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N° 114 - Juin 2018

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Un programme de développement de l’énergie nucléaire en préparation

L’autre ressource énergétique

Par Farid HOUALI



Convaincus des possibilités offertes pour booster leur partenariat, la Russie et l’Algérie ambitionnent de hisser la cadence des investissements communs et multiplier les projets mixtes dans divers secteurs. Les deux pays ne veulent plus en effet que leur coopération demeure en deçà du niveau exemplaire de leurs relations. L’atteste la récente rencontre en marge du10e Forum international de l’énergie atomique (Atomexpo) qui s’est tenu en Russie entre Mustapha Guitouni, ministre de l’Energie, et Alexey Likhachev, directeur général de la société étatique russe de l’énergie nucléaire (Rosatom). Les deux hommes ont évoqué à l’occasion la coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire.
«Les entretiens ont porté sur l’état des relations de coopération entre les deux pays dans le domaine de l’énergie nucléaire et ses utilisations énergétiques et non-énergétique à des fins pacifiques ainsi que sur les perspectives de leur développement», a annoncé le ministère de l’Energie dans un communiqué. L’Algérie qui prépare un plan d’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins civiles envisage faudrait-il le souligner, de construire des centrales électronucléaires à l’horizon 2030-2050.
Pour atteindre cet objectif, une loi devant encadrer les activités relatives à l’énergie nucléaire en Algérie est en cours d’élaboration par le ministère de l’Energie.
Le programme de développement de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques vise essentiellement à répondre aux besoins énergétiques de l’Algérie, outre ses usages techniques dans les domaines de la santé, de l’agriculture et des ressources en eau.
«L’Algérie pense à son avenir. La demande croissante sur l’énergie a conduit l’État à initier un programme ambitieux en matière d’énergies renouvelables axé sur la diversification des sources d’énergie pour garantir l’avenir des générations futures. L’énergie nucléaire constitue, à ce titre, un choix stratégique pour notre pays», avait assuré le ministre Mustapha Guitouni.
De son côté, Alexandre Novak, ministre de l’Énergie russe,  a affirmé que l’Algérie prend une place de «leader» parmi les partenaires de la Russie en Afrique et dans le monde entier, précisant que les échanges commerciaux entre les deux pays avaient doublé en 2016 par rapport à 2015, tandis qu’ils étaient en progression de 30% en 2017 par rapport à l’année précédente.
Afin de concrétiser ce programme, l’Algérie a signé plusieurs accords de coopération bilatérale avec plusieurs pays dont la Russie, outre une coopération multilatérale dans le cadre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
L’accord nucléaire entre l’Algérie et la Russie a été signé en 2014. L’agence russe Rosatom a annoncé, à cet effet, que l’Algérie projetait la construction d’une centrale nucléaire avec un réacteur à eau pressurisée vers 2025.
En septembre 2017 s’est tenue à Alger la 8e session de la Commission de coopération économique, commerciale, scientifique et technique russo-algérienne. Lors de cette rencontre, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, a expliqué, s’adressant à la partie russe emmenée par Alexandre Novak, que la dynamique enregistrée dans le partenariat entre les deux pays, notamment dans les secteurs des hydrocarbures et du nucléaire civil, devrait être élargie à d’autres domaines. «Nous devons poursuivre notre action commune pour aller au-delà des secteurs actuels de coopération et nous souhaitons la diversification de notre partenariat stratégique», avait soutenu le ministre tout en exprimant son optimisme quant à l’avenir du partenariat entre l’Algérie et la Russie. «Cet optimisme, je le tire de nos experts et du dynamisme des chefs d’entreprises des deux pays», avait ajouté Abderrahmane Raouya.

Produire 25.000 mégawatts d’électricité à l’horizon 2025
Telle est l’ambition affichée par l’Algérie. Ces quantités seront produites par des centrales électriques classiques et 2.000 autres mégawatts à partir des stations d’énergie solaire. S’exprimant en marge de sa visite au projet de réalisation d’une centrale électrique à turbines à gaz, dans la daïra de Boutlelis en avril dernier, Mustapha Guitouni, ministre de l’Energie, avait assuré que l’exportation de l’électricité sera envisagée lorsque les besoins du pays seront comblés et se fera, en premier lieu, vers la Tunisie et la Libye, signalant que des échanges se font déjà à la demande, lorsque la nécessité se fait sentir. D’ailleurs, le montant investi par l’Etat pour la réalisation de centrales électriques à travers le pays s’élève à 150 milliards de dollars depuis l’année 2000. «Cette enveloppe financière a permis la création de nouvelles centrales qui portent aujourd’hui la capacité de production nationale à 18.000 mégawatts contre 3.900 MW seulement en 2000», avait indiqué le ministre, dans une déclaration à la presse en marge de sa visite de travail dans la wilaya d’Oran en décembre 2017.
En effet, le secteur de l’énergie a toujours été le socle de l’économie nationale et l’Algérie restera certes pendant encore plusieurs décennies un acteur majeur sur le marché des hydrocarbures mais les différents chocs pétroliers ont démontré que ce modèle économique n’est pas viable à long terme et que nous devons dès maintenant réfléchir à l’après-pétrole.
De nombreux changements ont bouleversé le marché des hydrocarbures et nous devons en tenir compte. La baisse substantielle et vraisemblablement structurelle du prix du baril de pétrole annonce la fin de l’ère du pétrole cher. D’autres nouvelles donnes nous interpellent dont l’émergence d’un marché d’hydrocarbures non conventionnels grâce aux avancées technologiques qui en facilitent l’exploration et l’exploitation. La réflexion sur la transition énergétique porte aussi sur la nécessité d’avoir une industrie non polluante qui respecte l’environnement et qui n’aggrave pas les facteurs qui contribuent au changement climatique. Nous devons ainsi trouver des solutions pour réduire la consommation des secteurs énergivores et en améliorer l’efficacité énergétique et les performances tout en réduisant l’impact sur l’environnement. Les énergies renouvelables s’imposent dans ce contexte comme l’alternative la plus sérieuse, la plus propre et commercialement la plus rentable. Les enjeux sont considérables : une filière industrielle à promouvoir, des milliers d’entreprises à créer ou à reconvertir, des filières de formation à développer et à la clé des centaines de milliers d’emplois verront le jour. Le programme du président de la République a fixé le cap. Il prévoit, à l’horizon 2030, une puissance totale de 22000 Mégawatts dédiés à la seule consommation locale.
Il projette de développer un large éventail de filières technologiques où le photovoltaïque et l’éolien se taillent la part du lion avec respectivement 13575 Mégawats et 5010 Mégawats, le reste étant réparti entre l’énergie solaire thermodynamique, la biomasse, la cogénération et la géothermie. Il appartient désormais aux différents acteurs publics et privés de créer une véritable filière, de construire le marché des énergies renouvelables autour des acteurs locaux et étrangers, des technologies, du financement et des marchés cibles. Le gouvernement algérien a décidé de lancer un plan de développement des énergies renouvelables de 22 GW à réaliser sur la période 2017-2030/40. A court terme, un appel d’offres sera lancé dans les prochaines semaines pour le développement de 4 GW de solaire photovoltaïques sur une période 4-6 ans. Cette première étape représente un total d’investissement de 4 à 5 milliards de dollars. Il est impératif que le secteur privé et le secteur public algériens jouent un rôle actif pour que ce projet ait des retombées économiques et sociales positives sur l’Algérie allant au-delà de la préservation du potentiel d’exportation d’hydrocarbures. D’autre part, le processus de sélection des entreprises qui participeront à ce projet sera basé sur le principe du moins disant en termes du prix du kwh.
 F. H.



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