Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 115 - Août 2018

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Le Président Bouteflika reçoit le Président Emmanuel Macron

Confiance, compréhension, respect mutuel et partenariat bénéfique

Par Me Serge PAUTOT



Les relations entre l’Algérie et la France, après les accords d’Evian devaient être exemplaires mais cela n’a pas toujours été le cas. Les rapports entre la France, vieil Etat de tradition chrétienne et d’économie libérale, et l’Algérie, jeune Etat musulman, tiers-mondiste et socialiste, n’ont pas toujours été les plus cordiaux et ont donné lieu à des frictions pour le meilleur et pour le pire entre les divers présidents qui ont dirigé les deux pays. Cependant, les voyages et les gestes forts se sont succédé pour le renforcement de divers partenariats entre les deux pays mais aussi avec l’exigence de « repentance » du côté algérien.

Les Présidents français et algériens depuis l’Indépendance
Depuis 1962, les relations algéro-françaises se sont déroulées avec les divers présidents de la République des deux pays.
Les présidents de la République française ont été les suivants :
Charles de Gaulle     du 8 janvier 1959 au 24 avril 1969  (décédé le 9 novembre 1970)
Georges Pompidou du 19 juin 1969 au 2 avril 1974 (décédé le 2 avril 1974)
Valéry Giscard d’Estaing du 24 mai 1974 au 21 mai 1981
François Mitterrand du 21 mai 1981 au 16 mai 1995 (décédé le 8 janvier 1996)      
Jacques Chirac du 17 mai 1995 au 16 mai 2007
Nicolas Sarkozy du 16 mai 2007 au 15 mai 2012
François Hollande du 15 mai 2012 au 14 mai 2017
Emmanuel Macron depuis le 14 mai 2017

Les Présidents de la République algérienne ont été les suivants:
Abderrahmane Farès (Intérim) du 3 juillet 1962 au 25 septembre 1962 (décédé le 13 mai 1991)
Ferhat Abbas (Intérim) du 25 septembre 1962 au 15 septembre 1963 (décédé le 24 décembre 1985)
Ahmed Ben Bella du 27 septembre 1962 au 19 juin 1965 (décédé le 11 avril 2012)
Houari Boumediene du 19 juin 1965 au 27 décembre 1978 (Décédé le 27 décembre 1978) Rabah Bitat (Intérim) du 27 décembre 1978 au 9 février 1979 (décédé le 10 avril 2000)
Chadli Bendjedid du 9 février 1979 au 11 janvier 1992 (décédé le 6 octobre 2012)
Mohamed Boudiaf (Haut Comité d’Etat) du 14 janvier 1992 au 29 juin 1992 (décédé le 29 juin 1992)
Ali Kafi (Haut Comité d’Etat) du 2 juillet 1992 au 31 janvier 1994 (décédé le 16 avril 2013)
Liamine Zeroual du 31 janvier 1994 au 27 avril 1999
Abdelaziz Bouteflika depuis le 27 avril 1999

Les visites des présidents français en Algérie
Le général de Gaulle ne s’est plus rendu en Algérie après la déclaration d’indépendance. Si le Président Georges Pompidou n’a pas manifesté un grand intérêt pour l’Algérie, si ce n’est de veiller au respect des accords d’Evian ainsi qu’au bon déroulement de la coopération culturelle, technique et économique entre les deux pays, il ne s’est jamais rendu en Algérie, mais n’avait pas manqué de critiquer la décision du Président Boumediene en juillet 1970, lorsque ce dernier avait relevé le taux de la fiscalité pétrolière et remis en cause les accords pour le pétrole signés entre les deux pays. Dès 1972, la crise économique qui toucha la France fut à l’origine de sentiments xénophobes d’une partie de l’opinion française.
Une circulaire dite « Circulaire Fontanet » du nom du ministre du Travail, visait à réglementer les entrées des travailleurs étrangers en France dont les Algériens. La circulaire entraîna de nombreuses protestations car elle fixait des emplois réservés aux Français, l’obligation pour un étranger de posséder un logement décent, un minimum de ressources… Des mesures qui entraînèrent des manifestations pour soutenir les immigrés qui ont permis la reconstruction de la France. Des militants catholiques voulurent supprimer les Messes de Minuit le soir de Noël en guise de protestation et de soutien en leur faveur. En 1974, la circulaire fut abrogée.
 
Le voyage en Algérie du président Valéry Giscard d’Estaing et le regroupement familial
C’est le premier chef d’Etat français à faire une visite officielle en Algérie, le 10 avril 1975, depuis l’Indépendance du pays. Il est accueilli par le chef de l’Etat algérien, le Président Houari Boumediene1 . Un programme chargé qui commence par un déjeuner privé au Palais du peuple entre les deux présidents, suivi d’une visite à l’usine de Rouïba où sont fabriqués autobus et camions. Le 11 avril 1975, Giscard d’Estaing, accompagné de son hôte, se rend à Constantine pour y visiter la jeune université, puis à Skikda, un « terminal » qui, avec l’usine de liquéfaction de gaz, représente un élément majeur de la souveraineté économique de l’Algérie indépendante. Il signe à cette occasion des accords sur le gaz qui seront jugés « onéreux » pour la France. Ce voyage avait suscité des espoirs qui, pour des questions de politique étrangère des deux pays, n’ont pas eu les effets escomptés. Paris prenant le parti du Maroc dans le conflit du Sahara occidental, et pire encore, des avions Jaguar français attaquèrent les maquisards du Polisario qui, il est vrai, avaient enlevé plusieurs techniciens français travaillant en Mauritanie. Le Président Boumediene, quant à lui, n’avait pas vu l’utilité de venir en France, voire de rendre l’« amabilité » après ce voyage pour permettre d’améliorer les relations entre Paris et Alger qui restaient difficiles et qui auraient permis de les consolider. Les relations entre les deux pays restaient difficiles, complexes. Cependant, par un décret du 29 avril 1976, le gouvernement du Président Valéry Giscard d’Estaing, alors dirigé par Jacques Chirac, autorise le regroupement familial qui permet aux travailleurs algériens installés en France de pouvoir faire venir leur famille. Ce fut une grande avancée humanitaire.

Les visites de Président François Mitterrand: surmonter les déchirements du passé
C’est le second Président de la République à effectuer son premier voyage en Algérie. La visite du Président François Mitterrand s’est déroulée du 30 novembre au 1er décembre 19812 . Evidemment, cette visite avait un caractère particulier. Il convient en effet d’évoquer l’attitude du ministre de la Justice, alors François Mitterrand, durant la guerre d’Algérie. A cette époque, une grande partie des pouvoirs avait été confiée à l’armée suite au vote en Conseil des ministres le 15 février 1956 des « pouvoirs spéciaux. » Ces lois d’exception transféraient de grands pouvoirs à l’armée, lui permettant la présentation, sans instruction préalable, devant un Tribunal permanent des forces armées (TPFA), de personnes prises en flagrant délit de participation à une action contre les personnes ou les biens… Ces infractions étant susceptibles d’entraîner la peine capitale, plus d’un millier de condamnations à mort furent ainsi prononcées. L’hebdomadaire Le Point dans son édition du 31 août 2001, évoque ces procédures et la comptabilisation des condamnations à mort après avoir retrouvé les procès-verbaux des demandes de grâce des condamnés à mort.
Pendant la durée où François Mitterrand était ministre de la Justice et Garde des Sceaux, sur 45 exécutions, François Mitterrand en a approuvé au moins 32, souligne l’hebdomadaire, et émis un avis favorable à seulement 7 demandes en grâce. Six autres avis sont absents des archives, soulignent les enquêteurs du Point. De même ses déclarations, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, montrent sa grande fermeté contre tous ceux qui combattaient pour la liberté contre la France. Aussi, la visite du Président Mitterrand, qui quelques années auparavant refusait l’Indépendance de l’Algérie, présentait un relief tout à fait particulier. Le Président était désireux de revenir en Algérie sans doute aussi pour effacer ces « erreurs du passé ». Ce premier voyage s’est parfaitement bien déroulé. Tout d’abord, il s’inclinera devant la tombe de l’ancien Président Houari Boumediene, inhumé dans le Carré des martyrs à Alger tout comme le Président Chadli Bendjedid déposera une gerbe au Tombeau du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe lors de son voyage à Paris. Divers accords de coopération ont été signés, développement des relations économiques et amélioration des échanges politiques. Au programme également plusieurs visites des Premiers ministres et ministres. Le Président Mitterrand retournera en Algérie en 1989.
 
Les visites du Président Jacques Chirac et la recherche d’un partenariat d’exception
Jacques Chirac accède au pouvoir le 17 mai 1995. Il était le seul président de la République à avoir « fait la guerre d’Algérie » où il a servi dans l’armée comme officier dans la région de Tlemcen, ville où est né le Président Bouteflika. Président, il s’y rendra deux fois, en 2002 et 2003. Le 2 mars 2003, Jacques Chirac entame une visite en Algérie, signant la « Déclaration d’Alger » qui doit marquer un « partenariat d’exception ». Il s’agit d’une visite triomphale. Le contenu de la Déclaration d’Alger est de donner un élan décisif et de consacrer l’œuvre de refondation et de restructuration des relations bilatérales au plus haut niveau des deux pays. On parle alors d’un partenariat d’exception tant les objectifs sont ambitieux. « Conscientes de l’extrême densité et de la richesse exceptionnelle des liens multiformes qui les unissent tout en assumant pleinement le legs du passé et soucieuses d’inscrire leurs relations dans une vision novatrice résolument tournée vers le progrès et l’avenir, adossée aux valeurs d’amitié, de solidarité et de coopération, la France et l’Algérie veulent s’engager dans la construction d’un avenir partagé ». Le processus de refondation se mettait en marche. De même, Air France reprendra la même année la desserte sur l’Algérie, huit ans après avoir cessé ses vols, suite au détournement de l’avion par un de ces groupes islamistes. Mais un grain de sable va enrayer ces bonnes relations avec l’adoption par le Parlement français, le 23 février 2005, d’une loi qui reconnaît « le rôle positif de la colonisation ». L’alinéa e de l’article 4 de cette loi était ainsi libellé : « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit ». Cette dernière partie de la phrase visait les rapatriés (pieds-noirs). Le Président Bouteflika répliquera en accusant la France de « génocide contre l’identité algérienne » et refusera de signer le Traité d’amitié en préparation avec la France. Cette dernière se devait de réagir. Le Conseil constitutionnel, aussitôt saisi, rendra une décision le 15 février 2006 en considérant que la loi doit définir un socle de connaissances commun mais que le contenu des programmes relève du seul domaine réglementaire. D’où la suppression de cet article mais le mal était fait sur les liens entre la France et l’Algérie mettant à néant l’élan qui avait présidé à la visite du Président Chirac à Alger en 2003.

Visite du Président Sarkozy en Algérie, un système colonial injuste
Elu le 16 mai 2007, le Président Nicolas Sarkozy effectue sa première visite présidentielle hors d’Europe, le 10 juillet, en Algérie. Mais cela ne suffira pas à rapprocher Paris et Alger. Ministre de l’Intérieur, il avait déjà été reçu par le Président Bouteflika à la Présidence d’El-Mouradia. On pouvait croire à une « renaissance » des relations entre les deux pays même si au terme du voyage des contrats sont signés avec les grandes firmes françaises, Alstom, Total, Gaz de France, etc. pour plusieurs milliards de contrats.
A cette occasion, Nicolas Sarkozy dénonce le système colonial, « injuste », mis en place par la France en Algérie, mais « il est aussi juste de dire qu’à l’intérieur de ce système, il y avaient beaucoup d’hommes et de femmes qui ont aimé l’Algérie avant de devoir la quitter ».
Des incidents politico-judiciaires vont enrayer la poursuite de cette bonne entente. Le directeur du Protocole au ministère des Affaires étrangères est arrêté à Marseille et transféré au Palais de justice de Paris au mépris de l’immunité diplomatique qui protège les diplomates. Le Président Bouteflika est très déçu. Entre les deux présidents l’entente aurait pu être parfaite.
 
Visite du Président François Hollande, le système colonial « profondément injuste et brutal »
L’élection de François Hollande à la tête de l’Etat français va constituer un tournant. Le nouveau Président avait accompli durant sa scolarité à l’ENA (Ecole nationale d’administration) un stage à l’ambassade de France en Algérie. Consolider le rapprochement entre Paris et Alger est la volonté du Président français. Le partenariat n’est pas seulement économique. Entre la France et l’Algérie, le poids de l’histoire des deux pays est toujours présent. Un « voyage mémoriel » en Algérie est organisé pour le rapprochement des relations bilatérales. Peu avant le déplacement en décembre 2012 du Président Hollande à Alger, l’Elysée a publié le 17 octobre 2012 un communiqué : « le 17 Octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’Indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ses faits. Cinquante et un an après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes ». Cette date correspond à une manifestation qui a été réprimée par des policiers (non nommés dans le communiqué) soupçonnés d’avoir jeté à la Seine des dizaines d’Algériens. Le gouvernement algérien a apprécié la portée du geste. De même, le 8 novembre 2012, le Sénat adopte la loi votée par l’Assemblée nationale dix ans plus tôt qui institue le 19 Mars comme Journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la Guerre d’Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie. Le geste est symbolique mais il a aussi été très apprécié.
Et le 20 décembre 2012, le Président Hollande lors de son voyage officiel en Algérie dénonce devant le Parlement algérien le système colonial « profondément injuste et brutal ». « Je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien…. Il y a eu les massacres de Sétif, Guelma, de Kherrata…. Nous avons un devoir de vérité sur la violence, les injustices, les massacres, la torture ». L’évocation de Sétif répond directement à un discours du Président Abdelaziz Bouteflika prononcé six mois plus tôt à l’occasion du soixante-septième anniversaire du massacre du 8 Mai 1945. Le Président algérien avait alors avancé que « seule une lecture objective de l’histoire, loin des guerres de mémoire et des enjeux conjoncturels, est à même d’aider les deux parties à transcender les séquelles du passé douloureux » en citant précisément les trois massacres évoqués par le Chef de l’Etat français. « Il ne s’agit pas encore d’excuses ni de repentance mais le couple franco-algérien semble avancer dans le même tempo », soulignent Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet, les auteurs de l’ouvrage Paris-Alger, une histoire passionnelle.
Le président français poursuivait ce travail de mémoire en déposant lors de son nouveau voyage en juin 2015, une gerbe au Carré des martyrs de Maqam Echahid qui rend hommage aux combattants tombés durant la guerre d’Indépendance contre la France.
L’aspect économique occupe aussi une place importante car il s’agit d’intensifier le « partenariat stratégique » signé dès le mois de décembre 2012 pour que la France devienne le premier partenaire commercial d’Algérie, une position perdue au profit de la Chine. Lors de la Fête nationale française de 2014, nous assisterons lors du défilé traditionnel du 14 Juillet sur les Champs-Elysées, à la présence de deux membres de la Garde républicaine algérienne en reconnaissance aux soldats algériens qui avaient participé à la Première Guerre mondiale 1914/1918 pour défendre la France.
 
Une mémoration toujours vivace et l’exigence de repentance
Le magazine El Djazair.com dans son édition d’octobre 2016, publie un entretien de M. Tayeb Zitouni, ministre des Moudjahidine : « Les exactions de la France contre le peuple algérien sont un crime contre l’humanité. » Pourtant, pour la première fois, une autorité ministérielle française, Monsieur Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants et à la Mémoire, s’est rendu à Sétif pour déposer une gerbe au mausolée de Saâl Bouzid, première victime algérienne des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata. C’est un geste fort et très concret, à la veille du soixante-dixième anniversaire du 8 mai 1945, dans le prolongement de la visite d’Etat du président de la République du 20 décembre 2012 au cours de laquelle il avait reconnu « les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien ».
Cette visite de Jean-Marc Todeschini s’inscrit ainsi dans une démarche d’amitié, de respect et dans le souci de continuer à appréhender notre mémoire commune de manière apaisée et lucide, en vue de mieux nous tourner ensemble vers l’avenir. « Je tiens à cet égard à remercier chaleureusement les autorités algériennes pour leur accueil et pour le soutien qu’elles ont apporté à notre démarche ». Celle-ci n’était pas si facile à faire, pour chacun des deux gouvernements. Il a été avec Tayeb Zitouni, ministre des Moudjahidine devant la stèle de Saâl Bouzid. « Cela sera à ma connaissance la première fois que nous – ou nos prédécesseurs – ferons un geste mémoriel ensemble. Ce n’est pas rien ! Je veux y voir un pas supplémentaire dans la collaboration entre nos deux ministères », a-t-il déclaré.
La presse algérienne tenait à souligner cet événement en posant la question à quelques semaines de la commémoration de l’anniversaire des massacres du 8 mai 1945 qualifiés à la ville symbole de Sétif par un ambassadeur français le 27 février 2005 de « tragédie inexcusable ». « L’inexcusable » et le « devoir de vérité » seront-ils suivis d’une reconnaissance officielle des massacres commis par le colonialisme ? La réponse est positive puisque cette reconnaissance officielle a eu lieu. Les débats sur les questions algériennes en France suscitent toujours des passions qu’on croyait dépassées avec le temps, mais aussi des attitudes courageuses à l’image du Conseil de Paris qui vient d’appeler à la reconnaissance des massacres du 8 mai 1945, « pour que cesse l’oubli ». Il ne s’agit pas de « dépasser les questions mémorielles ». Il s’agit plutôt de mieux vivre ensemble avec notre histoire qui, quoi qu’on fasse, est pour une bonne part commune. L’histoire partagée entre la France et l’Algérie ne s’est pas écrite qu’entre 1954 et 1962. Elle s’est écrite aussi sur les champs de bataille de la Grande Guerre et dans les rangs de la France Libre. Il s’agit aussi, a souligné Jean-Marc Todeschini, le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, « je le crois sincèrement, de faire en sorte que, sans rien oublier des victimes, des drames qui nous ont opposés, sans renoncer à aucun moment à honorer leur mémoire, nous sachions aussi voir ce qui nous rassemble, ce que nous partageons et qui peut nous aider à avancer ».
C’est comme cela qu’il interprète les déclarations du Président Bouteflika, le 8 mai 2012 à Sétif, quand il a appelé à une « lecture objective de l’histoire, loin des guerres de mémoires et des enjeux conjoncturels » afin d’ « aider les deux parties à transcender les séquelles du passé douloureux pour aller vers un avenir où puissent régner confiance, compréhension, respect mutuel et partenariat bénéfique ». C’est cet esprit qui préside aujourd’hui aux relations entre la France et l’Algérie. Cela passe par des gestes forts et concrets, comme cet hommage rendu à Saâl Bouzid mais aussi aux combattants algériens, qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, se sont engagés dans le combat contre le nazisme, en remettant à six d’entre eux la plus haute décoration française, la Légion d’honneur. Notre histoire est multiple et complexe. Elle ne se limite pas à des affrontements. Le réchauffement entre les deux pays était bien engagé pour favoriser la signature d’un document-cadre régissant la coopération entre les deux pays pour la période 2013-2017, suite à la Déclaration d’Alger sur l’Amitié et la coopération entre la France et l’Algérie du 19 décembre 2012. La volonté commune est de poursuivre une nouvelle étape de développement pour continuer ensemble un chemin de générosité et de prospérité.

Emmanuel Macron : « La colonisation française est un crime contre l’humanité »
La dernière visite du candidat à la présidentielle Emmanuel Macron le 13 février 2017 à Alger reste dans les mémoires en accordant une interview au média local de télévision Echourouk News dans laquelle il a qualifié la colonisation française (1830-1962) de « crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes ». Ces propos avaient été bien accueillis en Algérie mais fortement critiqués en France, notamment par la droite et l’extrême droite.
Nul doute que « la question de la mémoire » est abordée lors de la visite du Président Macron. Il s’agira pour lui, premier Président de la Ve République à être né après la guerre d’Algérie, de « tourner la page » pour construire une nouvelle relation.

Me Serge PAUTOT
Auteur de l’ouvrage « France - Algérie : du côté des deux rives»



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