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N° 126 - Jan 2020

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Energie

Le nouveau défi de Sonelgaz

Programme national des énergies renouvelables

Par Farid HOUALI



L’expérience acquise par Sonelgaz dans le domaine des énergies renouvelables à travers 350 mégawatt d’énergie propre produite jusque-là, lui permet en effet, de concrétiser le programme national (des énergies renouvelables) classé parmi les priorités de l’Etat.

« L’introduction massive des énergies renouvelables dans le mix énergétique du pays avec une place particulière donnée au solaire, est une priorité », a assuré le PDG de la Sonelgaz Chahar Boulakhras dans son intervention à l’ouverture des travaux de la 24 Journée de l’Énergie. Il a dans ce contexte rappelé que «le dernier Conseil des ministres a expressément chargé Sonelgaz de réaliser les programmes de développement des énergies renouvelables au vu de l‘importance du gisement solaire de l’Algérie et de sa grande superficie. » Á ce propos, il convient de souligner que les investissements du Groupe Sonelgaz ont permis (jusqu’en juillet dernier) l’installation de 22 centrales photovoltaïques et d’une éolienne dans les Hauts-Plateaux et dans le Sud. Ces infrastructures, ont permis, depuis leur mise en service, de produire 1.850 GWh, donnant lieu également à des gains en gaz (450.000 tonnes) et en fuel (52.300 tonnes) tout en évitant le rejet de CO2 (plus de 1,3 million de tonnes). Mieux encore, le nouveau challenge du groupe Sonelgaz consiste en la réalisation de 9 centrales de production photovoltaïque en hybridation centrales de production d’électricité photovoltaïque d’une puissance de 50 MWc au profit des régions du grand Sud pour un montant global 12 milliards de dinars. Leur réalisation dont le délai est fixé à 14 mois, a été attribuée aux cinq soumissionnaires retenus suite à un avis d’appel d’offres national ouvert, lancé en décembre 2018, par la SKTM (Shariket el Kahraba wa el Taket el Moutadjadida), filiale du groupe public Sonelgaz. Les contrats de réalisation ont été paraphés en août dernier au centre de formation de l’électricité et du gaz de Ben-Aknoun en présence du P-DG de la Sonelgaz qui a affirmé à l’occasion que la réalisation de ce projet dans le Sud permet à l’Algérie d’économiser annuellement 20.600 tonnes de gasoil en moyenne avec un gain estimé à 14 millions de dollars par an. Ces nouvelles centrales hybrides seront implantées dans le Grand-Sud du pays. Elles jouxteront les centrales de turbine à gaz et de fuel existantes de In Gezzam, Djanet, Illizi, Bordj Badji Mokhtar, Adrar, Béchar et Tindouf. La production de ces centrales photovoltaïques sera intégrée au réseau du Grand-Sud et où la demande ne cesse de croître. «L’intérêt de ces nouvelles installations n’est plus à démontrer», a encore souligné Chahar Boulakhras. Cependant, comme l’argent a toujours été « le nerf de la guerre », la transition énergétique «ne se fera pas sans une implication des banques et des assureurs», a laissé entendre le P-DG de la Sonelgaz qui a appelé dans ce sens à «une véritable finance verte qui accompagne l’industrie en finançant des projets électriques».

« Les défis majeurs auxquels a été confronté le programme depuis sa première adoption en février 2011 sont liés essentiellement à la problématique du financement, en termes de mécanismes d’encouragement et de prise en charge des surcouts induits par l’intégration des renouvelables. En effet, la volonté de réaliser ce programme structurant ne doit pas occulter la réalité économique de notre pays : développer une industrie nationale dans le domaine des énergies renouvelables nécessite savoir-faire et surtout disponibilités des ressources financières », notait à ce propos le ministre de l’Energie Mohamed Arkab.

L’Algérie réintègre Desertec

La volonté d’intégrer de nouveau, l’initiative du consortium international DII Desert Energie portant sur le développement des énergies renouvelables a été réaffirmée par le P-DG de la Sonelgaz, Chaher Boulakhras.

«Je salue la création d’un Commissariat aux énergies renouvelables et je voudrai vous signaler notre volonté d’intégrer de nouveau l’initiative DII Desert Energy» a-t-il en effet souligné dans son allocution.

«Notre coopération avec Dii Desert Energie est très importante parce que nous avons arrêté des objectifs ambitieux et prometteurs en matière d‘énergies renouvelables et nous sommes déterminés à faire des vingt prochaines années l’ère du déploiement des énergies durables pour le pays», a-t-il avancé.

Pour rappel, une délégation du secteur de l’énergie, composée des responsables de la CREG, Sonelgaz, et du Commissariat aux énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique avait participé récemment au 10e Forum arabo-allemand de l’énergie à Berlin (Allemagne).

Ce forum a été tenu conjointement avec le 10e Sommet sur le leadership énergétique organisé par Dii Desert Energy, sous le thème « La transition énergétique dans le monde arabe».

Le ministère de l’Energie avait indiqué que l’Algérie était intéressée par la coopération avec le consortium allemand DII Desert Energy (Desertec) afin de renforcer les capacités de production d’énergie d’origine renouvelables et mieux les intégrer dans le système électrique algérien.

Pour l’Algérie, les objectifs principaux de cette coopération portent sur l’initiation et la réalisation des études techniques et économiques pour mieux profiter des potentiels solaires et éoliens et généraliser les EnR, la promotion des projets communs de développement des EnR au niveau national et international et la promotion en commun de la recherche dans le domaine de la fabrication, de l’installation, de l’exploitation et du stockage des EnR.

Il s’agit également de l’examen en commun des voies et moyens pour l’accès aux marchés extérieurs pour l’exportation de l’électricité d’origine renouvelable et le renforcement du partenariat en termes de formation dans les industries des énergies renouvelables et le transfert du savoir-faire et de la technologie. Le ministère avait également annoncé la signature prochaine d’un mémorandum d’entente entre les acteurs nationaux du secteur de l’énergie et cette organisation.

En 2009, un groupe de grandes entreprises allemandes, unies dans DII Desert Energy (alors connue sous le nom de « Desertec Industry Initiative », a lancé l’idée sur la mise en œuvre de projets solaires et éoliens dans les déserts d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (MENA).

Le projet Desertec est un concept visant à utiliser la puissance et la fréquence de l’ensoleillement du Sahara afin de produire de l’électricité et de la distribuer, principalement vers les pays européens.

Ce projet a pour objectif d’assurer la diversification des approvisionnements énergétiques européens à partir d’énergies renouvelables. Il ambitionne de couvrir près de 17% des besoins en électricité de l’Europe à partir de 2050.

Il est porté par la Fondation Desertec et soutenu, entre autres, par une vingtaine d’entreprises allemandes.

Le projet consiste à connecter plusieurs grandes centrales solaires thermodynamiques au réseau de distribution d’électricité qui alimente l’Europe, mais aussi l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Dans un second temps, d’autres types d’énergies renouvelables seront probablement raccordées à ce réseau (ex : éolien, biomasse). Celui-ci pourra notamment être relié avec le réseau européen « Supergrid « d’éoliennes offshore.

 

Cap sur le marché africain

Le groupe Sonelgaz qui a fêté en juillet dernier ses 50 ans d’existence voit grand et les ambitions sont énormes. En effet, Sonelgaz part à, la conquête d’autres marchés, africains notamment. Son P-DG Chahar Bulakhras, a évoqué lors des travaux de la 24e Journée de l’Énergie l’engagement du groupe en Guinée-Equatoriale pour accompagner ce pays dans le cadre de l’exploitation de son réseau gazier à partir de ses ressources off-shore grâce aux capacités de Sonelgaz. «L’Algérie à travers le groupe Sonelgaz possède d’importantes capacités dans l’export de l’expertise et des équipements électriques vers l’Afrique», a fait savoir Chahar Boulakhras soulignant le potentiel important que représente le marché continental en matière d’équipements et d’expertise du secteur électrique. Pour rappel, la Sonelgaz et la Société nationale de Gaz de Guinée Equatoriale ont signé le 28 novembre dernier, un mémorandum d’entente pour renforcer leur coopération dans divers domaines liés à leurs activités.

Prenant part à la Conférence Africaine sur le pétrole et l’énergie tenue à Cape Town (Afrique du Sud) en octobre dernier, Chaher Boulakhras a relevé les grands projets d’interconnexions électriques avec les pays du Maghreb mais aussi l’ambition de Sonelgaz d’examiner et de profiter de toutes les opportunités nouvelles d’investissement et d’affaires en Afrique.  «Au-delà des projets d’interconnexions électriques, nous souhaitons étendre notre partenariat encore plus vers l’Afrique Subsaharienne. Nous avons développé de l’expertise que nous pouvons partager à travers des partenariats dans la formation, dans les études mais aussi dans la réalisation des réseaux électriques et gaziers, notamment dans le cadre de l’électrification rurale et la distribution du gaz par canalisations», a-t-il fait savoir. Pour le P-DG de la Sonelgaz, «améliorer l’accès à l’énergie en Afrique est parfaitement possible grâce aux mini-réseaux de petite-taille que nous avons déjà développés, avec succès, dans les régions difficilement d’accès en Algérie». L’Algérie a aussi «avancé dans la fabrication des équipements, comme les turbines électriques de petite et de grande puissance, des systèmes contrôle-commandes, des alternateurs, transformateurs, isolateurs, pièces de rechange etc. Mais aussi dans le domaine de l’ingénierie, l’approvisionnement et la construction et l’engineering de détail», a-t-il soutenu.  D’ailleurs, la société de maintenance des équipements industriels (MEI), filiale du groupe Sonelgaz, vient de signer sa première commande afin de fournir des équipements énergétiques nobles de haute technologie, d’une production locale d’un montant de 7 millions de dollars et destinée à l’exportation. Cette commande arrive après la finalisation du processus de qualification par General Electric (GE) pour les ateliers de MEI. «Les commandes à MEI vont augmenter progressivement pour atteindre un montant annuel de 90 millions de dollars par an sur la période 2017-2037», a estimé le P-DG de Sonelgaz. Avec un taux d’intégration, variant entre 25% et 30%, ce projet permettra d’économiser pour le pays des importations de 200 millions de dollars par an. Selon le responsable, le groupe est « déterminé à progressivement abandonner le clé-en-main pour les ouvrages complexes. Et domicilier graduellement la fabrication en Algérie ».

F. H.

 



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