Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 115 - Août 2018

Go

Dveloppement Local

Cap sur les rives du développement

Daïra d’El Kantara

Par Hamid BELLAGHA



El Kantara qu’on prononce généralement El Gantra portait lors de la période romaine le nom de Calceus Herculis. C’est une daïra et commune de la wilaya de Biskra, située au nord du chef-lieu, sur la route menant à Batna. Cette oasis renferme des trésors naturels et archéologiques, tels que le site naturel d’El Kantara et le patrimoine romain, classés et protégés depuis 1923, les gorges et les nombreuses oasis.
El Kantara, véritable espace tampon entre le Nord et le Sud, a été aussi très riche en eau de différentes sources, dont Ain Skhoun, la plus importante, l’oued El Kantara ou Oued El Haï qui était formé de petits barrages qui sont formés à leur tour en quatre canaux d’irrigations, pour assurer l’alimentation en eau de la commune. « Nous avons beaucoup perdu de nos ressources en eaux. Beaucoup de nappes se sont asséchées ou ont vu leur niveau baisser, de même que Oued El Kantara qui n’a plus le débit d’antan et qui se trouve actuellement pollué par des rejets toxiques, en amont, au niveau de Aïn Touta », indique Brahim Boknono, le chef de la daïra éponyme qui englobe aussi la commune de Zaâtout
La population locale est composée de trois tribus différentes : les Ouled Si Ali M’hamed, les Ouled Belli et les Ouled M’hamel. El Kantara recèle une grande richesse patrimoniale, son célèbre pont, la Dachra Dhahraouia et sa Casbah, les vestiges romains avec leur musée et le musée du chahid Omar Driss.
« Notre daïra s’étend sur une surface de 410 km². Toute cette surface importante nous a qualifiés pour être aptes à travailler dans l’agriculture, l’industrie ou le commerce. Le tourisme est néanmoins la future ressource principale de la commune d’El Kantara. Nous disposons aussi sur le plan économique de zones d’investissements et d’activités, qui sont pour le moment très peu développées, avec seulement trois activités majeures à dénombrer. Nous avons lancé dans ce sens un appel aux investisseurs locaux et d’autres wilayas pour venir s’établir économiquement à El Kantara » révèle le chef de daïra, qui soulignera toute la disponibilité de son staff à accorder des facilités aux investisseurs d’autant, dira-t-il, que « le domaine agricole est gagnant-gagnant vu les capacités hydriques de la daïra d’El Kantara, et une terre très féconde. »

En quête d’investisseurs
Dans le but de booster le tourisme, une nouvelle Zone d’extension touristique (ZET) verra le jour prochainement. Ce qui permettra de développer les potentialités touristiques d’El Kantara et le tourisme national et même international, comme c’était la caractéristique de la daïra avant les années 1990. M. Boknono s’estimera néanmoins satisfait du développement local de sa région qui est couverte à 96% par l’énergie électrique et gazière, même chose pour les VRD, tandis que l’état des routes est plus que satisfaisant, et que la dotation des nouvelles habitations en équipements de vie ne prend pas beaucoup de temps, notamment pour les 416 parcelles distribuées récemment.  Le sport n’est pas en reste puisque le cyclisme, majoritairement, a été et demeure un vivier pour les jeunes pousses, preuve en est l’arrivée du tour d’Algérie cycliste à El Kantara au mois de janvier passé, et que d’autres sports, comme sa majesté le football, disposent des équipements nécessaires à leur pratique.
Mais il faut aller, pour les profanes, faire un tour à El Kantara pour se rendre compte que les beautés naturelles de la région ne sont pas que des mots en l’air.

Le devoir de mémoire
Secteur névralgique amené à jouer un rôle important dans l’économie local, le tourisme à El-Kantara, première oasis rencontrée en partance du nord et dotée d’une beauté naturelle, est appelé à être exploité dans une stratégie de développement économiques des zones rurales, en tirant parti notamment d’un regain d’intérêt pour la campagne et son mode de vie traditionnel, ainsi que pour le paysage et le patrimoine bâti. Dans ce contexte, le Musée Omar-Driss peut jouer le rôle de locomotive, comme le souligne Abdelkader Youb, président d’APC d’El-Kantara. Modeste résidence, le Musée raconte l’histoire tumultueuse de la région avec le colonialisme français qui a investi les lieux en 1844 et l’encerclement d’El Kantara par les fils barbelés, pour isoler la population, dès 1956. Le conservateur des lieux et de la mémoire locale, Mohamed Boukerche, un enseignant à la retraite, nous promènera dans les dédales de l’histoire locale à travers des documents de l’époque illustrés essentiellement de photos de chouhada et de moudjahidine.
« Mon souhait est que le musée du chahid Omar Driss soit sous tutelle du ministère des Moudjahidine, pour pouvoir l’entretenir et l’enrichir par d’autres témoignages et documents classés », nous dira notre guide. Sur place, nous découvrirons les photos du père du conservateur et du grand-père du président d’APC. Deux victimes du colonialisme parmi les millions tombés au champ d’honneur. Derrière le musée se trouve le quartier antique d’El Kantara. Une merveille de masures en terre marron drainée par les eaux de la rivière El Kantara. Si la plupart sont en ruines, il en subsiste quand même quelques-unes, excellemment entretenues. « Nous avons ramené une architecte d’Alger qui a eu l’idée de restaurer l’aspect extérieur avec les matériaux originaux, pour bâtir à l’intérieur avec des briques qui sont plus à même de supporter les aléas du temps et des gens », nous dira Abdelkader Youb, en s’improvisant guide des lieux. Plus loin, le musée des arts romains est fermé au public, mais que nos hôtes nous feront visiter quand même. En restauration, il garde néanmoins des trésors archéologiques sous l’ombre des palmiers de l’oasis au pied desquelles serpentent des eaux qui gagneraient en limpidité par un traitement adéquat.
L’attrait des touristes n’étant pas un vain mot, le chef de l’exécutif de la commune a réussi à convaincre un riche expatrié d’investir dans un hôtel traditionnel. Chose qui sera concrétisée en 2018 par une auberge au sein même de la vieille ville, un élément déclencheur, sûrement, pour redonner plus d’énergie et de souffle aux vieux quartiers et bâtisses.
Le chef de daïra, incollable sur tout ce qui touche à ses deux communes, ne tarira pas d’éloges sur ses concitoyens « qui s’investissent pleinement chez eux au lieu de partir vers des horizons improbables. » Et c’est sans doute à ce niveau que se trouve le plus beau et le plus prometteur trésor d’El Kantara.
H. B.



Du même auteur

Par Hamid BELLAGHA

Les plus lus

Libertés démocratiques
Par Farid HOUALI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Wilaya De Annaba

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF