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N° 117 - Nov 2018

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DGSN

Des preuves matérielles pour des crimes virtuels

Lutte contre la cybercriminalité

Par Farid HOUALI



Le vol de données personnelles, l’altération de logiciels, la prise de contrôle de sites officiels, les détournements de fonds et les escroqueries commerciales, la transmission de messages à caractère subversif, sont autant de nuisances engendrées par les nouvelles technologies de l’information et de communication (NTIC). En effet, la  cybercriminalité est l’une des formes de criminalité qui connaît actuellement une forte croissance, les criminels exploitant la rapidité et la fonctionnalité des technologies modernes ainsi que l’anonymat qu’elles permettent pour commettre leur activité illicite en tous points du globe : piratage des données et des systèmes informatiques, vol d’identité et escroqueries aux enchères sur le net.  Conscients de cette menace, la Direction générale de la Sûreté natioanle a dans ses  actions,  prospectives visant l’accompagnement du passage de la société algérienne vers l’ère du numérique, adopté, ces dernières années, une stratégie nationale, visant à faire face aux effets de la révolution véhiculée par les nouvelles technologies de l’information et de la communication. « Ces efforts sont mondialement reconnus et salués », s’est félicité le contrôleur de police Nourredine Berrachedi, chef de la sûreté de wilaya d’Alger, selon qui, la cybercriminalité «constitue le  véritable danger des temps modernes». Ainsi, et afin de lutter efficacement contre ce «nouveau fléau», notre interlocuteur a assuré que la DGSN, à sa tête le général-major Abdelghani Hamel (lui-même informaticien de formation), a mobilisé au profit de « ses experts tous les moyens technologiques susceptibles de parer à la commission d’actes malveillants, à travers des mécanismes anticipatifs tendant à rétrécir le champ d’action des criminels ». Une politique qui n’a pas tardé à porter ses fruits, comme en témoigne la désignation par le secrétariat général de l’OIPC-Interpol du commissaire principal de police, Saïd Bachir,  chef de service central de la lutte contre les crimes liés aux technologies  d’information et de communication à la DGSN, pour présider le groupe des  experts d’Interpol de la lutte contre la cybercriminalité, à l’occasion de la 10e réunion des chefs  d’unités de la lutte contre la cybercriminalité des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du nord qui s’est déroulée les 10 et 11 mai dernier,  à Lyon (France). «La DGSN a toujours pris ses devants dans la lutte contre ce phénomène qui constitue non seulement une menace transfrontalière mais qui a son côté complexe et le nombre d’affaires résolues renseigne notamment sur la vigilance accrue des experts de la DGSN qui avait pris toutes les mesures nécessaires pour adapter leurs modes opératoires aux nouvelles exigences en matière de sécurité dont la lutte contre le crime électronique », s’est félicité le commissaire principal de police, Saïd Bachir, que nous avons rencontré dans son bureau. Ainsi, selon un bilan chiffré qui nous a été communiqué lors de cette même entrevue, il a été enregistré jusqu’en octobre dernier, 1500 affaires. Toujours selon le même bilan, le nombre d’affaires traitées qui n’était que de 91 en 2013 est passé à 246 en 2014 puis à 567 en 2015 pour s’établir à 1055 affaires en 2016. Quant au nombre des victimes durant cette même année, il est de 1123 victimes dont 138 mineurs donnant lieu à l’arrestation et à leur présentation devant la justice de 946 individus dont 104 mineurs. « Cela dénote l’expansion dangereuse que prend continuellement le crime numérique et qui exige de ce fait, de chacun de nous, une vigilance accrue », a résumé le commissaire principal de police, Saïd Bachir selon qui la formation « reste » le noyau de toutes les actions menées jusque-là dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité ainsi que toutes formes de crimes organisés via le Net. « La DGSN a programmé des cycles de formation sur la prévention et la lutte contre la cybercriminalité à travers des sessions de formation technique de haut niveau dans le domaine de la lutte contre la cybercriminalité », a assuré à ce propos notre interlocuteur selon qui la Sûreté nationale « déploie également des efforts considérables dans la prévention et la sensibilisation contre les crimes dus à la mauvaise utilisation du réseau Internet, en particulier par les jeunes et les enfants». Aussi, sur le terrain, le nombre d’affaires résolues renseigne notamment sur la vigilance accrue des « experts » de la DGSN qui « avait pris toutes les mesures nécessaires pour adapter leurs modes opératoires aux nouvelles exigences en matière de sécurité dont la lutte contre le crime électronique », si l’on reprenait les affirmations faites à El Djazaïr.com par le commissaire de police Nadir Hacini  chef de la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Sûreté de wilaya d’Alger.

Pister « les infractions utilisant les TIC »
En matière de lutte contre la cybercriminalité sous  toutes ses formes, la  stratégie de la DSGN était également,  orientée  vers la prévention, l’objectif visé étant d’entrevoir une prise de conscience de la société civile à l’égard de ce nouveau phénomène, amenant les différents acteurs, notamment les utilisateurs potentiels des NTIC, les médias et les organes de veille et de recherche, à manifester des actions de mobilisation à travers en premier lieu la multiplication des campagnes de sensibilisation des utilisateurs sur les risques pouvant être engendrés par les TIC, en éveillant la vigilance de victimes potentielles, et la mise en place d’un site web dédié à recevoir les plaintes des citoyens. D’autre part, consciente des effets néfastes véhiculés par l’évolution des NTIC, la DGSN a de tout temps manifesté sur le plan opérationnel sa préoccupation à l’égard de cette nouvelle menace, se traduisant par la mise en place d’un plan d’actions multidimensionnelles, basées sur, entre autres, la formation des personnels et la réorganisation des services. « Ceci a été accompagné par une opération structurelle tendant à renforcer les services de wilaya de police judiciaire par des sections opérationnelles spécialisées dans la lutte contre la cybercriminalité et la mise en place d’une cellule centrale de lutte contre la cybercriminalité, composées de personnels disposant d’un profil adéquat en la matière et ayant déjà subi des formations spécialisées », a souligné encore le commissaire de police Nadir Hacini  chef de la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Sûreté de wilaya d’Alger relevant que ses services ont enregistré durant l’année écoulée, 128 affaires dont 100 ont été solutionnées impliquant 96 personnes dont quatre de nationalités étrangères. Le nombre de victimes, toujours selon le même bilan s’élève à 132 individus dont deux de nationalités étrangères. Cependant, durant les 11 mois de l’année en cours, le nombre d’affaires enregistrées rien que par la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Sûreté de wilaya d’Alger, a augmenté de 117 affaires puisque il s’est établi à 245 affaires dont 94 ont été solutionnées impliquant 114 individus. Et les deux affaires ayant attiré l’attention durant cette même année restent, notamment celle liée  au  piratage du site officiel d’Algérie Télécom dont le mis en cause a été arrêté quelques jours seulement  qu’il ait piraté la banque de données du site électronique officiel d’Algérie Télécom. Il s’agit dans le détail, selon les explications nous ayant été fournies par le commissaire de police Nadir Hacini,  chef de la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Sûreté de wilaya d’Alger, d’un individu résidant dans la wilaya de Batna. Ce dernier a accédé et s’est maintenu frauduleusement dans le système de traitement automatisé avec modification et suppression de données dans le but d’altérer et de bloquer le système informatique et le site électronique de l’opérateur Algérie Télécom. « Il a été arrêté suite à une plainte officielle déposée par le représentant légal de l’opérateur », a précisé notre interlocuteur.  « La plainte déposé contre X a donné lieu à l’ouverture d’une enquête par la brigade de lutte contre la cybercriminalité qui a permis l’identification du mis en cause qui réside dans la wilaya de Batna, et ce après une autorisation d’élargissement de compétences en coordination avec la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la sûreté de wilaya de Batna », a encore ajouté notre officier notant dans ce cadre que la perquisition du domicile du suspect a conduit à la saisie de supports numériques utilisés dans le piratage à savoir deux téléphones portables, un PC portable, une unité centrale avec ses accessoires, un disque dur extérieur et deux disques durs intégrés. Quant à la deuxième affaire, elle est liée au piratage de comptes Facebook, Instagram et Snapchat.   Le principal mis en cause dans cette affaire, selon  le commissaire de police Nadir Hacini,  est un étudiant à l’université de Ouargla en génie mécanique. Il aurait piraté 1 700 comptes Facebook, Instagram et Snapchat. En outre,  le hacker algérien qui « proposait ses services » sur commande contre des sommes d’argent comme sur le DarkNet (Instagram : les adresses email et numéros de téléphone de célébrités sont en vente), faisait aussi chanter ses victimes afin de leur extorquer de l’argent en menaçant de publier leurs photos sur les réseaux sociaux. Il ne sévira plus. Il est pris dans les filets de la « police du Net» relevant de la sûreté de wilaya d’Alger. D’ailleurs, le chef de la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Sûreté de wilaya d’Alger a noté que ces affaires comme beaucoup d’autres ont été élucidées en un temps record.  « Le retour au calme sur le plan sécuritaire qu’a connu le pays nous a permis de nous consacrer à d’autres formes de délinquance, notamment la cybercriminalité qui a été véhiculée par la vulgarisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Je tiens à dire par cela que tout phénomène délictuel ayant des répercussions graves sur la sécurité des citoyens et les biens publics et privés est une préoccupation pour la DGSN », affirmait récemment  dans un entretien à El Djazaïr.com, le DGSN, le général-major Abdelghani Hamel. La lutte contre ce phénomène a en effet enregistré ces dernières années des résultats probants, dus à la formation spécialisée et à la dotation des services en moyens matériels adéquats, notamment les équipements d’expertise de preuves numériques acquis par les laboratoires de police scientifiques aux niveaux central et régional. Ces efforts ont été aussi confortés par le code de procédure pénale, modifié et complété par les dispositions de la loi 06/22, qui a conféré de larges prérogatives aux officiers de police judiciaire dans le cadre de la lutte contre certaines formes de criminalité organisée, dont la cybercriminalité, ce à quoi s’ajoutent les dispositions de la loi 09-04 portant règles particulières de prévention et de lutte contre la délinquance liée aux technologies de l’information et de la communication.

F. H.



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