Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 126 - Jan 2020

Go

Energie

L’Algérie sur tous les fronts énergétiques

En assurant présidence de l’OPEP, de l’OPAEP et du GECF

Par Salim FAROUK



L’Algérie est partie en force pour 2020 sur le plan énergétique en se déployant sur trois fronts des plus intéressants sur le plan international, consacrant sa présence effective sur ce registre qui fait notamment sa fortune. En effet, le Conseil ministériel de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP) a confié, lors de sa 103e réunion tenue au Koweït, la présidence à l’Algérie au titre de l’année 2020.  De ce fait, l’Algérie assurera, en 2020, la présidence de trois importantes organisations énergétiques internationales, à savoir l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP) et le Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), ce qui témoigne de la place qu’elle occupe sur la scène énergétique internationale. D’autant que lors de la 21e réunion ministérielle du Forum des pays exportateurs du gaz (GECF), tenue les 2 et 3  octobre 2019, à Moscou (Russie), les ministres ont approuvé la proposition de tenir la 22e réunion ministérielle du GECF en Algérie en novembre 2020. En effet, le Conseil ministériel de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP) a confié, lors de sa 103e réunion tenue au Koweït, la présidence à l’Algérie au titre de l’année 2020. A l’issue de la désignation de l’Algérie à la présidence de l’OAEP, le chef de la délégation algérienne, Kamel-Eddine Chikhi, P-DG du groupe Sonatrach, a exprimé la fierté de l’Algérie d’assurer cette responsabilité. « Notre pays continuera à soutenir l’OPAEP dans le but d’encourager l’industrie pétrolière arabe et la complémentarité entre ses pays membres pour permettre à ce secteur de s’acquitter de son rôle de moteur du développement socio-économique au service de nos pays arabes », a déclaré M. Chikhi. En outre, Kamel-Eddine Chikhi a fait savoir que « l’année 2020 sera riche en activités visant la consolidation de la coopération entre tous les membres pour œuvrer ensemble à la préservation des équilibres du marché en faveur des pays producteurs et consommateurs ». L’OPAEP a été fondée en 1968 par le Koweït, la Libye et l’Arabie saoudite. L’Algérie y a adhéré en 1970. Composée de 10 pays membres, cette organisation, dont le siège est au Koweït tend à coordonner les politiques énergétiques des pays arabes dans le but de promouvoir leur développement économique. Sur le plan régional, elle organise la coopération sur le développement du pétrole, les projets collectifs et l’intégration régionale. Au début du mois de décembre, l’Algérie s’est vu attribué la présidence tournante de l’OPEP pour 2020 succédant ainsi au Venezuela. Lors d’une cérémonie en présence du Secrétaire général de l’Opep, Mohammed Barkindo, organisée, avant le début des travaux de la 17e réunion ministérielle du Comité conjoint de suivi de l’accord Opep-non Opep, tenue le 5 décembre dernier à la capitale autrichienne Vienne, le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, a pris la présidence tournante de l’OPEP que l’Algérie assurera à compter du 1er janvier 2020, succédant au Venezuela. Une décision accueillie favorablement grâce aux bonnes relations de l’Algérie avec tous les pays. A cette occasion, le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, tout en soulignant que « l’Algérie s’honore d’assurer la présidence des réunions de l’Opep en 2020 », et exprimant son souhait que cette année «sera pleine de réalisations dans l’intérêt des pays membres», avait déclaré que les pays membres de l’OPEP ont qualifié la prochaine année « d’année de défis ». 

L’Algérie joue un rôle actif dans le rapprochement des vues dans le cadre de l’accord de coopération Opep-non Opep, visant à soutenir les prix du brut. « L’Algérie n’a eu de cesse d’œuvrer au rapprochement des vues entre les pays frères et amis (…), après la nationalisation des hydrocarbures, au début des années 1970, elle avait accueilli le premier sommet des souverains et chefs d’Etats membres de l’Opep, en 1975, qui avait été sanctionné par sa première déclaration officielle », a affirmé le ministre de l’Energie tout en rappelant que « l’accord historique d’Alger, du 28 septembre 2016, a instauré les fondements de la proclamation de la coopération Opep-non Opep. Cet accord adopté par 25 pays producteurs a démontré la capacité collective de l’Opep à travailler avec flexibilité et bonne gouvernance, donnant au marché du pétrole une vision claire et transparente, notamment concernant le niveau mensuel de l’offre des 25 pays signataires ». Aussi, le ministre a réaffirmé que « l’Algérie poursuivra ses efforts au profit des producteurs, des consommateurs et de l’industrie pétrolière en vue de réaliser l’équilibre du marché international ».

 

Des défis et des enjeux

Certes, la réunion de l’Opep-Non-Opep, tenue à Vienne (Autriche), a été sanctionnée par un accord portant réduction de la production du pétrole à hauteur de 500.000 barils/jour, pour soutenir les cours du brut, portant, ainsi, la réduction globale de la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de ses alliés à 1,7 million de barils/jour. Une première grande victoire pour l’Algérie dont le défi est de parvenir à une baisse globale de la production de quelque 1,7 million de barils par jour par l’Opep. Néanmoins, il n’en demeure pas que si les facteurs de base sont bien sûr l’offre et la demande, ces mêmes facteurs dépendent énormément et même de plus en plus depuis plusieurs années de facteurs externes ou géopolitiques comme la guerre commerciale entre les USA et la Chine.  Sans oublier la mutation continue des modèles de consommation énergétique au niveau des plus gros consommateurs à l’échelle mondiale, grâce aux énergies renouvelables, au progrès technologique qui entraine des économies d’énergie presque équivalentes au taux de croissance de la demande. En outre dans un futur proche, le marché pétrolier devrait évoluer en fonction de nouveaux paramètres essentiellement technologiques et géopolitiques. Si dans la théorie, le marché est le lieu «virtuel» où se rencontrent l’offre et la demande sur un produit pour en former le prix de cession, dans la réalité, les choses ne sont pas aussi simples. «L’Algérie poursuivra ses efforts au profit des producteurs, des consommateurs et de l’industrie pétrolière en vue de réaliser l’équilibre du marché international», a assuré Mohamed Arkab. Un défi à relever pour éviter une nouvelle dégringolade des cours de l’or noir qui pourrait être fatale aux pays producteurs dont les économies dépendent essentiellement de leurs revenus pétroliers et dont fait les frais l’Algérie dont l’un des défis est de faire régner la discipline au sein de l’OPEP dont l’accord devrait s’achever en mars prochain. D’autant que les stocks mondiaux seront de retour l’an prochain, selon les experts qui prévoient 800 000 barils par jour d’excédents. En outre, au pétrole de schiste américain qui a fait des États-Unis le premier producteur mondial, viendront s’ajouter les nouveaux barils produits au Brésil ou en Norvège. Et ce, alors que la consommation de pétrole risque d’augmenter moins que prévu : la guerre commerciale entre Washington et Pékin s’éternise et pourrait ne pas trouver de règlement avant les élections américaines de novembre prochain. Tandis que les compagnies russes font pression pour quitter l’OPEP et ouvrir à nouveau grand les vannes. Alors que l’Iran trouve également injuste de porter, contrainte et forcée par les sanctions américaines, les efforts de diminution de la production de l’OPEP, entre temps elle n’a respecté qu’à 26% ses quotas le mois dernier. Au moment où le Nigeria ne faisait pas beaucoup mieux, en dépit du fait que le secrétaire général de l’OPEP n’était autre que le  Nigérian Mohammed Barkindo. L’autre défi est de maintenir un prix d’équilibre du baril assurant aux pays de l’OPEP le niveau de revenus attendus, tout en veillant à ce que des conflits et des recompositions géostratégiques ne viennent pas chahuter la logique «  marchande » de l’accord de Vienne, garante d’un minimum de cohésion, tout en espérant que  la courbe de la demande mondiale sur le pétrole continue à dépasser celle du progrès des nouvelles technologies dites vertes.

S. F.

 

 

 

 

 

 



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Salim FAROUK

Les plus lus

L’Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Les règles de l’immigration légale
Par maître Serge Pautot, .

Sider El Hadjar
Par Yahia MAOUCHI .

Télécharger version PDF

Version PDF