Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 110 - Dec 2017

Go

A la une

Elle vient d’être certifiée aux normes onusiennes Insarag

Une autre reconnaissance internationale pour l’Algérie

Par Farid HOUALI



C’est à travers la réalisation de brillantes démonstrations exécutées par un détachement, composé de 86 éléments, tous grades confondus, relevant de l’Unité Nationale d’Instruction et d’Intervention de Dar El-Beida que la Protection civile algérienne a réussi à décrocher la certification aux normes internationales requises par le Groupe Consultatif de Recherche et de Sauvetage en milieux urbains (INSARAG) qui active sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies. Une performance qui met, désormais, la Protection civile algérienne en première ligne du front de lutte contre les catastrophes aussi bien naturelles que technologiques qui pourraient menacer quelque pays à l’échelle de la planète menée par les Nations Unies, visant l’organisation et la mutualisation des efforts déployés dans le cadre de l’action humanitaire.
De vieilles ambulances issues de la période coloniale au lendemain de l’indépendance, à des hélicoptères de technologie de pointe, la Protection civile aura parcouru un long chemin de modernisation depuis sa création. Aujourd’hui, entièrement composée de professionnels qui connaissent très bien leur travail, la Protection civile algérienne est de loin l’une des plus performantes au monde.
Place donc au savoir et au règne de la planification, à la spécialisation et la professionnalisation, aux équipements modernes et engins performants. Ce sont là les exigences du développement et de la volonté de s’y adapter.
Appelé à la tête de l’Institution et investi de la confiance du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, le Colonel Mustapha El-Habiri n’a pas hésité à bousculer tout son monde et à le motiver afin qu’il s’implique à fond  dans la prise en charge de la mission de redressement, de mise à niveau et d’adaptation du corps de la Protection civile aux attentes d’un environnement en pleinesmutationset devenu par conséquent, exigeant et ce, à travers un formidable déploiement, à la hauteur des préoccupations induites par cet essor tous azimuts.
Ce coup de starter donné à la machine et sa mise sur rail de la modernisation n’ont pas tardé  à donner de résultats. Les lacunes dont a pu souffrir la prise en charge des inondations de Bab-El Oued  ont été transcendé dans celles de Ghardaïa, comme ont pu l’être les défaillances au cours du séisme de Chlef, lors de celui de Boumerdès. « Nous continuerons d’œuvrer d’arrache-pied en vue de permettre à la Protection civile de s’adapter, au mieux, aux profondes mutations de la société et d’en faire l’outil privilégié de la préservation des vies et du patrimoine de la collectivité face aux risques aussi bien naturels que technologiques susceptibles d’en menacer le devenir », affirmait à ce propos, le DGPC dans  entretien accordé dans un passé récent à El Djazaïr.com.
Aujourd’hui,  les hommes et les femmes qui la composent ont montré un courage hors normes en Algérie et partout ailleurs où leur expertise a été sollicitée par des pays étrangers confrontés à des catastrophes majeures, grâce à la réunion des conditions propices au développement, à travers la réalisation d’infrastructures adaptées aux exigences de l’action opérationnelle, leur pourvoi en équipements modernes et en véhicules et engins d’intervention adéquats, le renforcement des effectifs et aux efforts consentis en matière de formation des différents contingents et de spécialisation avec l’émergence d’entités spécialisées dédiées aux missions spécifiques, telles que les Détachements de Renfort aux Premières Interventions (DRPI), les équipes cynotechniques, les Groupes de Reconnaissance et d’Intervention en Milieux Périlleux (GRIMP), les équipes de lutte contre les risques nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC), les équipes motorisées dédiées aux secours d’urgence, le Groupement aérien avec ses hélicoptères, accompagnées d’efforts en matière d’organisation et de coordination sous-tendues par  ceux déployés en vue de la théorisation et de la modélisation des cas et situations possibles, nourris par les différents retours d’expérience et mettant en œuvre les schémas de scénarios extrêmes. C’est grâce à tout cela qu’une telle consécration a été rendue possible. Il s’agit donc, d’une reconnaissance mondiale des capacités de réponse de la Protection civile algérienne en cas de situation d’urgence ou de catastrophe. La cérémonie de remise de cette distinction au DGPC,  le Colonel Mustapha El-Habiri a justement coïncidé avec la célébration d’un évènement cher aux cœurs de tous les Algériens,  celui du 63ème anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale, un certain novembre 1954, un rendez-vous auquel le Colonel, en tant que nationaliste convaincu, était également présent, répondant à l’appel du devoir sacré de défense de la Patrie. Moment solennel que cette cérémonie, organisée au sein de l’Unité Nationale d’Instruction et d’Intervention de Dar El Beida où le Secrétaire général de l’INSARAG, monsieur Winston Chang a remis au premier responsable de l’Institution, la certification aux normes internationales, en présence des 86 éléments de l’équipe HUSAR (équipe lourde de recherche et de sauvetage en zone urbaine) et de nombreux cadres de la Direction générale de la Protection civile.
Il convient de rappeler que l’équipe algérienne lourde (HUSAR), constituée de plusieursmodules dédiés aux missions de commandement, de secours médicalisés, à la cynotechnie, à la recherche, au sauvetage et à la logistique, dotés de tous les équipements nécessaires exigés par les certificateurs,  a fait l’objet d’évaluation et de suivi quasi-permanents par des experts internationaux de renom de diverses nationalités pendant deux années, jalonnées de manœuvres et d’exercices en tous genres comprenant toutes les étapes se rapportant à l’engagement du détachement dans quelque mission d’intervention dans le cadre de l’action humanitaire.La mise en œuvre et la vérification des installations sur les sites, le test des différentes phases allant de la pré-alerte jusqu’à la visite médicale, en passant par l’alerte, le regroupement, le passage en douanes de l’ensemble des modules spécialisés qui composent l’équipe.

Une journée historique
Pour les agents de la Protection civile, cette journée du 2 novembre 2017 sera gravée dans les mémoires. Est-il possible qu’il puisse en être autrement. Celles et ceux approchés en marge de la cérémonie de la remise de la certification, sont unanimes à exprimer encore une fois leur fierté d’appartenir à une institution dont les aptitudes et le professionnalisme sont mondialement reconnus. Pour le sous-directeur des statistiques et de l’information, le colonel Farouk Achour : « C’est le couronnement légitime du processus de modernisation et de professionnalisation du corps initié par le Directeur général de la Protection civile qui a bénéficié de la confiance et du soutien du  Président de la République pour la concrétisation de cette noble mission ».Notre interlocuteur soulignera que « cette certification vient à point nommé et consacre le travail patient et méthodique ainsi que les efforts déployés par tous», affirmant plus loin que la préparation à la certification INSARAG/ONU qui dure cinq ans normalement, n’a été raccourcie à deux années seulement qu’en raison des capacités avérées et reconnues tant sur les plans humain et matériel que sur ceux liés à l’organisation et à la mutualisation des efforts de la Protection civile algérienne dans la gestion des situations d’urgence ou de catastrophes. « Cette consécration qui représente une sérieuse étape franchie sur la voie de la professionnalisation a également été possible grâce au soutien actif de notre Département ministériel dont le Premier responsable, Noureddine Bedoui a suivi pas à pas, l’ensemble des efforts déployés dans ce sens depuis la manœuvre nationale de Boughezoul, a encore ajouté le colonel Farouk  Achour. De son côté, le  commandant Abdelkader Chergui, chef du bureau des risques naturels  a assuré que « cette certification pour laquelle la Protection civile algérienne a opté est de loin, la plus ardue et la plus contraignante ». « C’est un challenge qui exige de grandes capacités en termes de qualification et de moyens à faire valoir pour pouvoir s’aligner sur les normes pointues établies par le Groupe consultatif INSARAG », a-t-il ajouté relevant par ailleurs que la dernière manœuvre avant la certification s’est déroulée les 29 et 30 octobre 2017. Elle a réuni 86 agents répartis en 6 groupes dédiés chacun à une tâche bien définie : management, secours médicalisés, cynotechnie, recherche et sauvetage ainsi que logistique. Le scénario fut le suivant : un séisme de magnitude 7,2 sur l’échelle de Richter a frappé Movania (un pays fictif) situé entre la Tunisie et la Libye, endommageant les infrastructures et provoquant de nombreux accidents routiers, ferroviaires et aériens, responsables, pour certains, de pollution chimique. Tout s’est passé comme dans une véritable mission de secours. Dès leur arrivée dans le pays sinistré et après les procédures douanières, les agents de la Protection civile ont commencé à monter leur camp opérationnel, à mettre en place un système de coordination, à repérer les différents sites et à opérer le découpage de la zone. Des cellules ont été mises en place dans les tentes afin d’évaluer la situation et d’aider à la prise de décision. Il s’agit des cellules de transmission, de renseignement, de santé et d’anticipation. Des Postes médicaux avancés (PMA) ont été installés pour la prise en charge des victimes et des sinistrés choqués, sous l’œil des observateurs et experts étrangers. Pendant 72 heures qu’aura duré cet exercice, les équipes vont se relayer, d’un site à l’autre. Chacune dans sa spécialité, mettant en œuvre son savoir-faire et ses compétences. Tout est planifié, organisé et réalisé dans des conditions très proches du réel et ce, jusqu’à la fin des opérations et par conséquent, la démobilisation.

C’est quoi l’INSARAG ?
L’International Search and Rescue Advisory Group (Groupe Consultatif International de Recherche et de Sauvetage est un réseau international composé de 80 pays et organisations à vocation humanitaire sous l’égide des Nations Unies. Il est spécialisé dans les questions relatives à la recherche et sauvetage en zones urbaines lors des situations de catastrophes. Son objectif consiste à établir des normes minimales communes à toutes les équipes, favorisant leur coordination lors de leur intervention à la suite de quelque tremblement de terre. Créé en 1991, à la suite du séisme qui a frappé l’Arménie en 1988 et des séismes  importants qui l’ont précédé, notamment, celui du Mexique auquel a d’ailleurs participé la Protection civile algérienne. L’INSARAG œuvre en vue de rendre plus efficaces la préparation et les actions de réponse en cas de situation d’urgence ou de catastrophes et de permettre ainsi de sauver davantage de vies, grâce à une coopération rendue plus aisée et par conséquent, plus efficace entre les équipes internationales de recherche et de sauvetage qui utilisent un langage commun, les mêmes méthodes et techniques et des outils et matériels adaptés, identiques, facilitant leur intégration et interopérabilité sur le terrain. Il est également chargé d’élaborer des procédures et des systèmes soumis à l’approbation des membres et permettant une coopération continue entre les équipes de recherche et de sauvetage issues de diverses nationalités, d’établir des lignes directrices et d’aider à la mise en œuvre des bonnes pratiques entre tous les intervenants lors de la phase d’urgence. Ainsi, certifiée, l’équipe algérienne de recherche et de sauvetage en milieu urbain fera désormais partie d’un réseau mondial de partage des connaissances concernant le sauvetage zones urbaines lors de séismes de grande ampleur, avec effondrements multiples ainsi que celles relatives à la coordination entre des équipes qualifiées et dotées d’un matériel lourd et d’équipements spécifiques adéquats.  Elle bénéficiera également de l’accès aux outils de partage du savoir et de l’information tels que le Centre virtuel de coordination des opérations sur le terrain et pourra être au standard international des procédures de recherche et de sauvetage.
F. H.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Farid HOUALI

Les plus lus

L'Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Après l’automobile
Par Yahia MAOUCHI.

La transformation numérique
Par Dr Ali Kahlane,.

Sécurité alimentaire
Par Yahia MAOUCHI.

Saison estivale 2017
Par Farid HOUALI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF