Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 116 - Oct 2018

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A la une

50e anniversaire de l’institution du service national

Un parcours jalonné de hauts faits et de nombreuses réalisations

Par Farid HOUALI



Un avion de transport militaire assurant le vol Boufarik-Tindouf-Béchar s’est écrasé dans la matinée du 11 avril 2018 dans le périmètre de la base aérienne de Boufarik dans un champ agricole inhabité. La plupart des martyrs de ce tragique accident sont des personnels de l’Armée nationale populaire (ANP), dont de nouveaux jeunes appelés au service national, ainsi que des membres de leurs familles. Le bilan est trop lourd : 257 victimes dont dix membres d’équipage, suscitant l’émoi et des réactions de la société civile, du gouvernement et des partis politiques. Aussitôt l’annonce faite, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, a interrompu sa visite d’inspection dans la 2e région militaire pour se rendre sur les lieux du crash pour s’enquérir de l’ampleur des dégâts et prendre les mesures nécessaires dans de pareilles situations. Il a ainsi ordonné la désignation immédiate d’une commission d’enquête afin de déterminer les circonstances de l’accident. Un deuil national de trois jours a été décrété par le président de la République Abdelaziz Bouteflika, ministre de la Défense nationale, chef suprême des Forces armées, qui avait, le jour-même, adressé un message de condoléances aux familles des victimes.  Cette catastrophe intervenue une semaine avant la célébration du 50e anniversaire de l’institution du service national, faudrait-il le souligner, a plongé le peuple algérien dans une tristesse profonde et un grand émoi. Après avoir assisté, à l’Hôpital central de l’Armée à Aïn Naâdja (Alger), à la levée de corps d’un nombre de chouhada identifiés, dont les dépouilles ont été transférées vers leurs wilayas d’origine pour être inhumées avec les honneurs, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah a salué la « profonde solidarité » exprimée par le peuple algérien, avec sa « coutumière spontanéité », envers les familles des martyrs du devoir national morts dans le crash de l’avion militaire, soulignant que « cette épreuve sera une forte motivation qui nous incitera davantage, au sein de l’ANP, à aller de l’avant avec constance, afin de consolider les assises de l’unité nationale et de préserver les constantes de la sécurité et la stabilité de notre chère patrie ». Dans la même lignée, le général-major Mohamed-Salah Benbicha, directeur du service national au ministère de la Défense nationale, a soutenu que « les témoignages de solidarité et de soutien exprimés par les Algériens suite au crash de l’avion militaire sont une nouvelle preuve de leur soutien à l’ANP surtout dans les moments difficiles ». Supervisant les portes ouvertes sur le service national aux centre de Bab El Oued, le 15 avril dernier, le général-major Benbicha a affirmé que « nous sommes convaincus que l’ANP, digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN), résistera à toute épreuve », précisant qu’en dépit de «cette pénible épreuve, l’ANP demeurera constante, forte et déterminée à aller de l’avant dans l’accomplissement de ses missions constitutionnelles en toute circonstance».  

50 ans de dévouement

Promulgué le 16 avril 1968, au moment où l’Algérie faisait face au lourd passif de la colonisation, le haut commandement de l’ANP, soucieux de mobiliser toutes les énergies du pays au service des grands idéaux de la nation,  a fait prendre au premier contingent du service national le chemin des centres d’instruction en 1969. Un parcours « indéniablement positif », couronné de réalisations ayant impacté l’individu et la société tout en servant les intérêts suprêmes du pays et de la nation. La célébration du 50e anniversaire de l’institution du service national, dont le coup d’envoi officiel a été donné par le vice-ministre de la Défense nationale, chef d’Etat-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, est une occasion pour l’Algérie toute entière de rendre hommage aux différentes  promotions successives de jeunes ayant répondu à l’appel du devoir national sans aucune hésitation, en suivant l’exemple de leurs braves aïeux parmi les vaillants enfants de l’Algérie qui ont participé à la glorieuse guerre de libération nationale pour que vive l’Algérie, et qui ne cessent de faire preuve au quotidien d’un sens élevé de dévouement et d’un esprit de sacrifice au service de la patrie et des citoyens.Les festivités de cette célébration ont débuté par l’émission d’un timbre postal, en partenariat avec le ministère de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, l’organisation d’une exposition au niveau du Musée central de l’Armée sur l’évolution du service national, depuis son institution, une exposition sur tous les timbres postaux émis jusqu’à présent relatifs au service national et la projection d’un documentaire sur les réalisations accomplies dans différents domaines, grâce aux jeunes qui ont répondu à l’appel  du service national. Depuis son institution en 1968, le service national a toujours constitué une école sans égale dans la formation des jeunes, sur les plans militaire, culturel, social et sociétal. La célébration du 50e anniversaire de l’institution du service national se veut ainsi un témoignage de reconnaissance et de gratitude à tous les Algériens engagés dans l’édification de l’Etat algérien, au lendemain de l’indépendance nationale, la défense de la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale du pays.En effet, l’institution du service national, appelé communément devoir national, fut l’une des plus importantes décisions prises par les autorités du pays. Institué sur la base de l’ordonnance n°68-82 du 16 avril 1968, le service national est officiellement entré en vigueur au mois d’avril 1969. Fixé, dans un premier temps, à 24 mois, le service national est devenu une obligation pour tous les Algériens ayant 19 ans révolus et bénéficiant d’une bonne aptitude physique et de bonnes facultés mentales. En effet, l’institution du service national a été pour beaucoup de jeunes Algériens une source de développement. Incontestablement, le service national a été l’occasion, pour des millions de jeunes Algériens issus du monde rural, d’une initiation à la modernité, à travers le maniement d’équipements plus sophistiqués que l’outillage agricole de l’époque, et à travers la découverte de la civilisation urbaine, l’incorporation était l’occasion de découvrir la ville, et d’éléments de confort tels que l’eau courante. Pour certains, le service national a permis la confrontation à des mœurs vestimentaires ou alimentaires inédites. En parallèle, le service national a joué un rôle certain dans la cohésion de la société algérienne, en étant l’instrument d’appartenance sociétale, à une Nation. « Effectivement lorsqu’on ramène un jeune d’un petit douar de l’intérieur qui n’a jamais quitté son patelin, le service national va lui permettre de vivre en communauté, de découvrir la vie, d’apprendre les rudiments de la discipline, de l’organisation, des valeurs militaires, du respect des autres…Cela va développer en lui la notion de citoyenneté, l’appartenance à la Nation », affirmait à ce propos, dans un entretien à El Djazaïr.com, le général-major Mohamed Salah Benbicha directeur du service national au  ministère de la Défense nationale.

Le nœud ombilical

L’ANP, digne héritière de l’ALN, a longuement contribué à la lutte contre l’analphabétisme, l’avancée du désert, à l’édification d’infrastructures lourdes et d’œuvres d’envergure nationale, comme le désenclavement des régions éloignées, les campagnes sanitaires, la formation professionnelle et la modernisation de l’Algérie, auquel il faut ajouter sa participation à de nombreuses opérations à caractère humanitaire engagées par l’ANP lors des catastrophes majeures. Les appelés du service national, ont, d’autre part, été tout le temps aux côtés des éléments de la Protection civile lors des grandes catastrophes ayant ébranlé l’Algérie. On les a vus à l’œuvre, à titre illustratif, lors du séisme d’El Asnam (Chlef) en octobre 1980, lors des inondations de Baba El Oued en novembre 2001 ainsi que le séisme de Boumerdes en mai 2003. Ils ont toujours répondu « présent » à l’appel de la Nation. Comme, ils furent, et le sont toujours, un véritable rempart contre le terrorisme, en payant le tribut du sang pour défendre le pays et la pérennité de l’Etat algérien. Le service national a contribué ainsi à modeler, 50 ans durant, la personnalité du jeune algérien, l’imprégnant de l’esprit nationaliste, de discipline, de rigueur, de travail et de sérieux et en lui inculquant également l’esprit d’entraide et d’action collective tout en consacrant sa fierté d’être Algérien. « L’école du service national a toujours été un modèle pour la mobilisation des énergies vivantes du pays », notait dans ce cadre, le général major Mohamed Salah Benbicha, directeur du service national au ministère de la Défense nationale (MDN), dans une allocution prononcée au nom du vice-ministre de la Défense nationale, chef d’État-major de l’ANP, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, à l’ouverture des travaux d’un séminaire sur le service national, abrité par le Cercle national de l’armée (Beni Messous). En effet, les jeunes « appelés » ont contribué à la réalisation de grands projets en un temps record tels que le Barrage vert, la route de l’Unité africaine, les barrages, les aéroports, les 1000 villages, les voies ferrées, les prestations sanitaires et éducatives assurées aux villageois et habitants des régions enclavées, notamment dans les régions du Grand Sud, ce qui a permis leur désenclavement et peuplement.  « Le bilan d’un demi-siècle de cette école ne peut être qu’excellemment positif, car le service national qui est la famille et l’école, de pair et en même temps, a un rôle dans la socialisation, en impactant l’individu et en consolidant son appartenance à la patrie, en l’imprégnant de l’esprit de sacrifice, de discipline, de rigueur, de travail et de sérieux et en lui inculquant également l’esprit d’entraide et d’action collective », a estimé  le directeur du service national au MDN qui souligne que « le service national a impacté l’individu et la société, modelé la personnalité du citoyen algérien et l’a imprégné de l’esprit nationaliste et des valeurs tout en consacrant sa fierté d’être algérien ».

La réorganisation du service national

Sur un autre volet, le service national a connu, depuis son institution, une évolution sensible dans son mode de fonctionnement pour se mettre au diapason des mutations qu’a connues le pays. En effet, plusieurs dispositions et mesures ont été prises par les hautes autorités du pays afin de répondre aux exigences du processus de modernisation et de professionnalisation de l’ANP. Parmi ces dispositions figurent des mesures incitatives destinées aux jeunes en l’occurrence la réduction de la durée légale du service national et les mesures présidentielles de dispense de ce service. C’est ainsi que la durée légale du service national, de 2 ans initialement, a été réduite une première fois à 18 mois en 1989 avant d’être fixée en 2014 à 12 mois. En plus de ces réductions, des milliers de jeunes Algériens ont bénéficié en 1989 d’une dispense du service national après la promulgation de la loi du 12 décembre. Depuis 1999 et sur instruction du président de la République Abdelaziz Bouteflika, des milliers d’autres jeunes ont été dispensés des obligations du service national. « Á ce titre, et depuis le début de cette opération jusqu’au 31 décembre 2017, le nombre de citoyens ayant bénéficié des mesures présidentielles durant une période de trois ans s’élève à 248.542 citoyens, dont 3.573 résidants à l’étranger», selon les données du MDN, qui relèvent que «dans le cadre de ces mêmes mesures, 776.789 retardataires des classes antérieures à l’année 2014 ont également été régularisés pendant cette même période». D’autres mesures figurent dans le système du service national comme la comptabilisation de la durée du service national pour les travailleurs mis à la retraite