Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 123 - Oct 2019

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Energie

Tous les indicateurs sont au vert

Naftal

Par Yahia MAOUCHI



Evoluant dans un marché ouvert et concurrentiel, la Société nationale de commercialisation et de distribution des produits pétroliers (Naftal), a su compenser et garder son équilibre financier. Ainsi, l’exercice 2018 de Naftal a été marqué par un volume de vente sur le marché national de plus de 16 millions de tonnes, tous types de produits confondus, avec une stabilité dans la consommation, +0,1%, par rapport à 2017. Ainsi, pour ce qui est du GPL, butane, propane et gaz de pétrole liquéfié carburant (GPL/c), Naftal a commercialisé 2 millions de tonnes, avec une augmentation de 9%, tirée par le GPL/c qui a connu une évolution de 42%. « L’engouement vers le GPL/c a fait qu’on est passé de 400 006 tonnes en 2017 à 575 000 tonnes en 2018. L’augmentation des prix des carburants a induit la baisse de la consommation par rapport aux année précédentes, une tendance qui ne cesse de s’accélérer laissant la place au GPL/c. Tout le monde veut se convertir aujourd’hui vers le GPL/c. Cette tendance va encore augmenter», affirme à El Djazair.com, Rachid Nadil,  président-directeur général de Naftal. Néanmoins, notre interlocuteur a tenu à préciser que la vente des carburants se taille la part du lion avec 12,8 millions de tonnes, soit une diminution de -1%. « Dans la consommation des carburants nous avons le gasoil et les essences. Les deux produits ne se comportent pas de la même manière. Le gasoil n’a pas connu une baisse de consommation, nous avons enregistré +1%, pratiquement une stabilité en matière de consommation du gasoil, avec un volume de 9,1 millions de tonnes, commercialisés en 2018. Pour ce qui est des essences, nous avons enregistré 3,7 millions de tonnes, avec une diminution de - 6% par rapport à 2017 » tient à préciser le premier responsable de Naftal. Par ailleurs, pour ce qui est des lubrifiants, Naftal a commercialisé en 2018 plus de 68 000 tonnes, soit -4% par rapport à 2017. En outre, pour les bitumes, Naftal a réalisé 400 004 tonnes, soit plus de 8% par rapport à 2017. En outre, en dépit de la forte concurrence sur les produits dits libres, Naftal a enregistré en 2018, avec l’activité pneumatique, une forte progression en termes de vente + 21%, soit plus de 53000 unités vendues.

Une évolution de +42% pour le GPL/c
Pour être à la hauteur des attentes de ses clients et être plus agressifs sur le marché national, les responsables de la filiale de Sonatrach, s’attellent à revoir leur politique d’achat. « Il faut revoir notre politique d’achat. Nous étions trop lents en matière de lancement des appels d’offres. Pour cela, nous allons mettre en place une procédure d’achat qui nécessitera le moins de temps possible. Pour atteindre cet objectif, il faut faire du porte-à-porte et être à l’écoute de nos clients », prône M. Nadil, avant de préciser que son entreprise ne bénéficie pas de subventions de l’Etat. « Les prix des carburants et des GPL sont fixés par l’Etat, idem pour les marges bénéficiaires. Tous les opérateurs commercialisent leurs produits au même prix fixé par décret. Concernant les GPL, nous enregistrons chaque année un déficit de 7 milliards de dinars. Idem pour les carburants, où nous avions enregistré un déficit annuel de plus de 2 milliards de dinars. Cependant nous arrivons à équilibrer avec les augmentations des marges », révèle le responsable. Pour équilibrer ses finances, Naftal compte sur d’autres produits ayant des marges bénéficiaires importantes. « Nous équilibrons nos comptes grâce aux produits à marge de vente libre, en plus des bitumes et des kérosènes. Certes, si les prix ne sont pas libres à l’échelle nationale, ils le sont à l’échelle internationale. Tous ces produits à marge libre contribuent à l’équilibre financier de l’entreprise », ajoute-t-il. Enfin, cet important volume de vente a été réalisé en dépit des contraintes majeures exogènes qui ont fortement perturbé les programmes de ravitaillement et de livraison et généré des surcoûts à la société en raison du recours intensif à des modes de transport onéreux tel le cabotage.

Les grands défis à relever
Concernant les grands défis à relever en matière de vente, les responsables de Naftal s’affairent à récupérer 4% du marché des lubrifiants, et à réaliser une progression minimum de 5%. Idem pour les bitumes, le défi est d’avoir plus de parts de marché. Pour atteindre cet objectif, Naftal a signé un partenariat avec des Espagnols. « Nous allons signer un autre partenariat avec les Allemands. Les Espagnols sont spécialisés dans les bitumes destinés aux régions froides, et les Allemands dans les bitumes des régions chaudes (Sud). Pour 2019, nous allons essayer de capter le marché du Sud en bitume », dévoile M. Nadil. Concernant l’activité pneumatique, et afin de reprendre des parts de marché, Naftal a procédé à la signature d’un protocole d’accord de partenariat avec le groupe IRIS, qui est en train de construire un complexe industriel de pneumatique à Sétif. « Ce groupe dispose d’usine, et nous du réseau, ce sera un partenariat gagnant-gagnant. Cela nous permettra de ne plus importer, de gagner du temps et d’avoir des pneus de bonne qualité à des prix concurrentiels », souligne-t-il. Mais satisfaire le marché en GPL/c demeure l’un des grands défis auxquels doit faire face aujourd’hui Naftal. Pour atteindre cet objectif, il est impératif d’améliorer les capacités de conversion, la disponibilité des stations équipées par le Sirghaz, la disponibilité des produits, l’augmentation des capacités de stockage, le développement du réseau transport.  Quant au renforcement des capacités de conversion, Naftal a engagé des actions visant le lancement de nouveaux centres, à l’instar de celui de Relizane d’une capacité de 40 000 tonnes/an. Pour promouvoir l’utilisation du GPL/c, des conventions portant la création de micro-entreprises spécialisées dans la conversion de véhicules en GPL/c, ont été signées entre Naftal et deux dispositifs d’accès à l’emploi, Cnac et Ansej. Un accord qui prévoit la prise en charge par Naftal de la formation des futurs jeunes investisseurs désirant opérer dans la conversion des véhicules en GPL/c. Naftal aide ainsi financièrement ces jeunes promoteurs à créer leur entreprise dans ce créneau. Ils deviendront des agents agréés de Naftal. « Le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, insiste toujours sur la priorité que devait être donnée aux jeunes, pour qu’ils soient formé et puissent ainsi construire leur propre centre de conversion », rappelle-t-il.

Une usine de fabrication de kit/GPL bientôt en Algérie
Ainsi, vu le besoin du marché national en matière de kit/GPL, Naftal a engagé des négociations avec des fabricants européens pour introduire cette industrie en Algérie, sachant que Naftal fabriquait déjà localement plusieurs parties du kit en question dont le réservoir. « Nous sommes en train de négocier avec deux firmes, une italienne et une polonaise. Nous allons tirer profit de la technologie des Italiens. Avec les Polonais, nous allons monter carrément une société mixte. Les négociations vont bon train, en attendant l’aval des services concernés », dévoile le premier responsable de Naftal. L’autre défi à relever a trait à l’augmentation des capacités de stockage de l’entreprise. « À cet effet, nous sommes en train d’acquérir les moyens nécessaires pour l’acheminement du GPL/c, tels que des camions spéciaux conçus pour le transport de ce produit. Nous travaillons également d’arrache-pied pour doter le maximum de stations en cuves de Sirghaz. Actuellement nous disposons de 750 stations à l’échelle nationale, et notre objectif est d’atteindre les 1500 à l’horizon 2020. Une fois toutes les stations dotées et les centres de conversions disponibles, nous atteindrons l’objectif tracé par les pouvoirs publics d’un million de véhicule convertis au GPL/c. Un challenge à notre portée. Aujourd’hui nous avons dépassé les 500 000 véhicules convertis au GPL/c », se félicite-t-il. « Et conformément aux orientations de notre tutelle, nous ambitionnons, avec le concours des opérateurs privés, d’atteindre à l’horizon 2021 l’objectif de 1 million véhicules convertis au GPL/c que nous estimons largement à notre portée », rassure M. Nadil.
Une autonomie nationale de stockage de carburants de 30 jours
Le projet d’augmentation des capacités de stockage initié depuis deux ans enregistre des avancées notables, pour ramener l’autonomie en carburants, à la fin du premier trimestre courant à 17 jours contre 12 jours actuellement. L’objectif tracé à l’horizon 2022 est d’atteindre une autonomie nationale de 30 jours pour satisfaire pleinement la croissance de la demande nationale en carburants, appelée à s’accentuer dans les années à venir. « Arriver à 30 jours d’autonomie en matière de carburant et éradiquer le camionnage et le cabotage qui consomment beaucoup de gasoil vont nous permettre d’économiser plus de 6000 milliards de dinars annuellement», révèle Rachid Nadil.

Développement et modernisation du réseau stations-service
Le programme de développement et de modernisation du réseau de stations-service vise la mise en conformité des stations aux standards internationaux, la sécurisation des sites, le respect de l’environnement et la mise à disposition des clients d’un maximum de prestations (hors fuels) et d’un lieu de détente et de convivialité. « Concernant la réalisation des stations-services autoroutière, nous sommes aujourd’hui à 33 stations opérationnelles sur les 42 prévues. Deux nouvelles stations seront mises en service cette année à Skikda tandis que celle de Taref est prévue pour début 2020. Deux autres seront implantées près de la frontière tunisienne, et nous sommes en train de chercher un terrain adéquat pour la réalisation de deux stations à Bouira. Mais d’ici fin 2021, on aura terminé avec toutes ces stations », affirme le premier responsable de Naftal. Par ailleurs, pour parer au manque des stations-services, des pourparlers sont actuellement en cours entre les responsables de Naftal et certains walis. C’est le cas notamment de la pénétrante reliant Bouira à Béjaïa, et celle de Boughezoul. « En plus de moderniser nos stations-services et de les doter de toutes les commodités nécessaires, nous sommes en train d’investir dans l’énergie solaire. Nous avons eu la chance de bénéficier du soutien du PDG de Sonatrach. Le projet inscrit dans la SH-2030 consiste à doter toutes les stations autoroutières de panneaux photovoltaïques, dans un premier temps, avant que cette opération ne soit généralisée à toutes les autres stations », se félicite le responsable.

Le hors fuel comme source de gains et de profits
Les activités hors fuel qui représentent des bénéfices potentiels pour les stations-services font l’objet d’intérêts particuliers de la part de la direction générale qui veut développer davantage cette source de richesses, en la hissant aux pratiques et standards internationaux, à travers des partenariats nationaux et internationaux mutuellement avantageux avec des chaines d’hôtellerie de renommée internationale ainsi que de la grande distribution qui capitalisent une expérience avérée dans ce domaine. A cela s’ajoute également une large programme de développement de la publicité au niveau du réseau stations-service qui intéresse déjà des acteurs de la publicité et des annonceurs de premier rang. « Au début, notre priorité était de rendre le produit carburant disponible, en plus bien sûr des sanitaires. Nous avons un peu mal conçu notre cahier des charges, premier arrivé premier servi. Mais par la suite, nous l’avons revu, il est bien ficelé. Aujourd’hui, nos stations sont plus modernes, cette amélioration va continuer. Et dans les défis de 2019, cette amélioration va toucher les stations des centres-villes. Des stations qui seront dotées de petites superettes et de sandwicheries, avec un cahier des charges strict et rigoureux » promet-il.

Développement du réseau transport par canalisations
Enjeu majeur pour le développement de l’entreprise, le transport par canalisations, un des maillons clés de sa chaîne de valeurs, prend une importance de plus en plus grande qui correspond à une augmentation constante des quantités des produits transportés et des consommations en énergie. Dans ce registre, Naftal a entrepris un vaste programme d’investissement visant à sécuriser l’approvisionnement du pays en produits pétroliers, à travers un maillage intelligent de pipelines des différentes zones du pays. Rachid Nadil estime que ces pipes permettront un transport plus sûr et permanent du carburant et du gaz, la réduction du coût, la protection de l’environnement et la réduction des accidents de la route. Selon lui, l’acheminement de GPL/c depuis Skikda vers Alger se fait actuellement par bateau, mais en cas de météo défavorable, on fait recours aux camions et aux trains, et parfois, il n’est pas possible de faire appel à ces moyens en même moment, et Naftal doit approvisionner les citoyens en carburant et gaz », explique-t-il, ajoutant : « En parallèle nous avons lancé le tronçon Skikda-Alger en matière de carburant. Le tronçon Skikda-Khroub est achevé. Celui reliant Skikda à El Eulma est en phase d’achèvement. Il nous reste El Eulma-Alger, nous sommes à 60% du taux d’avancement des travaux ».

Une usine de régénération des huiles usagées
Par ailleurs, l’autre grand projet d’investissement qui a reçu l’aval du PDG de Sonatrach, est celui inhérent à la construction d’une usine de régénération des huiles usagées. « La consommation algérienne en matière de lubrifiant est de 180 000 tonnes, nous sommes en train de récupérer et d’exporter 15 à 20 000 tonnes par an. C’est un investissement qui sera lancé au cours de cette année », affirme notre interlocuteur. Un investissement qui permettra la création de la richesse et d’emplois. « Ce projet aura des retombées significatives, notamment dans la création d’emplois, sachant que Naftal fait employer aujourd’hui 31 500 agents, bien que notre part de marché se soit rétrécie. Pour les carburants nous sommes à 90% de parts de marché. Pour les GPL, nous sommes passés de 100 à 80%, les lubrifiants, 45%, les bitumes, 55% de parts de marché. Pour les pneumatiques, nous avions tout le marché, et aujourd’hui nous avons à peine 2 %. Notre part de marché s’est rétrécie, mais nous n’avons pas libéré les gens. Nous continuons toujours à fonctionner avec le même effectif. Donc, il faudra chercher d’autres débouchés. Il faut se diversifier », insiste le premier responsable de Naftal. Autre projet qui a reçu l’adhésion du groupe Sonatrach, la réalisation d’une unité de blinding (prendre de l’huile de base et lui ajouter des additifs, et la mettre dans des bidons). « Nous allons construire une unité de blinding, en partenariat avec un partenaire étranger. C’est un produit que nous sommes en train d’importer aujourd’hui, vu que la raffinerie d’Arzew ne répond pas à tous les besoins du pays. Mais l’objectif à court terme est de couvrir le marché national en lubrifiants et de dégager des quantités à l’exportation», ajoute-t-il.

Des stations mobiles dotées de GPL/c fabriquées localement
Il convient de savoir que toutes les stations mobiles sont fabriquées et montées localement selon les normes internationales, avec une capacité unitaire de 40 000 mètres cubes de carburant de différents types. Les stations sont montées par l’Entreprise nationale de charpente et de chaudronnerie ENCC de Blida (unité CR Metal – Blida), à l’issue d’un contrat signé entre les deux entreprises en date du 18 juin 2018, selon lequel CR Metal s’engage à fournir à Naftal la totalité des stations-service mobiles (25), dans un délai de douze mois. « Mieux encore aujourd’hui en plus des stations mobiles carburant, nous allons vers des stations mobiles GPL/c. Nous sommes également en train de négocier avec le ministre de l’Energie et le PDG de Sonatrach, pour le lancement d’un grand projet : arriver à un kit qui permettrait de consommer moins du gasoil, c’est l’un de nos grands défis pour cette année. Et pour cause, le kit qui existe aujourd’hui ne remplace que l’essence. Sachant que chaque année nous consommons plus de 9 millions de tonnes du gasoil », précise le P-DG de Naftal. En outre, la préservation de l’environnement fait partie des projets inscrits dans le programme de 2019 de l’entreprise. « Nous sommes en train de doter toutes nos stations autoroutières de système d’épuration et de récupération de l’eau. Toutes nos stations en seront dotées», indique-t-il. Parallèlement à ces stations mobiles de carburant, des citernes pour le stockage du gaz GPL, de différentes capacités sont également en cours de réalisation, au niveau de l’Entreprise nationale de charpente et de chaudronnerie de Blida, au profit de Naftal, outre des citernes pour la collecte des déchets pétroliers, qui lui seront bientôt livrées.

Naftal à l’ère de la numérisation
Enfin pour la réalisation de tous ces projets structurants, il faut adapter l’organisation et former le personnel. Il convient ainsi de se doter d’un système d’information intégré. « Le système d’information est inscrit dans la politique du groupe, et nous allons réaliser un URP avec le groupe Sonatrach qui est le chef de file. Nous sommes dotés également de deux data centers, un à Alger et l’autre à Sétif. Un système qui nous permet d’avoir plus de visibilité sur les ventes et le stockage », se félicite le premier responsable de Naftal. En outre, Naftal est dotée de tous les moyens modernes pour répondre aux besoins de ses clients, tels que le mesurage, les bras de chargements, le système hydrant, opérationnel au niveau de l’aéroport d’Alger et celui d’Oran, le système de comptage pour tout ce qui est des centres carburants et GPL. « Notre filiale s’inscrit pleinement dans la politique du gouvernement concernant la numérisation. Aujourd’hui, nous avons notre propre carte de paiement électronique, que nous sommes en train de développer. Certes, elle est destinée uniquement aux entreprises, mais bientôt elle sera généralisée aux clients particuliers. Nous sommes en train de chercher les meilleurs mécanismes d’incitation afin de lancer ce produit aux usagers de nos stations-services. Nous travaillons aussi sur l’adaptation de nos TPE sur nos stations-service. Nos clients particuliers pourront bientôt utiliser la carte de paiement interbancaire CIB pour payer les carburants à la pompe, il en va de même pour les détenteurs de la carte de paiement d’Algérie-Poste » conclut Rachid
 Y. M.



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