Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 110 - Dec 2017

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Evocation

Un diplomate, un intellectuel

Présentation de l’ouvrage sur le défunt Boualem Bessaih par l’auteur Brahim Romani

Par Leila BOUKLI



La salle de la librairie Chaib Djair s’est avérée quelque peu exiguë pour contenir le nombreux public venu assister à la présentation du livre du Dr Brahim Romani. Un ouvrage édité par l’Entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité (ANEP) sous le titre Boualem Bessaih : Dix ans avec le diplomate et le politique érudit.
Dans cet ouvrage, l’auteur, cadre supérieur au ministère des Affaires étrangères, témoigne des dix ans qu’il a passés avec celui qu’il considère comme un père spirituel. Il y retrace la personnalité, le parcours et l’œuvre du défunt Boualem Bessaïh, à l’occasion du premier anniversaire de sa disparition en juillet 2016.    
Composé de 328 pages, le livre, scindé en deux parties, rassemble des informations, des aveux, des faits et des opinions, dictés par le devoir de fidélité de cette figure emblématique, officier supérieur de l’Armée de libération nationale (ALN), diplomate chevronné, fin politique, intellectuel d’exception, écrivain talentueux, poète hors pair, traducteur émérite et historien.
Afin d’apporter un témoignage objectif, sur la longue carrière du défunt, Dr Brahim Romani avoue avoir laissé sciemment de côté le cadre académique et bibliographique de celui qu’il a côtoyé, notamment lorsqu’il était ambassadeur d’Algérie à Rabat (2002-2005) où il s’est distingué en tant que fin politique, diplomate chevronné, ambassadeur hors pair ayant maîtrisé les rouages de la politique et fervent défenseur des intérêts de l’Algérie.
Le défunt considérait, dira-t-il, «la diplomatie comme une mission et non comme une fonction ». Né en 1930 à El Bayadh et décédé le 28 juillet 2016, Boualem Bessaïh a occupé les fonctions d’ambassadeur dans plusieurs capitales européennes et arabes (Berne, Le Vatican, le Caire, Koweït City, Rabat). Selon l’auteur, le défunt Bessaïh était l’un des ambassadeurs les plus actifs, occupant une place de choix et respecté par les personnalités influentes sur les scènes politique et culturelle, accordant un intérêt soutenu aux affaires de la communauté nationale établie au Maroc, tout en veillant à encourager l’élite intellectuelle et les jeunes talents parmi la communauté algérienne. Sa mission au Maroc était « compliquée» et sa fin était inévitable, car les efforts de l’Algérie visant à consolider les relations entre les deux pays, se sont confrontés à la position contradictoire du Maroc. Contraint de regagner Alger, Boualem Bessaïh a toutefois été décoré du «grand cordon du Wissam alaouite» par le roi du Maroc.
La deuxième partie du livre porte sur la période où le défunt a assuré la présidence du Conseil constitutionnel, entre 2006 et 2012. Dans ce chapitre, le Dr Romani met en exergue les qualités du défunt, fin diplomate, homme cultivé et politicien émérite. Il aura contribué, dira-t-il, au développement des relations de coopération fructueuse entre le Conseil constitutionnel et les instances similaires à l’étranger, de même qu’il a valorisé les efforts de l’Algérie dans la consolidation de l’État de droit, la promotion des droits et des libertés et la consécration de la démocratie. L’ouvrage énumère, à cet effet, les différentes conférences et rencontres internationales, lors desquelles l’Algérie a brillé, grâce notamment aux actions et contributions du défunt.
 Le livre revient sur la dimension culturelle et artistique de cette éminente personnalité pour qui «la politique, la loi, la culture et la littérature constituent des valeurs intrinsèques». Historien dans l’âme, Boualem Bessaïh compte des écrits sur la résistance populaire, les héros du mouvement national, les compagnons d’armes et la lutte de la femme algérienne.  Parmi les contributions du défunt dans la poésie populaire et le cinéma, le scénario du film l’épopée du Cheikh Bouamama. Le Dr Romani cite également l’ouvrage L’Algérie belle et rebelle, de Jugurtha à novembre, les nombreuses contributions et conférences, expliquant que sa carrière politique et diplomatique avait primé sa carrière littéraire, « parce qu’il n’aimait pas être sous les feux de la rampe».
Le livre comprend aussi des lettres diplomatiques et des photos personnelles inédites classées dans un ordre chronologique, à commencer par la Révolution où il était connu sous le nom de «Si Lamine».
Il rappelle qu’après avoir rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN), en 1957, le défunt a occupé plusieurs postes, notamment à la direction de la documentation et des recherches relevant du ministère de l’Armement et des Liaisons générales (MALG), aux côtés d’Abdelhafid Boussouf, Houari Boumediene et Abdelaziz Bouteflika.
Rappelons que de son vivant Boulem Bessaih, ancien ministre d’Etat, conseiller spécial et représentant personnel du président Abdelaziz Bouteflika, a contribué par de nombreux écrits dans notre magazine. L’Opéra d’Alger porte le nom de celui qui fut de surplus un grand mélomane. Né en 1962 à Biskra, Brahim Romani, qui a eu des contacts ininterrompus avec Boualem Bessaih, est cadre supérieur au ministère des Affaires Etrangères, chercheur et écrivain,  et compte à son actif plusieurs livres en culture, littérature et idéologie.
 La version française de son témoignage sur Boualem Bessaïh devrait paraître, apprend-on lors de la prochaine édition du Salon international du livre.
 
Y. M.



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