Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 122 - Sep 2019

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Sport

Tant qu’il y aura des hommes

L’Algérie décroche sa deuxième étoile africaine

Par Smail ROUHA



C'est fait! L´Algérie, Mecque des révolutionnaires, des révolutions et du football africain, vient de décrocher sa deuxième étoile africaine, 29 ans après le sacre d’Alger. Au soir d’une nuit égyptienne étouffante, les Fennecs ont remporté face aux Lions de la Teranga (1-0), la 32e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), la première à 24 équipes, concluant ainsi leur belle épopée de la Coupe d’Afrique des nations 2019. Invaincus jusqu’à cette étape de la compétition, Ryad Mahrez et ses coéquipiers ont réussi à décrocher le titre à l’issue d’une inédite finale avec les Lions de la Téranga. Un résultat d´autant plus méritoire que c’est la première fois de l’histoire du football algérien, que notre équipe nationale est sacrée en dehors de ses bases. Les coéquipiers de Bounedjah, héros du jour, offrent au football algérien sa seconde coupe d’Afrique des nations. Délicieusement bigarrée, hautement qualifiée, cette équipe-là respire la solidarité, le partage et le talent. Elle donne envie de s´identifier à elle. D´aller au bout des choses tant qu´il y aura des hommes. Les Verts ont administré en terre d’Egypte une leçon de football et une autre de dignité. Pourtant, qui aurait misé quelques dinars sur cette sélection avant le début du tournoi à l’exception de Djamel Belmadi, le sélectionneur national qui avait, le 1er juin dernier, sûr de lui, clairement affiché son ambition de remporter le trophée, au cours d’une conférence de presse tenue au centre technique national de Sidi-Moussa (Alger), à quelques jours du départ des Verts pour Doha (Qatar), en vue du stage précompétitif ? « Ce rendez-vous ne constitue nullement pour moi une étape transitoire. Personne ne nous interdit d’être ambitieux dans la vie. Il fallait bien changer de discours avec les joueurs et ne pas se contenter de dire qu’il fallait réaliser un bon parcours. Nous avons l’ambition de remporter cette CAN. Je devais changer de discours, ce qui constitue une stratégie, c’est ma manière de fonctionner. En revanche, je ne garantis rien, je ne veux pas entendre les gens dire que j’ai échoué dans le cas où on ne remporte par cette Coupe. Nous allons tout faire pour réaliser cet objectif. Je pense que nous avons le droit de viser le plus haut possible, c’est légitime », avait-il déclaré aux médias. Certains observateurs n’avaient pas hésité à évoquer un objectif « démesuré », eu égard à la présence de l’Egypte, qui jouait devant son public, du Cameroun, du Maroc, ou encore du Nigeria, considérés comme des favoris en puissance. Chose promise, chose due. En effet, le temps a fini par donner raison à Djamel Belmadi, élu meilleur entraîneur de la phase de poules, qui a non seulement tenu sa promesse, mais également permis à cette nouvelle génération de rééditer l’exploit de son aînée par la plus belle des manières. Les « z’hommes » ont vaincu. Et viennent de satisfaire le désir de tout un peuple, celui de ramener la coupe dorée à la maison. Une deuxième étoile s’apprête à être brodée sur le maillot au-dessus de l’écusson.

La victoire de tout un peuple

Sacrée au Caire après sa victoire face au Sénégal, l’Algérie a mis fin à près de trente ans de disette. Un titre qui revêt une dimension politique réelle dans un contexte troublé et où le foot aura eu une place à part ces derniers jours. En effet, 2019 est une année historique en tout point pour l’Algérie : démission du Président Abdelaziz Bouteflika, départs successifs de l’ex-président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaïz, ou encore de Mouad Bouchareb, ex-président de l’Assemblée populaire nationale, manifestations monstres et victoire à la Coupe d’Afrique des nations. « On n’avait jamais gagné de CAN hors de nos frontières. Depuis 1990 ça a été un long passage vide. On est un pays de football et on mérite », a ainsi expliqué après coup un Djamel Belmadi devenu un héros national, ajoutant : « Ils l’ont fait, oui. Pour eux, bien sûr. Mais pas que. » Un avis partagé par le gardien de but Rais M’Bolhi qui notait : « C’est incroyable, c’est la victoire de tout un pays, on est très heureux. On leur devait ça (aux gens en Algérie, NDLR), on s’est battus comme des hommes. J’ai envie de penser à tous ceux qui sont en Algérie, c’est pour eux. C’est un peu dur de réaliser, une fois rentrés au pays, on va réaliser. » Mais si cette victoire revêt une autre dimension, c’est aussi qu’elle incarne cette jeune Algérie qui s’est mobilisée contre ses dirigeants vieillissants, en plein hirak. Tout un symbole. Car l’ivresse d’une victoire, cela reste gravé à jamais. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. Celle de la victoire. Celle qui marque une génération. Et celle qui apaise un pays. Oui, le football peut jouer ce rôle-là. Ce n’est pas une Algérie traversée par les heurts sociaux et par une contestation XXL au niveau politique qui dira le contraire.

Une victoire multidimensionnelle

Il a suffi d´un but en finale pour que le bonheur, tant attendu et espéré par tout un peuple, se transforme en véritable liesse populaire. La fierté nationale est sauvée. L´Algérie s´est imposée sur le terrain sportif, certes, mais aussi politique. Les enjeux ont dépassé les sphères sportives et économiques pour s´inscrire dans le sociétal et le politique. La passion de ce sport va même au-delà des frontières d´un terrain de football. Les observateurs sont unanimes à dire que le côté politique a pris le dessus. En s’imposant au Cairo Stadium, l´Algérie a rehaussé son prestige au plan politique. Une chose est certaine, la victoire algérienne acquise sur le terrain aura des répercussions politiques incontestables et laissera des traces en raison du poids du football sur la scène politique nationale. « Je pense que cette victoire va donner plus d’envergure au mouvement populaire, et les joies de vendredi soir en étaient un parfait indicateur que ce soit par la présence massive des jeunes ou bien par les slogans qui ont été scandés. D’aucuns ont fait une lecture selon laquelle lorsque la volonté d’un individu se libère, il est capable de réaliser des miracles et l’exemple de Belmadi (sélectionneur national) en est une parfaite illustration. Le cas Belmadi confirme que la libération du pays du fléau de la corruption portera ses fruits dans tous les domaines. Par conséquent, il est primordial de libérer la volonté politique et d’œuvrer pour que le peuple la recouvre afin de bâtir l’État des grandes réalisations, pas seulement dans le football mais aussi dans tous les domaines. Cela ne se concrétisera qu’avec une opération politique saine et transparente », affirme dans une déclaration au site TSA, le politologue Toufik Bougaada. Une telle victoire sportive va forcément changer le regard de l’étranger sur l’Algérie, à l’instar de celle donnée par la manifestation pacifique du Hirak. Certes, elle renvoie l’image d’un pays confiant, compétitif et fraternel, mais ne saurait retirer la conscience politique et sociale des citoyens en dépit du fait que c’est toujours tentant pour un gouvernement d’être associé à un succès sportif. « Le football peut faire vivre des moments de bonheur intense mais ce n’est pas l’opium du peuple. Les gouvernements peuvent s’en servir comme un élément de softpower mais ce n’est pas une baguette magique non plus », affirmait Pascal Boniface, géopolitologue français, fondateur et directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques, soulignant qu´«au-delà du nationalisme, des prises de position politiques peuvent trouver dans les compétitions internationales une caisse de résonance inespérée».

Un mouvement fédérateur

«L´événement sportif et le soutien à l´équipe ou à la vedette nationale sont le plus sûr moyen de fédérer une nation, de consolider une identité nationale contestée. Les divisions sociales, ethniques, religieuses, régionales s´effacent. Le match de football est un référendum de 90 minutes au cours duquel la réponse est massivement «oui»», conclut Pascal Boniface. Il n´y pas que le peuple qui s´exprime via le football, le monde politique aussi. Néanmoins, il ne faut surtout pas tenter de métamorphoser les vedettes préférées du peuple en soldats de plomb au service de la cause nationale, pour ne pas dire intérêt personnel. « Le symbole d´un pays n´est pas uniquement dans une Equipe nationale de foot, mais ses institutions nationales. Il est aussi dans ses formateurs qui, au quotidien, entretiennent la flamme vacillante de la science. S´il faut une équipe de football pour rassembler les gens et faire qu´ils se parlent, qu´ils se respectent, y a vraiment un problème de fond à régler. Passé l´évènement du football, la réalité crue nous incite à poser les termes du poids réel du pays…», affirme le Pr Chemssedine Chitour.  En effet, richesse nationale, la jeunesse devrait être la préoccupation de tous les départements ministériels comme l’ont été l’«engagement » et « la poigne » du « commando de Djamel Belmadi ». Aussi, tant qu’il y aura des hommes plaçant l’intérêt du pays au-dessus de tout et œuvrant à sa prospérité, l’Algérie se portera bien, notamment tant qu’il y a des femmes et des hommes animés par leur seul désir d’aller de l’avant, à contre-courant de tous les blocages, dans une démarche roborative, créant de la richesse et redorant le blason d’un pays, bien terni, par des décennies de gabegie, d’incompétence et de clientélisme. 

S. R.

Ismaël Bennacer élu meilleur joueur du tournoi

Joueur technique au gros volume de jeu, capable aussi bien de défendre dans la surface de réparation que d’aller marquer en face, Ismaël Bennacer est entré dans la lumière grâce à ses bonnes prestations.Récompensé le soir de la finale par la CAF, l’international algérien Ismaël Bennacer a été désigné meilleur joueur de la CAN 2019 après sa brillante compétition et notamment le premier tour de très haut niveau qu’il a effectué. Désigné à deux reprises homme du match face au Kenya puis le Sénégal, le joueur de 21 ans a brillé durant cette CAN en Égypte. L’international algérien a reçu son trophée juste après la victoire de la sélection algérienne contre le Sénégal (1-0), en finale du tournoi, et c’est le président de la Fédération internationale de football, Gianni Infantino qui le lui a personnellement remis. Ses performances durant la compétition continentale ont ébloui de nombreux clubs. D’ailleurs, l’ancien joueur d’Empoli vient de s’engager avec l’AC Milan pour un contrat de 5 ans. Pour s’attacher ses services, le club Rossonero a déboursé une indemnité de transfert d’environ 16 millions d’euros. Mais si les performances de Bennacer ont surpris beaucoup de monde durant cette 32e Coupe d’Afrique des nations, le sélectionneur national Djamel Belmadi n’avait jamais douté de ses capacités. « Si Ismaël Bennacer a disputé tous les matches, c’est qu’il en avait les capacités », expliquait Belmadi aux journalistes la veille de la finale ajoutant que « c’est un joueur qui a soif et envie de jouer. Cela fait deux ou trois ans qu’il est en sélection sans avoir l’opportunité de jouer, et là c’est un joueur important ». Une confirmation pour ce très actif milieu récupérateur de 21 ans, ayant déjà été élu « meilleur joueur du match » à deux reprises pendant la phase de poules. La première fois, c’était contre le Kenya, pour avoir donné notamment une passe décisive au capitaine Riyad Mahrez, alors que la deuxième fois, c’était contre cette même équipe du Sénégal, contre laquelle il avait réalisé une très belle prestation.Né à Arles (Bouches-du-Rhône) d’un père marocain et d’une mère algérienne, Ismaël Bennacer avait le choix entre trois sélections nationales. Après avoir porté le maillot bleu en sélections de jeunes jusqu’en mars 2016, le néo champion d’Afrique a beaucoup échangé avec les dirigeants des Lions de l’Atlas, qui lui proposaient de rejoindre les espoirs du Maroc. Pressé, le joueur d’Empoli a finalement choisi l’Algérie, la seule nation à lui proposer d’intégrer directement l’équipe première. Trois ans plus tard, le pari est gagnant des deux côtés ! Dans une déclaration accordée au Buteur juste après la victoire de l’Algérie en finale de la CAN 2019 face au Sénégal (1-0), le joueur témoigne son affection pour le pays des Verts, lui qui aurait pu porter les couleurs des Lions de l’Atlas. « Le choix d’opter pour l’Algérie n’était nullement un choix par défaut. Je suis très heureux d’offrir ce trophée au peuple algérien. Je porte vraiment l’Algérie dans mon cœur. On forme une seule famille. On a tenu à aller le plus loin possible dans cette CAN. Maintenant, je ne trouve même pas les mots pour exprimer ma joie », a déclaré Ismaël Bennacer. « Pour être sincère avec vous, ce qu’on a réalisé est un rêve. Ce qu’on a fait n’est pas rien, c’est historique. Remporter la coupe d’Afrique en présence de 24 équipes n’a pas été une mince affaire. On a eu un parcours des plus difficiles. Je pense qu’on mérite cette consécration », dira le meilleur joueur de cette 32e Coupe d’Afrique des Nations.


Quatre joueurs algériens dans l’équipe-type du tournoi

Quatre joueurs algériens figurent dans l’équipe-type de la Coupe d’Afrique des nations CAN-2019 qui s’est clôturée par la consécration de la sélection nationale face au Sénégal (1-0). Les quatre internationaux algériens sont Raïs M’Bolhi, élu meilleur gardien du tournoi, les deux milieux de terrain Adlene Guedioura et Ismaël Bennacer (meilleur joueur du tournoi) ainsi que l’attaquant Riyad Mahrez, récompensé pour son but héroïque face au Nigéria en demi-finale au terme d’un scénario incroyable à la 95e minute (2-1). Le but du capitaine des Verts a été désigné comme étant le plus beau but du tournoi par le jury de la CAF. Son coup franc salvateur a en effet fait le tour du monde et inspiré les enfants algériens qui ont immortalisé avec tendresse ce moment d’anthologie. Le Sénégal domine ce 11 type de la CAF avec 5 joueurs dont 3 défenseurs Lamine Gassama, Youssouf Sabaly, Kalidou Koulibaly, le milieu de terrain Idrissa Gana Gueye et l’attaquant Sadio Mané. Le défenseur tunisien Yassine Meriah et l’attaquant nigérian Odion Jude Ighalo (meilleur buteur) complètent l’équipe-type de la CAN-2019, dirigée par Djamel Belmadi (Algérie), élu meilleur entraîneur.

 

Zinedine Zinedine félicite les Verts

L’entraîneur du club espagnol Real Madrid, Zinédine Zidane, a réagi sur son compte Instagram à la victoire de l’Algérie à la CAN 2019.  Le coach Zinedine Zidane a félicité l’équipe d’Algérie en rendant par ailleurs hommage à son, frère grand amoureux des Verts et décédé durant la CAN 2019 d’une longue maladie. L’icône du football français, qui s’était déjà exprimé sur le combat actuel du peuple algérien, a déclaré sur son compte Instagram « Félicitation à l’Algérie, la victoire de tout un peuple. »  




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