu industriel et économique de toute la région des hauts plateaux et des wilayas limitrophes. Aussi, elle est amenée à impacter l’émergence de centres de production locaux, et ceci par le soutien logistique apporté aux opérateurs économiques de la région, qui pourront mieux organiser leurs activités de distribution. Ce rôle peut davantage être valorisé au profit des exportations de produits agricoles, plasturgiques, électroniques et l’industrie manufacturière en stimulant la chaine de valeur de ces produits du point de vue des opérations logistiques.
Un des atouts essentiels de la zone logistique de Tixter est et restera sa liaison à la voie ferrée et sa proximité à l’autoroute Est-ouest. Ceci donne une dimension nationale, voire internationales à l’offre, en permettant la construction de services multimodaux intégrés de bout en bout.
 
 L. B.



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