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N° 126 - Jan 2020

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L'ANP

« Nous ne dévierons jamais de nos engagements constitutionnels »

Le général-major Saïd Chengriha

Par Rafik BITOUT



Immuables sont les missions de l’Armée nationale populaire quant à son attachement au cadre constitutionnel. Tel a été le message du général-major Said Chengriha, chef d’état-major de l’ANP par intérim, dans son discours tenu lors d’une réunion regroupant les cadres du ministère de la Défense nationale et de l’état-major de l’ANP. « Nous réaffirmons que nous resterons mobilisés au service de la patrie et nous ne dévierons jamais de nos engagements constitutionnels, quelles que soient les circonstances », a souligné le chef d’état-major de l’ANP dans son allocution avant de préciser que « nous ferons toujours face aux ennemis de la patrie et à quiconque tente de porter atteinte à notre souveraineté nationale ». Une manière directe de répondre que l’armée algérienne se tient aux aguets contre toute tentative d’ingérence et de déstabilisation. Un discours intervenant après de multiples déclarations venant de ministres libyens et turcs, qui avaient mis en garde l’Algérie, à maintes reprises, contre le risque de déstabilisation que peut engendrer la crise libyenne sur les pays du Maghreb. Pour rappel, Mevlut Cavusoglu ministre turc des Affaires étrangères, avait déclaré à ce sujet que « si la Libye devient comme la Syrie, les autres pays de la région ne tarderons pas à suivre ». Tandis que Fethi Bachagha, ministre libyen de l’Intérieur (GNA), avait déclaré, quant à lui, que « si Tripoli tombe, Tunis et Alger tomberont à leur tour », ajoutant que la région fait dorénavant face à une réelle menace de prolifération des organisations terroristes.

Dans ce cadre, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a présidé une réunion avec le Haut Conseil de sécurité en présence du chef d’état-major par intérim, le général-major Said Chengriha ainsi que d’autres Hauts responsables de l’Etat.

Selon un communiqué de la présidence, le Haut Conseil de sécurité a entamé les travaux en examinant la situation sécuritaire dans les pays limitrophes à l’Algérie, notamment du côté libyen et malien. Durant la réunion du Haut-Conseil de sécurité, des mesures sécuritaires relatives à la protection des frontières et du territoire national ont été définies. Ainsi, le Haut-Conseil de sécurité a abordé la question de la « redynamisation » du rôle de l’Algérie au plan international, mais aussi au niveau de la région subsaharienne ainsi qu’en Afrique. D’autre part, le président Abdelmadjid Tebboune a décidé de programmer des réunions périodiques avec le Haut-Conseil de sécurité à l’avenir.

 

L’Algérie face au complot étranger

« Dans le cadre d’une restructuration des rapports de puissance à l’échelle planétaire, l’Algérie, convoitée pour ses ressources stratégiques, constitue un enjeu au Maghreb, au Sahel et sur le flanc sud méditerranéen de l’OTAN. Dans ce contexte géopolitique et géoéconomique sur fond de prise de contrôle de ressources énergétiques et d’évincement de puissances rivales conformément à la doctrine « Barnett » (…) divers indices tendent à témoigner d’une implication, derrière le Hirak, de puissances aspirant à déstabiliser l’Algérie et à en briser les structures étatiques suivant une logique de fragmentation des Etats », écrivait Mehdi Taje, géopoliticien et prospectiviste, directeur de Global Prospect Intelligence.  En effet, l’Algérie a fait face en 2019 à un « dangereux complot » contre ses institutions. « Un  complot dangereux qui visait la stabilité de l’Algérie, les fondements de l’État et la neutralisation de ses institutions constitutionnelles pour le faire sombrer dans le chaos », a soutenu le chef d’état-major par intérim qui a cependant indiqué que ce complot a pu être déjoué grâce à l’armée demeurant aux côtés de la population algérienne. Selon le général-major Said Chengriha, le haut commandement de l’armée, qui a pris conscience de la teneur du complot, est parvenu à gérer la situation « avec sagesse et clairvoyance, à travers l’accompagnement et la protection des marches pacifiques, sans qu’aucune goutte de sang ne soit versée ». Le communiqué évoque également l’accompagnement des institutions de l’Etat, visant à permettre à celles-ci d’atteindre leurs objectifs « dans les meilleurs conditions ». Un complot dévoilé auparavant par le défunt général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah qui avait affirmé en septembre dernier à partir de Tamanrasset que « le Haut commandement de l’armée savait dès le début de la crise qu’un complot se tramait en secret contre l’Algérie et son peuple ». En effet, dans un article de grande qualité rédigé par le général français Delawarde, ancien chef « Situation renseignement-guerre électronique » à l’état-major interarmées, intitulé « Algérie : révolte spontanée ou déstabilisation préméditée et organisée ? », ce haut spécialiste du renseignement souligne : « La crise algérienne s’inscrit dans un contexte géopolitique qui dépasse largement ses frontières (…) Les indices ne manquent pas dans la crise algérienne qui font furieusement penser à une opération de « Regime Change » (changement de régime), dont les Occidentaux sont particulièrement friands (révolutions colorées, Ukraine, Libye, Printemps arabes, Syrie, Venezuela, Brésil, etc.), qu’ils réussissent parfois (Maïdan, Libye, Brésil) et dont ils gardent jalousement «les secrets de fabrication » (…). » Aussi, le général-major Said Chengriha a réaffirmé « la détermination de l’ANP à rester dans la légitimité constitutionnelle et à faire face à quiconque tente de porter atteinte à l’unité nationale.

 

Une participation active à l’organisation des élections transparentes

Rappelant la détermination de l’armée aux côtés du peuple algérien, le général-major Saïd Chengriha a affirmé que « l’Armée nationale populaire a contribué, aux côtés des services de sécurité, à la réussite de l’organisation d’élections présidentielles libres, honnêtes et transparentes, et à la sécurisation du processus électoral dans un climat de quiétude et de sérénité. Dans ce sillage, nous réaffirmons que nous resterons mobilisés au service de la patrie et nous ne dévierons jamais de nos engagements constitutionnels quelles que soient les circonstances. Et nous ferons toujours face aux ennemis de la patrie et à quiconque tente de porter atteinte à notre souveraineté nationale». L’armée a en effet, veillé, depuis le début des manifestations pacifiques, lors desquelles le peuple algérien a fait montre d’un comportement civilisé et d’un haut niveau de conscience et de maturité, à s’aligner aux côtés du peuple, et a insisté sur la nécessité de satisfaire ses revendications légitimes, de façon à garantir le bon fonctionnement de l’Etat dans le cadre de la légitimité constitutionnelle.

 

R.B.

 



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