Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 110 - Dec 2017

Go

Douanes

Le logigramme sécuritaire

Direction de la sécurité et de l’activité opérationnelle

Par Smail ROUHA



Considérant l’intérêt accordé à l’activité opérationnelle, les douanes algériennes ont entamé une réorganisation de leurs services dans le but de restructurer l’encadrement. La réorganisation de l’administration des douanes, tant au niveau central que déconcentré, vise plusieurs objectifs, notamment un nouvel encadrement de l’activité des unités opérationnelles (recettes et brigades des douanes). Cette réorganisation inscrite dans l’organigramme adopté en février 2017 et dans le cadre du renforcement de la présence douanière aux frontières ainsi que des capacités des douaniers par une formation professionnelle adaptée à même de leur permettre d’assurer et d’assumer leurs activités en matière de sécurisation des frontières, aussi bien terrestres qu’aériennes et maritimes, s’est soldée par  la création de la Direction centrale chargée de la sécurité et de l’activité opérationnelle pour pouvoir encadrer le travail de ces effectifs sur le terrain. Une sorte d’état-major opérationnel de la Douane. Cette nouvelle direction sera chargée de la prise en charge des préoccupations relatives aux conditions de travail et de vie des agents des douanes dans toutes les unités notamment celles situées dans des zones éparses.  La nouvelle structure sera également dotée d’un Centre de commandement et de contrôle au niveau du siège de la direction générale de la Douane algérienne. « Cette direction centrale sera le catalyseur en termes d’intelligence opérationnelle via des plans d’action adaptés au terrain au vu de l’immensité de nos frontières s’étendant sur plus de 6800 km et partagées avec sept pays voisins afin de concentrer les efforts sur la participation active aux côtés des gardes-frontières et des unités de l’ANP dans la lutte contre le crime transfrontalier.
« Considérant les menaces qui pèsent aux frontières, la Douane s’est retrouvée dans le besoin de consolider ses efforts afin d’être efficace en termes de préparation, de formation et d’intelligence au plan stratégique et d’efficacité d’actions », révèle Kaddour Bentahar, directeur général des Douanes algériennes qui rappelle que « la Douane a mis, ces dernières années, en place des Postes de surveillances (PDS) qui constituaient la première ligne de surveillance. Ces PDS sont opérationnels notamment à Tlemcen et Souk-Ahras en attendant l’inauguration incessante d’un PDS à Tebessa ». Néanmoins, précise Kaddou Bentahar, la formation de la ressource humaine demeure au premier plan. En effet, la direction centrale de sécurité et de l’activité opérationnelle s’occupera de « la prise en charge des préoccupations relatives aux conditions de travail et de vie des agents des douanes dans toutes les unités notamment celles situées dans des zones éparses ». L’administration douanière accorde un intérêt particulier au développement de ses effectifs à travers la prise en charge de leurs préoccupations socioprofessionnelles. « Nous veillerons à mettre en place les conditions de confort permettant à nos éléments d’avoir une bonne récupération, de meilleures conditions de vie et de travail afin d’être en bonne situation psychologique pour un meilleur rendement et pouvoir faire face aux différentes menaces », affirme Kaddour Bentahar. Concernant le maritime, il y a lieu de souligner que dans le cadre du renforcement des mesures de facilitations douanières tendant à réduire les délais de dédouanement, assurer la traçabilité des opérations d’importation et d’exportation de marchandises, garantir la fiabilité des informations y afférentes et assurer une bonne identification des propriétaires réels des marchandises, l’Administration douanières exige les consignataires de navires de l’obligation d’insérer, dans la déclaration de cargaison, le numéro d’identification fiscale (NIF) des personnes physiques ou morales (importateur /exportateur). L’objectif est de permettre la traçabilité des opérations à même de contrecarrer les importations frauduleuses. « Cette démarche permet également un contrôle par anticipation », souligne Kaddour Bentahar. Pour ce faire, il a été préconisé de redéployer les brigades ambulantes en « brigades de ciblages et d’investigations » dont l’effectif sera trié au volet et outillé des meilleurs moyens technologiques, selon les standards internationaux. D’ailleurs, l’administration douanière, compte tenu du manque de moyens, tente de mutualiser les disponibles. A ce sujet, Kaddour Bentahar nous apprend que la Douane a acquis vingt-sept véhicules tout terrain haut de gamme préemptés des saisies de la Douane.  Des véhicules dédiés exclusivement au Sud où la menace de crime sous toutes ses formes est omniprésente.
Dans ce registre, le directeur général des douanes algériennes a tenu à préciser que tout un travail est mené en étroite collaboration avec les autres services de sécurité pour lutter ensemble contre le blanchiment d’argent, le trafic de drogue, la fraude sous toutes ses formes, la surfacturation entre autres, grâce au nouveau code des douanes qui a permis à l’institution douanière d’élargir ses missions notamment aux frontières comme indiqué dans le plan stratégique des douanes qui intègre la mise à niveau de l’institution, l’aspect législatif, la protection des agents, l’accompagnement des entreprises algériennes, la simplification des procédures en plus de la protection de l’économie nationale. « Nous avons entamé un travail de partage de données avec la direction générale de la Sûreté nationale qui est connectée à la base de données d’Interpol. Nous comptons élargir cette coopération avec la Gendarmerie nationale », indique Kaddour Bentahar.
Concernant la coopération internationale, Kaddour Bentahar qui a pris part récemment  à l’atelier de travail sur la gestion coordonnée du contrôle à la frontière algéro-tunisienne, organisé à Tunis par le Bureau régional de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime pour l’Afrique du Nord et Moyen-Orient, affirme que cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la coopération régionale et de la gestion coordonnée des contrôles aux frontières algéro-tunisiennes ainsi qu’au projet tripartite Algérie-ONUDC-Tunisie d’appui au renforcement des capacités de lutte contre les trafics illicites et les organisations criminelles transfrontalières en lien avec les groupes terroristes. D’autant que les deux pays font face aux mêmes menaces au niveau de leurs frontières.  « Nous avons un intérêt commun à développer cette coopération. A ce sujet nous avons, à l’occasion, établi un plan d’action pour renforcer justement cette coopération sécuritaire en coordination avec les services sécuritaires, DGSN, ANP, Gendarmerie nationale », affirme Kaddour Bentahar qui rappelle que « les deux institutions sont liées par un accord bilatéral d’assistance mutuelle et administratif, comme nous avons un accord bilatéral de préférence tarifaire, à l’instar de celui contracté avec la Jordanie ». Néanmoins, et au-delà de l’assistance mutuelle, et compte tenue de la conjoncture géopolitique, les deux parties ont développé, depuis plus d’une année, un ambitieux projet relatif à la gestion coordonnée des frontières. « Ce projet permet aux deux institutions d’œuvrer en commun sur des opérations conjointes, notamment en matière de contrôle, l’échange d’informations », indique le directeur général des douanes algériennes qui souligne que « la gestion coordonnée des frontières est un projet porté par l’OMD (Organisation mondiale des douanes). L’objectif de la rencontre était de faire le point sur la coopération et la coordination ». En fait, il est plus question de travailler sur une base solide à même d’identifier toutes menaces et crimes transfrontaliers, chercher les moyens pour contrecarrer cette menace, dans un esprit de vigilance par une mutualisation des moyens communs.
« La rencontre a également permis d’identifier dans une première phase deux postes de frontières concernés par le sujet. Du côté algérien, nous avons opté pour les postes frontaliers de  Taleb Larbi et Oum Tboul et du coté tunisien, il est question de Hazoua et Melloula. Quant aux recommandations arrêtées, et qui seront soumises pour approbation à la haute commission mixte algéro-tunisienne, il est question d’un comité de suivi et de la manière d’opérer en commun au niveau des postes frontaliers ciblés », indique Kaddour Bentahar. Pour une meilleure opérationnalité, les deux parties pencheraient pour une reconnaissance et une confiance mutuelle par un contrôle unique, sans pour autant négliger toute vigilance. « La manière d’opérer et l’harmonisation des documents de voyages, aussi bien pour les passagers que les marchandises, restent à définir en commun au même titre que les zones communes pour une interconnexion et une gestion intégrée efficientes», précise le directeur général des douanes algériennes qui ajoute que « le partage des pratiques managériales au niveau des frontières pour une meilleure prise de décision et sécurisation par l’échange d’informations, notamment en ce qui concerne les différents modes opératoires des trafiquants ». Un projet-pilote qui devrait être extrapolé avec les autres pays frontaliers notamment ceux de la bande sahélo-sahélienne. D’autant que la sécurisation des frontières  est l’un des axes majeurs de la stratégie d’Afripol que préside l’Algérie.  

   S. R.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Smail ROUHA

Les plus lus

L'Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Après l’automobile
Par Yahia MAOUCHI.

La transformation numérique
Par Dr Ali Kahlane,.

Sécurité alimentaire
Par Yahia MAOUCHI.

Saison estivale 2017
Par Farid HOUALI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF