Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 118 - Dec 2018

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Contribution

Réflexions sur la politique de la ville, de l’habitat et de l’aménagement urbain

Amine KHERBI



Un examen approfondi de la question de l’habitat et de l’urbanisme montre à quel point le monde du bâtiment est soumis à de nombreux facteurs dont les évolutions peuvent conduire à de profondes mutations, que ce soit dans la création, la réalisation ou l’usage du cadre bâti. Ces facteurs d’évolution, que sont l’économie, l’énergie et les matières premières, les attentes sociales, les problèmes d’environnement, les nouvelles technologies, constituent autant de défis ou de questions qui restent aujourd’hui sans réponses. Dès lors, point n’est besoin de rappeler l’importance du logement. Contrairement à l’alimentation, il n’existe pas dans le cas du logement de limites physiques qui empêchent de résoudre le problème. Pour autant, il ne suffit pas de construire des logements. Pour être habitables, ces logements exigent des services d’infrastructure de base, tels que les réseaux d’évacuation et d’approvisionnement en eau potable et en énergie, les circuits d’assainissement ainsi que des voies d’accès praticables toute l’année qui exigent des moyens de transport adéquats. Cela nécessite de gros investissements pour assurer, en toute sécurité et au quotidien, ces services afin de répondre aux attentes de la population.
C’est pourquoi, contrairement à une idée reçue, il faut traiter le problème de l’urbanisation avant de considérer en détail la question du logement. L’investissement et les aides publiques, dans ce domaine, atteignent des sommes considérables avec cependant une efficacité limitée et des effets pervers. Le logement, qui est un bien durable formant la trame du tissu urbain, doit être considéré comme un élément-clé de la construction de la cohésion sociale.
Démographiquement, la situation de l’Algérie est caractérisée par l’accroissement rapide de la population et par l’expansion accélérée de la population urbaine. Depuis de nombreuses années, un trait, qui apparaît très clairement, montre que la population non rurale tend à se concentrer dans les centres urbains les plus importants. La spéculation autour du foncier dans les villes est due à ce phénomène. Par ailleurs, la prégnance de pratiques en violation des lois ou règlements en matière d’urbanisme, qui a mis en évidence l’ampleur de la corruption dans ce secteur, explique le retard qu’accusent les ajustements significatifs de l’architecture urbaine concernant la qualité des constructions et leur insertion harmonieuse dans leur environnement afin de réduire les pertes d’efficacité globale et de favoriser un contexte de bonne gouvernance de la ville tout en améliorant la qualité du cadre de vie.
Dans le monde connecté d’aujourd’hui, la fragilité des sociétés et la vulnérabilité des nations sont accentuées par les inadéquations de la politique d’aménagement du territoire et les incohérences des processus d’intégration économique qui ne favorisent pas des actions efficaces. Plus que jamais, l’importance d’une politique territoriale viable doit être rappelée pour affirmer le nouveau rôle des collectivités locales.
L’objectif de cet article est de sensibiliser l’opinion publique et d’attirer l’attention des acteurs publics et privés sur ce qui me parait être le défi le plus grand et le plus subtil que le pays aura à relever au cours de la prochaine décennie. Il s’agit, en effet, d’empêcher l’aggravation du déséquilibre géographique et les ruptures qui pourraient en découler en mettant fin au gâchis du tout béton grâce à une approche rationnelle de l’organisation de la ville qui s’inscrive dans une perspective dynamique et harmonieuse du renouveau urbain et de la stabilité, à long terme, du territoire.

L’importance du renouveau urbain
L’urbanisation résulte non seulement de l’accroissement naturel de la population urbaine mais aussi de la migration des zones rurales vers les villes. Alors que dans les pays développés, l’urbanisation a été la conséquence de l’industrialisation, dans notre pays l’urbanisation a précédé l’industrialisation et la migration vers les villes est due principalement à l’exode rural. Une grande partie de la population des zones urbaines vit dans des conditions quasi similaires à celles qui existent dans les zones rurales. Parallèlement, comme cela est naturel, il se produit une détérioration sociale et économique des zones rurales. L’éparpillement des villes en un tissu urbain diffus leur fait perdre leur centralité au profit d’une multiplication de centres à l’échelle d’un territoire plus vaste qui les englobe sans vraiment les stimuler. Ainsi, partout, les villes dévorent leur espace environnant sans logique apparente.
Ce processus d’urbanisation qui précède, ou qui est plus rapide que l’industrialisation, entraîne de profondes différences de niveaux de vie et des chances offertes que l’on peut observer aussi bien entre la population urbaine et rurale qu’au sein même de la population urbaine. Les déficiences du logement proprement dit ne représentent qu’une partie du problème. Tant dans les zones rurales que dans les zones urbaines, l’insuffisance et parfois même le manque d’infrastructure communautaire, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, des transports et des loisirs, contribue à aggraver les conséquences sociales du manque de logements. Toute mutation dans le secteur du bâtiment ne pouvant être que progressive et avoir d’effet significatif qu’à long terme, il est nécessaire d’anticiper les évolutions futures, soit pour en tirer parti, soit pour en réduire les conséquences néfastes sur l’environnement et le cadre de vie. Etant donné l’importance des investissements exigés, l’objectif à atteindre sur le long cours est de fournir un logement convenable par famille.
Cela signifie que le processus d’urbanisation sera progressivement maîtrisé en rendant ses caractéristiques prévisibles : répartition de la population, présence des services publics, promotion culturelle, relation avec les systèmes éducatif et productif, importance des agglomérations. Pour l’heure, il est quasi impossible de déterminer quelle taille, minimale ou optimale, devront avoir les agglomérations urbaines.
Ce sera le fruit de l’expérience, des possibilités offertes par le développement des technologies de l’information et de la communication et surtout d’un travail concerté et continu de recherche sur la problématique complexe impliquée, notamment sur la meilleure façon de construire un nouvel espace public, en plaçant les citoyens dans une position de responsabilité. Cela implique une modification notable de notre manière de penser et d’agir. C’est à une reconstruction du sens global de l’activité et de la présence de l’homme qu’il faut s’atteler pour dépasser non seulement les apories d’une société en mutation mais également le problème de notre existence dans notre écosystème fini qu’est la terre.
L’enjeu du débat est clairement posé par la récurrence des crises et les alertes sur l’environnement. Certes, au cours des dernières décennies, nous avons progressé dans la compréhension du réel et admis que la complexité du monde n’est pas une virtualité. Sous l’effet des mutations et des innovations, chacune de ces questions concerne chaque territoire, chaque ville. Nous devons donc assurer notre propre mutation qualitative à partir d’un socle à ériger grâce au renouvellement des savoirs et des pratiques.
Tout est question d’état d’esprit, de prise de conscience et de volonté d’engagement pour mettre en œuvre une nouvelle politique de la ville, transversale et synthétique, favorisant des interactions intégrées à la gestion des hommes et à un milieu urbain que tout un chacun pourrait avoir comme cadre de représentation, de pensée de l’action et grille de lecture de la réalité.
Ce changement de référentiel doit s’accompagner d’une capacité renouvelée de l’Etat et des collectivités locales pour appréhender le processus global de transformation et la représentation générale autour de laquelle vont s’ordonner les différentes actions sectorielles. Les possibilités existantes d’augmenter l’offre d’emploi, par l’aménagement urbain, l’amélioration du cadre de la vie de la population, la contribution du territoire à l’efficacité des activités productives et l’adoption de nouvelles techniques et de méthodes d’organisation des entreprises contribuent à l’accélération du processus de l’intégration économique locale. C’est à ce niveau, qui paraît le champ le plus pertinent, qu’il faut agir pour lever les contraintes, remédier aux déficiences organisationnelles et soutenir les différents acteurs du développement économique et social. Bien souvent, il n’y a pas de solution globale à ce type de problèmes.
 Ce qui suppose un renouveau de la politique locale fondé sur une véritable décentralisation et une participation plus grande des élus locaux, de la société civile et de la population aux affaires de la Cité. Nous touchons là une question sensible et difficile mais incontournable. Autrement dit, il s’agit de savoir comment assurer la synergie des diverses instances de la société pour maîtriser le changement global.
D’aucuns se demandent quel est le rôle de l’Etat dans un contexte où s’effectue l’émergence d’idées nouvelles dans un collectif en quête de changement, mais pas tout à fait en rupture avec les interprétations d’une politique d’urbanisme réduite à la construction de logements.

La nécessité d’une politique active d’aménagement du territoire
Seule une politique active d’aménagement du territoire, fondée sur une nouvelle répartition des activités productives à travers la création de pôles de compétitivité, de zones de croissance et de progrès, favorisant une plus grande maîtrise du processus d’urbanisation et du développement agricole et rural, est de nature à créer les conditions d’évolution possibles compatibles avec les exigences de l’intégration économique et du développement local. Le rôle de l’Agence nationale de l’urbanisme est de ce point de vue d’autant plus essentiel que le secteur du bâtiment constitue un domaine instable et dont l’avenir dépend d’un certain nombre de variables d’environnement général exogènes et très motrices. Le marché représente le seul élément interne de communication forte.
Cette dépendance de l’extérieur influe sur notre politique du logement et de l’urbanisme. Malgré les efforts consentis et les résultats appréciables obtenus, des incertitudes demeurent. Elles portent principalement sur les performances, le niveau de la qualité de vie souhaitée, la dynamique de l’innovation technologique ainsi que les aspects liés à l’environnement qui devraient être pris en considération en tant qu’enjeux majeurs de la bonne gouvernance urbaine. Aussi, faudrait-il désormais envisager une stratégie alternative en promouvant une politique de la ville, dans le cadre d’une démarche globale d’aménagement du territoire et d’urbanisme rénovée, pour prendre en charge la régulation de l’ensemble du marché de la construction. Cela passe par une campagne de sensibilisation des élus, des entrepreneurs locaux et de la société civile sur l’importance de l’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour ériger de manière efficace la ville intelligente de demain.
Le déploiement d’infrastructures appropriées dans ce cadre est indispensable à la relance du dynamisme des villes petites et moyennes ainsi qu’à la modernisation des quartiers prioritaires et des zones rurales. L’engagement des acteurs publics et privés est nécessaire au développement des innovations. Cette entreprise doit être conduite avec cohérence et ambition afin de permettre à la ville connectée de fournir les multiples services et commodités de qualité.
Cela exige une nouvelle conception du service public pour susciter une dynamique d’action locale d’intérêt général assurant à la collectivité le contrôle direct des ressources indispensables à son développement harmonieux, à sa tranquillité et à son bien-être. La reconnaissance de l’existence d’un risque urbain réel permettra de renouer le contact avec les citoyens habitants pour satisfaire l’immense demande de structuration sociale et de sécurité publique. A cet égard, l’Etat, en tant que principe unique d’identification, se présente comme la clef de voûte et l’élément fondamental de la cohésion de la société. Cette fonction de l’Etat est assurée à travers l’affirmation et la défense de l’identité collective, la protection et la sauvegarde de l’ordre social, l’harmonisation des comportements et la résolution des conflits sociaux. La mise en œuvre de ces fonctions présuppose la délimitation de l’espace sur lequel l’Etat exerce sa pleine et entière souveraineté.
Mais avec l’impact de la mondialisation sur le développement local, de nouveaux espaces de citoyenneté tendent à se constituer, mettant en cause les solidarités ancestrales et le lien civique qui fonde l’identité nationale. Un nouvel avenir est en train de se construire dans la diversité des relations dans un écosystème complexe.
A l’heure où la dégradation de notre milieu ambiant constitue une menace sérieuse, la conflictualité, qui naît d’un contexte et se développe et s’exprime dans un espace, suscite beaucoup d’inquiétude. Du fait d’une politique de la ville qui n’a pas encore trouvé toutes ses marques et de la persistance d’espaces fragiles, les agglomérations urbaines, en tant que champs de l’activité humaine, canalise aujourd’hui la violence informelle. Elles sont devenues le lieu d’expression et de concrétisation de la conflictualité due notamment à la perte de valeur des liens familiaux, au délitement du lien social et à l’augmentation de la délinquance juvénile. La réalisation d’un consensus social pour contenir et combattre cette violence réside dans la mise en œuvre d’une politique cohérente et prospective de la ville. De ce point de vue, la reconstitution d’espaces dynamiques de solidarité où s’élaborent des valeurs et des projets communs est essentielle pour répondre à la demande sociale de sécurité car les dispositifs répressifs ne peuvent constituer à eux seuls une alternative acceptable. La bonne gouvernance urbaine doit traduire le besoin de sécurité, de cohésion et de développement de la population afin de donner sens à une politique de la ville viable fondée sur la concertation, une meilleure coordination et unité d’action. Les efforts tendant à préserver l’environnement, en tant que condition de sécurité, devraient se poursuivre et s’inscrire dans une approche où l’interdépendance des problèmes appelle un nouveau modèle conceptuel des aspects humains, culturels, sociaux et économiques de la sécurité et du développement local. Il y a donc urgence à redresser la barre en développant nos capacités de recherche en matière d’économie de l’environnement et de l’espace.

Répondre à l’usage du marché et aux exigences du nouveau partage de la ville
Cette situation nouvelle contribuera à l’efficacité de la politique territoriale et entraînera à son tour des conditions favorables à l’investissement résultant de l’amélioration de la qualité des bâtiments et de l’émulation innovatrice dans la création. Ce qui favorisera les programmes de recherche-développement et les technologies progresseront pour répondre à l’usage du marché et aux exigences du nouveau partage de la ville, conçu et mis en pratique grâce à l’engagement effectif des citoyens.
Outre les modalités d’intervention dans le traitement du vieux bâti et ses effets économiques induits, il faudra prévoir la création de coupures vertes inconstructibles pour supprimer le mitage de certains espaces par des implantations mal maîtrisées surtout entre la ville elle-même et ses extensions. Cela implique une nouvelle organisation de l’architecture du territoire fondée sur les préoccupations d’équilibre et de réduction des inégalités spatiales affirmant le rôle de régulation et de coordination de l’Etat.
L’important est de susciter une dynamique vertueuse donnant sens à une action publique rénovée garantissant un bon niveau d’intégration et de compétitivité pour les villes et les régions du pays. Les contraintes économiques et sociales découlant de l’élargissement des bases géographiques de réalisation ont une incidence sur la nature des choix normatifs qui s’imposent dans ce cadre. D’où l’importance de l’action nationale d’aménagement du territoire et sa portée sur les décisions stratégiques en matière de répartition des activités productives et de développement local. C’est la raison pour laquelle, nous devons fixer des objectifs plus ambitieux et plus affirmés aux programmes de relance et d’adaptation des chantiers qui ont un impact sur l’investissement et l’emploi en ayant en vue les exigences de l’intégration économique, du développement durable, de l’organisation et de l’efficacité institutionnelle. Bien évidemment, avec l’introduction de la domotique, on s’achemine progressivement vers une approche transversale de la ville connectée où les citoyens jouent un rôle actif dans les actions publiques. La construction de logements nouveaux contribuera certainement au développement culturel, social et industriel du pays. Néanmoins, de nombreuses difficultés doivent être surmontées grâce à l’amélioration de la coordination et de la coopération entre les différents acteurs impliqués dans la politique de la ville et de l’aménagement du territoire pour assurer la réussite des programmes en cours en les adaptant aux exigences de l’urbanisme, de la sécurité et du développement durable.

Suspendre temporairement la construction de logements collectifs sur la bande littorale
La relation entre population, environnement et développement doit être abordée de façon intégrée afin de favoriser le progrès sur la voie d’un renouvellement des bases de la croissance assurant à tous une meilleure qualité de la vie. L’élaboration de nouvelles politiques publiques permet de porter un nouveau regard sur la politique de la ville.
De ce point de vue, la consolidation de la capacité des villes leur permettant d’assurer les fonctions d’accueil, d’éducation et d’emploi, grâce à l’intégration sociale et culturelle ainsi que la lutte contre la discrimination spatiale, constitue le moyen le plus efficace pour éviter les situations explosives. En période de tension sur les capacités de production et les marchés, c’est l’investissement qui doit tirer la croissance et favoriser une dynamique dans les relations entre partenaires sociaux.
Penser une nouvelle politique de l’urbanisme suppose donc que l’on établisse un nouvel équilibre des risques et des sécurités compatibles avec la variété des formes d’organisation du territoire validant la justesse spatiale des programmes d’action ainsi que l’adéquation entre les nouvelles formes d’occupation de l’espace et les mutations en cours. A court terme, la préservation de l’équilibre géographique est cruciale pour l’amélioration de la gouvernance. Il faudra en effet promouvoir une administration économique efficace, combattre l’accroissement des inégalités et les multiples dysfonctionnements au niveau local générateurs de distorsions dans l’espace social et d’incohérences dans les séquences de l’activité économique.
C’est pourquoi, il conviendrait de suspendre temporairement la construction de logements collectifs sur la bande littorale afin de rétablir, dans cette zone fragile et vulnérable, l’équilibre géographique nécessaire à son redressement et à une nouvelle sociabilité conforme à notre système de valeurs.
La multitude de défis auxquels est confronté le pays rend urgente une gestion spatiale efficace des activités et des hommes dans le cadre d’un aménagement du territoire rénové et d’une organisation institutionnelle adaptée à une politique urbaine et de la ville qu’il convient de valoriser en lui conférant la priorité qu’elle requiert.
C’est cette vision globale, porteuse de cohérence dans l’action de l’Etat et la conduite de la politique locale, qui permettra la construction d’un espace public viable, constitué de réseaux économiques, culturels, institutionnels et associatifs, et la maîtrise du processus d’élaboration des politiques publiques afin de répondre aux demandes de nouvelles formes de participation citoyenne reflétant un enracinement dans un milieu local par une pratique culturelle.
  
                                                                                     
Alger, Novembre 2018
Amine KHERBI



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* Amine Kherbi est enseignant à l’Institut Diplomatique et des Relations Internationales du Ministère des Affaires Etrangères et à l’Ecole des Affaires Internationales de Paris, Sciences PO. Diplomate de carrière, ancien Ministre Délégué aux Affaires Etrangères et Conseiller auprès du Président de la République, il a été Ambassadeur au Brésil, en Espagne, en Indonésie, en Autriche et auprès des organisations internationales à Vienne, en République Populaire de Chine et aux Etats Unis d’Amérique. Il a aussi été Président du groupe d’experts du comité pour la protection de l’économie nationale (1994).  

Il est l’auteur de L’Algérie dans un monde en mutation : Regards sur la politique économique, la sécurité nationale et les relations internationales, Editions ANEP, 2018. 339 pages.



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