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N° 125 - Dec 2019

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Energie

« Sonatrach respectera ses engagements internationaux »

Mohamed Arkab, ministre de l’Energie

Par Farid HOUALI



De par ses caractéristiques, l’industrie du raffinage est assujettie aux évolutions et mutations qui sont en train d’être opérées sur le marché national et international essentiellement en termes d’offre et de demande de produits pétroliers sur le plan qualitatif et quantitatif. Dans ce cadre, les trois grands projets de réhabilitation de raffineries ont été lancés visant à l’augmentation des capacités et d’adaptation pour la fabrication des essences aux normes euro 2009. Il s’agit de la réhabilitation et augmentation de la capacité de traitement de la raffinerie de Skikda pour porter sa capacité à 16,5 millions tonnes/an de pétrole brut, soit une augmentation de 10%, de la réhabilitation et augmentation de la capacité de traitement de la raffinerie d’Arzew pour porter sa capacité à 3,75 millions tonnes/an de pétrole brut, soit une augmentation de 50%, et de la réhabilitation et augmentation de la capacité de traitement de la raffinerie d’Alger pour porter sa capacité à 3,645 millions tonnes/an de pétrole brut, soit une augmentation de 35%. Ces opérations de réhabilitations ont d’ailleurs permis de relever leur capacité de production et de s’affranchir, à partir de cette année, de l’importation de carburant. « La réhabilitation des raffineries de pétrole, à l’instar de celle de Sidi R’zine (Alger), a permis l’augmentation de leur capacité de production », s’est en effet félicité Mohamed Arkab, ministre de l’Energie, dans sa déclaration à la presse en marge d’une visite de travail et d’inspection de projets relevant de son secteur à Alger. Le ministre a, dans ce cadre, mis l’accent sur les industries pétrochimiques en vue de doubler le volume des recettes et de créer des postes d’emploi au profit des jeunes diplômés universitaires. « Il est nécessaire de développer et d’ouvrir l’industrie pétrochimique aux secteurs public et privé », a insisté Mohamed Arkab affirmant que « l’opération de réhabilitation mènera inéluctablement à une surproduction qui sera destinée à l’exportation ». Pays producteur et exportateur de pétrole, l’Algérie importe, malheureusement, de nombreux produits dérivés du pétrole. Les carburants et produits pétroliers pèsent lourdement sur la facture à l’importation. De l’ordre de 2 milliards de dollars consentis annuellement, cette facture d’importation des produits raffinés (essence) pourrait bien s’avérer quelque peu salée, eu égard au contexte d’amenuisement de la finance publique provoqué par la chute des prix du pétrole, mais aussi compte tenu de l’orientation des pouvoirs publics dont l’un des objectifs inscrits en première ligne porte justement sur la réduction des importations. Une tendance qui devrait être rectifiée à l’horizon 2020. « Notre objectif est d’atteindre l’autosuffisance en produits raffinés et l’exportation des excédents », a assuré Mohamed Arkab ajoutant que Sonatrach est assez performante pour pouvoir négocier ses prix sur les marchés extérieurs. Après avoir inauguré deux postes de transformation électrique (30/60 kilowatts) à Zéralda et Souidania, le ministre de l’Energie a fait état de la réalisation en cours de 37 autres postes, au niveau national, dont 9 ont été parachevés et les autres à l’horizon 2025. Pour sa part, Chahar Boulakhras, P-DG de Sonelgaz, a précisé que plus de 300 postes de transformation électrique sont actuellement en cours de réalisation à l’échelle nationale.

 L’incident d’Arzew sans conséquences

Revenant sur l’incident survenu au niveau de l’unité de production relevant du complexe de liquéfaction du gaz (GNL 1Z) à Arzew, le ministre a affirmé qu’il « n’a eu aucun impact sur la production. Sonatrach respectera tous ses engagements vis-à-vis de ses partenaires ». Le ministre s’était, pour rappel, rendu (le lendemain) sur les lieux pour constater les dégâts et s’enquérir de la situation du complexe mais aussi des deux agents qui « avec leur acte de bravoure et leur héroïsme », pour reprendre ses propos, ont évité à la compagnie le pire. Selon le ministre, l’incident a été vite maitrisé grâce à la perspicacité des agents de Sonatrach, fortement salué, lesquels ont rapidement déclenché le dispositif Plan d’Assistance Mutuel (PAM). Selon Arkab, Sonatrach dispose d’un plan de sécurité et de maintenance des plus performants et conforme aux normes internationales. «Toutes les unités de Sonatrach sont dotées de mesure de sécurité stricte », a-t-il relevé tout en mettant l’accent sur les compétences du groupe grâce auxquelles l’incendie au GL1Z a été cerné rapidement évitant la propagation du feu dans les six autres unités de productions qui se trouvent au niveau du même complexe d’Arzew. Le plus important pour le ministre, c’est qu’il n’y ait pas eu de pertes humaines, notant que « la production de raffinage de Sonatrach n’a pas été impactée et tous les contrats seront respectés à 100% ». « Sonatrach travail avec anticipation. Elle dispose de stock qui lui permet de couvrir sa demande », a-t-il assuré. Un avis partagé par Rachid Hachichi, Président-directeur général de Sonatrach, qui s’est montré  rassurant quant aux conséquences de cet incident sur la future production de la Sonatrach.. 

Du rôle crucial de l’Algérie à l’OPEP

En marge de la réunion, de la 176e Conférence des pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, qui s’est tenue récemment, à Vienne et qualifiée de « grand succès », Mohamed Arkab a révélé que « l’Algérie a joué un rôle important dans la recherche d’un consensus et dans l’élaboration du projet final ». En effet, l’Algérie a toujours joué un rôle important dans la stabilisation du marché pétrolier, de l’avis même des observateurs internationaux. Disposant de facteurs objectifs l’habilitant à jouer un rôle de « leader » dans les fora internationaux, à savoir sa position stratégique, sa superficie et les ressources dont elle recèle outre ses performances économiques et l’intérêt qu’elle accorde à la justice sociale, l’Algérie reste soucieuse de jouer un rôle stabilisateur à la faveur des relations exceptionnelles qu’elle entretient avec ses partenaires. Prônant constamment une approche de coopération privilégiant la concertation et le dialogue entre l’ensemble des pays exportateurs, qu’ils soient membres ou non de l’OPEP, l’Algérie a multiplié les démarches dans l’objectif de faire converger les positions. Le fait ne date pas d’aujourd’hui. Bien au contraire. L’Algérie ayant adhéré à l’OPEP en 1969, qui fut créé en 1960, a joué un rôle actif au sein de l’Organisation. Malgré son poids relativement modeste en termes de réserves et de production de pétrole, l’Algérie a eu à jouer un rôle important et parfois décisif, dans les décisions et orientations de l’OPEP. Commentant les résultat de la réunion de Vienne, Mohamed Arkab indiquera que « pour ce qui est du marché pétrolier, nous sommes d’accord pour prolonger l’accord de réduction de la production des pays OPEP et non-OPEP de 1,2 Mbj au 31 mars 2020», en poursuivant que «ceci, aura sans doute un impact très positif sur l’équilibre du marché pétrolier et permettra de réduire de manière substantielle l’excédent des stocks mondiaux de pétrole».

Il a affirmé que « le second résultat très positif est l’accord sur un projet-cadre de coopération à long terme entre les pays de l’OPEP et les pays non-OPEP. Ceci permettra d’ancrer cette coopération et de la structurer et d’attirer d’autres pays producteurs de pétrole ».

F. H.

 



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