Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 113 - Mai 2018

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DGSN

Efficacité et modernité

Inspection régionale de la police de l’Est

Par Hamid BELLAGHA



Englobant 15 Sûretés de wilaya, l’Inspection régionale de police de l’Est, créée en janvier 1996 et dirigée depuis novembre 2014 par le contrôleur de police Mustapha Benaini, a pour mission d’inspecter les structures relevant de la direction générale de la sûreté nationale d’évaluer l’organisation par rapport aux objectifs assignés, et de déterminer éventuellement les dysfonctionnements, afin de contribuer à une meilleure appréciation des services et à une bonne évaluation des cadres et des personnels. Chaque inspection à travers le territoire national regroupe un certain nombre de commissariats centraux.
« Avant de connaitre le contrôleur de police Mustapha Benaini, vous ne connaissiez pas la police. » Une déclaration, une assertion d’un officier de la Sûreté nationale, proche collaborateur de l’Inspecteur régional de police qui en dit long sur l’allure et le profil de celui qui allait être notre guide. Et quel guide ! Lors de notre visite, agréable, il faut le souligner, de l’inspection régionale de la police de l’Est algérien, le contrôleur de police Mustapha Benaini se révélera un généreux pilote pour notre promenade dans les couloirs et les bureaux de l’inspection. Et comment ne pas l’être quand on cumule 35 ans de bons et loyaux services dans le corps de la Sûreté nationale, comme chef de service de wilaya, adjoint chef de Sûreté de wilaya à Alger pendant sept ans, trois comme sous-directeur, chef de la Police judiciaire à la Sûreté de wilaya de Bouira, chef de sureté de la wilaya de Constantine comme signalé plus haut, responsable des services opérationnels, chef de l’aéroport d’Oran, chef de la police des frontières au Sud. La  liste et le C.V. sont loin d’être  exhaustifs. En parfait pédagogue, le contrôleur de police Mustapha Benaini nous expliquera en détails la sureté, la police, le management, la sociologie, et même la médecine ! C’est dire que notre bonhomme, si l’on peut se permettre, est un remarquable officier, assorti d’un gentleman qu’on ne voit que dans les films britishs. Ses connaissances sont tellement étendues qu’on le dirait sorti de Saint Cyr ! Et effectivement, il a fait partie de la prestigieuse académie française … entre autres.
« A l’inspection régionale de police,  c’est la conception, tandis que les 15 suretés de wilaya font  dans l’opérationnel.» Le mot est lâché : conception ! Car le contrôleur de police Mustapha Benaini privilégie la réflexion, le rayonnement et les idées. Des concepts que ses collaborateurs mettent en pratique. Et ils le font avec un grand bonheur.
 « Mon premier outil, un support indispensable de travail, c’est le tableau », commencera par dire notre interlocuteur, « il est indispensable tous les jours pour moi et pour tous mes collaborateurs, et tous peuvent le voir à distance grâce à la vidéoconférence.»
D’autres services régionaux sont venus  renforcer le rôle et la stature des l’Inspection régionale de police de l’Est, notamment les services régionaux des ressources humaines, de la sécurité publique et le bureau de la communication et des relations publiques qui ont vu le jour en 2014, puis le bureau régional de la formation continue. Des appendices aux différentes IRP, recommandés et institutionnalisés par le général-major Abdelghani Hamel, directeur général de la Sûreté nationale, , tiendra-t-on à nous signaler.
« Organisation, fonctionnement et mission. » Les trois mots clés dans le lexique de l’Inspecteur régional de police Mustapha Benaini. Tout  tournera autour de la science. Rien  ne sera laissé au hasard. Les bureaux d’inspection au nombre de cinq sont là pour jauger et parfois juger le travail accompli dans les 15 suretés de wilaya et les pratiques administratives qui y sont utilisées.

La méthode Mustapha Benaini
« L’inspection s’est modernisée de par les nouvelles méthodes de travail, aussi bien en interne qu’en externe. On a adopté le management appliqué pour la gestion et le suivi de l’opérationnel. On inspecte puis on contrôle, ensuite vient le moment des diagnostics et audits des services de police avec une vision externe, » nous expliquera encore le contrôleur de police. Puis suivra la correction nécessaire des suretés de wilayas ou des services audités. C’est dire que l’inspection joue un rôle primordial quand il s’agit de contrôler puis de corriger, remettre sur les bons rails. Et ce, conformément aux orientations du général-major Abdelghani Hamel, où de nouvelles démarches ont été introduites pour ce qui du rôle, oh combien important, des inspections dans l’échiquier de la sureté nationalise, comme le soulignera le contrôleur de police Mustapha Benaini. « Depuis la venue du général Hamel, l’inspection a endossé un autre rôle qui est celui de l’assistance des services ou des suretés de wilayas » soulignera notre interlocuteur fier du C.O.R. (Centre opérationnel régional). « Au centre,  les événements sont écus en temps réel. Nous recevons l’information au temps t, et nous la répercutons vers les divisionnaires, la DGSN immédiatement. A titre d’exemple, nous évaluons les risques avant un match de football, en ce qui concerne d’éventuels débordements. Après analyse, nous communiquons à qui de droit notre diagnostic, pour mettre en place les moyens de prévention nécessaires. Cela est aussi valable pour une manifestation politique ou professionnelle » précise l’Inspecteur régional de police.
Aujourd’hui, la police n’est plus figée dans une formation dispensée au niveau  l’école d’Alger ou de Constantine. C’est une recherche constante de l’excellence à travers des formations continues, aussi bien sur le territoire national qu’à l’étranger, des rencontres, des séminaires ou des perfectionnements. Le bénéficiaire d’une formation devra ensuite répercuter les nouvelles connaissances acquises auprès de ses pairs. D’ailleurs, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) sont automatiquement, devenues un outil indispensable pour le contrôle et le suivi du développement d’un fléau quelconque. La cybercriminalité a  le plus normalement du monde, pris une place prépondérante dans la « chasse » aux cybercriminels. Pour des raisons de sécurité liées aux enquêtes, on se contentera de souligner qu’un officier à l’IRP se charge exclusivement, dans son service, du suivi  des messageries des réseaux sociaux, de messenger à snapshot, en passant par Hangouts et tweeter. Un métier que beaucoup de nos adolescents révéraient d’embrasser ! Tout comme le bureau des infrastructures, avec ses ingénieurs et ses architectes, est présent pour suivre toutes les infrastructures à bâtir ou à pourvoir. Il en est de même de la direction de la communication, en plus de sa fonction interne, qui a pour, aussi, la tache de recevoir et d’être à l’écoute de la société civile et même du simple citoyen. C’est dire que l’inspection ne se meut pas en vase clos, mais  reste ouverte aussi bien pour les tuniques bleues que pour les civils. « On est satisfait davantage quand on découvre le sentiment de sécurité chez le citoyen », argumentera encore le contrôleur de police Mustapha Benaini. Le volet social et médical n’est pas en reste puisque des centres médicaux et sociaux sont au service du policier et de sa famille pour une prise en charge optimale et réelle des besoins des policiers et des civils assimilés, en plus de 46 conventions signées avec des cliniques spécialisées.

Coordination, contrôle, et soutien
 « Le travail par objectif », une disposition du général-major Abdelghani Hamel, adoptée par le contrôleur de police Mustapha Benaini, consistant à cerner les manifestations de délinquance les plus répandus, prioriser certains, et enfin dégager les moyens idoines à même de mettre un terme au phénomène identifié.
Après l’organisation et la formation, notre amphitryon abordera le volet de la conception. « Si au niveau de la direction générale de la Sûreté nationale, on centralise, à l’Inspection régionale de police, on régionalise les informations, qui, bien sûr vont atterrir à la direction générale » indique le contrôleur de police Mustapha Benaini. D’autres mots clés feront aussi partie du lexique privilégié de l’Inspecteur  régional quand il s’agira de conception : coordination, contrôle, et soutien. Tous ces mots clés font que le policier et le citoyen sont de plus en plus proches. « Nous recevons des fois des vœux de la population pour un commissariat de quartier. Le vœu remontera de la sureté de wilaya pour atterrir à l’Inspection, qui, après  contrôle,  aboutira généralement, à la plus grande satisfaction des citoyens quémandeurs. C’est une sorte de partenariat social » nous démontrera Mustapha Benaini, et de nous expliquer que « la DGSN insiste beaucoup sur les entretiens, le manageriat collectif, et ce d’une manière souple et participative. » Nous n’oublierons pas de notre côté, eu égard à l’entretien avec l’Inspecteur  régional, de rappeler que la DGSN a créé une cellule des droits de l’homme dans l’espace de la sureté national, comme rapporté par le général Abdelghani Hamel lors d’une visite d’inspection à la wilaya de Sétif au mois de mars 2018.
A cet effet, le contrôleur de police Mustapha Benaini nous rappellera que les différentes structures de la sureté nationale reçoivent quotidiennement des doléances de la population. « Un tel jugera que ses droits ont été bafoués, un autre estimera qu’il y a eu dépassement dans une procédure. Aussi, on se contentera de dresser un procès-verbal, mais on leur offrira plutôt une assistance par des entretiens, à l’aide de fiches d’entretien qu’il rédigera  lui-même ou par quelqu’un d’autre. Ensuite, la fiche sera transmise  à qui de droit, et les droits du citoyen seront à chaque fois préservés. » Sur un autre sujet, l’Inspecteur régional de l’Est Mustapha Benaini ne manquera pas de souligner activement le rôle de la femme au sein de la sureté nationale. « Elle n’a aucun complexe vis-à-vis de son homologue masculin. Elle s’identifie à son travail, pas à son genre. D’ailleurs, croyez-moi, à l’Inspection de l’Est, on ne voit que la tenue et le grade, pas autre chose. En plus, la femme a aujourd’hui gravi tous les échelons et s’est vue confiée toutes les missions, sans distinctions d’âge ni de genre. Elle s’implique à fond et maitrise à merveille les tâches qu’elle doit accomplir. »

La culture du résultat
C’est une sorte de culture du résultat, culture ayant remplacé les termes d’obligation de résultats, le terme « obligation » étant réfuté par notre hôte. Car aujourd’hui, et comme nous le montrera l’Inspecteur régional Mustapha Benaini, les cadres de la police sont des  universitaires qui se meuvent dans un espace de communication interne pour un échange d’expérience et de savoir.
« Bien sûr que le managérat directif est toujours présent; mais, vu le niveau de nos cadres, nous privilégions plutôt le manageriat participatif, » soulignera encore notre hôte.
C’est donc le plus normalement du monde qu’il y aura le suivi des exécutions ou des mesures pensées, initiées lors des réunions participatives où l’avis de chacun compte.
L’autre orientation spéciale du directeur général de la Sureté nationale concerne l’efficacité dans le travail qui a aussi son rôle à jouer dans le cadre de la modernisation des moyens et des esprits des agents de la DGSN. Un « blâmable », comme nous l’expliquera Benaini n’est pas systématiquement réprimandé encore moins sanctionné. Il passera par « un entretien d’objectif », individuel ou collectif. Erreurs, fautes, manquements professionnels, ou incompétence sont scannés pour essayer de déceler le grain de sable qui a pénétré dans les rouages. Il y aura généralement un recadrage, une remise sur rails.
Finalement pour le contrôleur de police Mustapha Benaini, l’inspection régionale de police  de l’Est, le terme barrière est un mot étrange et étranger. « Mon rôle aujourd’hui, mon devoir est de transmettre mes 35 ans d’expérience au jeunes officiers et cadre de la sureté nationale. Le flambeau doit  être transmis de génération à génération pour que le savoir et le développement deviennent les plus fidèles compagnons du policier d’aujourd’hui ». Conclusion de haute facture de notre guide d’un après-midi au cœur de l’inspection régionale de la police de l’Est.

F. H.



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