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N° 114 - Juin 2018

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Habitat

Le Batimatec 2018 placé sous le signe de la transition numérique

Industrie de la construction

Par Yahia MAOUCHI



Le développement du BTPH en Algérie est appréhendé comme une composante stratégique de la nouvelle politique économique gouvernementale. Celle-ci vise notamment la diversification et l’ouverture de l’économie algérienne, mais aussi la valorisation des potentiels existants, la création de richesses et d’emplois, la redynamisation du commerce extérieur avec le renversement de la tendance actuelle basée sur les importations et l’ouverture du pays sur les marchés extérieurs. D’ailleurs, cette année, le Salon international du bâtiment, des matériaux de construction et des travaux publics (Batimatec 2018) est axée sur les thèmes de l’innovation, la transition numérique, l’éco-construction et l’industrie des matériaux de construction avec comme axe majeur la promotion de la production locale dans l’objectif de satisfaire le marché national. Une occasion pour les industriels, producteurs et concepteurs de produits, matériaux et procédés en lien avec le secteur du bâtiment et la construction, les architectes, experts et technologues des services, les investisseurs et porteurs de projets ainsi que les financiers d’échanger leurs expériences en la matière et de conclure des accords de coopération et de partenariat. « J’ai insisté lors de ma visite aux différents stands du salon sur la nécessité de développer des partenariats avec les entreprises étrangères participantes », a déclaré Abdelwahid Temmar, ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, à la presse en réitérant la détermination du gouvernement à encourager la production nationale et à réduire l’importation. Dans ce sens, il a cité l’entreprise Cosider qui produit le coffrage, importé auparavant, et aussi, la céramique, le ciment et le marbre. « Le gouvernement encourage la production nationale pour réduire la facture des importations, et vous l’avez visiblement constaté, la production nationale a pu relever le défi de la qualité. D’ailleurs, le président de la République a, toujours, appelé dans ses nombreuses recommandations, à produire plus. Et nous, en tant que département, et client important du BTP, nous accordons une importance particulière au développement de la production locale à travers le partenariat avec les étrangers », affirme le ministre. Dans le même ordre d’idée, le premier responsable du secteur indique que son département encourage toute démarche de partenariat et de collaboration entre les entreprises publiques et privées, nationales et étrangères, pour la réalisation de projets d’infrastructure ou de projets productifs dans tous les secteurs d’activités.

L’intégration du Building Information Model
Du fait que le salon revêt également une dimension universitaire et pédagogique en s’ouvrant à la recherche développement, l’innovation, les nouvelles technologies, l’efficacité énergétique, les nouveaux systèmes constructifs, l’expertise, l’échange de connaissances et d’informations, les participants à ces rencontres ont abordé la transition numérique dans les diverses filières de la construction qui accusent un grand retard dans ce domaine. Il s’agit, notamment, du Building Information Model (un processus soutenu digitalement pour la planification, la construction de bâtiment qui permet une augmentation significative de la productivité dans l’industrie de la construction), de l’architecture de terre, des nouvelles techniques et technologies de construction, des matériaux de construction performants, de la promotion des produits locaux et de la création, seuls ou en partenariats, de nouveaux produits et procédés de construction, estiment les organisateurs. Le système BIM consiste à faire des maquettes numériques qui permettent de concevoir des ouvrages, de les réaliser virtuellement et de les visualiser sur 3 D avec la possibilité d’introduire des modifications et des extensions sur maquette avant de les réaliser concrètement sur chantier. Cette technologie permet de faire des économies substantielles et même d’écourter les délais de réalisation, en évitant au maître d’ouvrage de faire des essais sur chantier, surtout lorsqu’il s’agit de grands ouvrages tels les hôpitaux ou les universités. Cette technologie ne concerne pas uniquement les architectes, mais tout le secteur de l’urbanisme. D’où l’intérêt des pouvoirs publics à généraliser cette technique pour la substituer d’une manière progressive aux maquettes traditionnelles. En somme, le Batimatec 2018 s’est tenu dans un contexte particulier marqué par l’introduction des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans la nouvelle stratégie de développement économique où les secteurs de l’habitat, de la construction, des grandes infrastructures, de l’hydraulique et des travaux publics occupent une place prépondérante.

Promouvoir l’économie nationale hors hydrocarbures
Le Salon vise également à mettre en perspective les opportunités d’investissements effectives et de partenariats gagnant-gagnant sur l’ensemble de la chaine du BTPH. Cet événement est avant tout réservé aux professionnels et à tous les opérateurs intéressés par la réalisation de projets industriels, des opérations commerciales, des acquisitions de nouveaux procédés, de nouvelles technologies, des produits et services, des équipements. Il est également une vitrine de la production nationale et un carrefour d’échanges pour industriels, producteurs et concepteurs de produits et services, matériaux et procédés intéressant le bâtiment, la construction et les travaux publics, la corporation des architectes et urbanistes, les experts et technologues des métiers dédiés aux secteurs, les investisseurs, les porteurs de projets et les financiers. Cette édition a mis en lumière les entreprises nationales, notamment les PME/PMI innovantes, et mettant sur le marché des produits de qualité, aux normes et aux standards internationaux, avec des taux d’intégration industrielle appréciables. Ce qui leur permet de partir à la conquête des marchés extérieurs. Batimatec 2018 ambitionne ainsi de refléter la bonne santé du secteur de la construction en Algérie. L’Algérie projette dans ses schémas directeurs d’aménagement du territoire d’investir d’ici à 2030, pas moins de 95 milliards d’euros dans les infrastructures, 35 milliards dans les routes, 40 milliards dans le bâtiment et 20 milliards dans le rail.
Rappelons que ce salon a connu cette année encore une très forte participation, aussi bien nationale qu’étrangère, de tous les corps de métiers impliqués d’une manière ou d’une autre dans l’acte de bâtir (entreprises de réalisation, producteurs de matériaux et de matériels de construction, bureaux d’études etc.). Environ un millier de sociétés, parmi lesquelles 440 exposants venus d’une vingtaine de pays (Chine, Turquie, France, Espagne, Italie, Allemagne, Portugal, Tunisie, etc.) ont effectué le déplacement pour faire montre de ce qu’ils produisent et réalisent au mieux. En somme, l’industrie des matériaux de construction a fait un grand pas vers l’amélioration de la qualité des produits qu’elle met sur le marché national. Il faut maintenant oser s’aventurer pour mesurer la qualité des produits algériens et le savoir-faire des industriels. Car, une entreprise qui n’a pas une stratégie d’exportation ne peut être considérée comme viable à moyen et long terme. Rappelons enfin que lors de l’édition 2017, le Salon Batimatec avait enregistré une participation record de 1224 exposants, dont 624 sociétés nationales et 600 sociétés étrangères originaires de 24 pays, sur une superficie d’exposition globale de 44 000 m².
Y. M.



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