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N° 115 - Août 2018

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Dveloppement Local

Le royaume de la datte

Daïra de Tolga

Par Hamid BELLAGHA



Il fait froid. Il fait très froid. Il pleut même. « Cela fait deux ans et demi que je suis à Tolga, et c’est seulement la seconde fois que je vois un ciel aussi chargé. Vous avez ramené avec vous une pluie salvatrice. » C’est en ces termes qu’Ahmed Hadj-Kaddour, chef de daïra de la célèbre oasis Tolga, nous accueille en son bureau. Natif de Tiaret, il s’est adapté très vite aux us et coutumes de la capitale des Ziban. « Nous avons aussi un wali sur lequel on peut compter qui a complètement changé la manière de gérer wilaya et communes », insistera Ahmed Hadj-Kaddour. Tandis que Nacer Torchi, l’atypique président d’APC de Tolga, présent lors de notre entretien avec le chef de daïra, a voulu nous résumer en une seule phrase sa commune: « Tolga c’est la culture, la religion, le tourisme, et bien sûr les dattes, plus précisément Deglet Nour. C’est la ville du savoir et de la culture. Et puis Dieu nous a envoyé l’actuel wali qui a révolutionné toute la fonction. La population l’a d’ailleurs surnommé le père du pauvre ».
Pour sa part, Ahmed Hadj-Kaddour, didactiquement, nous décortiquera sa daïra en commençant par l’informatisation de ses services. « Nous avons pu mettre un terme aux scènes de cohue qui étaient le lot quotidien des habitants quand il s’agissait de retirer des pièces administratives des services des APC ou de la daïra, même pour un simple extrait de naissance. Maintenant, le citoyen peut avoir ses papiers administratifs au niveau de tous nos services, indépendamment de son lieu de naissance ou de résidence. D’ailleurs vous pouvez le constater de visu au niveau des halls des APC ou de la daïra, où le phénomène de foule a complètement disparu, tout cela grâce à une informatisation et une organisation efficientes de nos services. C’est une fierté pour nous d’avoir pu et su mettre en évidence et sur le terrain les directives du ministère de l’intérieur. »

Des produits agricoles à l’exportation
Une visite, en effet, du hall d’accueil de la commune étayera les dires du maître des lieux. « Le citoyen dépose son dossier de la carte grise de sa voiture au niveau d’un guichet, et il ne quittera les lieux qu’avec son document, et ce, en quelques dizaines de minutes à peine », nous assurera notre interlocuteur. L’informatisation de l’état civil et des services de la daïra n’est pas la seule satisfaction de Hadj-Kaddour. « Nous avons fait aussi d’énormes progrès dans le domaine agricole, la fierté de toute la population de Tolga et de toute la wilaya de Biskra », souligne-t-il. Nous avons pu noter sur nos calepins, en effet, que la wilaya de Biskra pourvoyait à une hauteur de 45% les marchés algériens en fruits et légumes, mettant une fois pour toute au placard l’idée reçue d’un Sud algérien ascète, aussi bien en ressources hydrique qu’agricole. Les efforts de l’État en matière d’aide et de fourniture de l’énergie électrique est aussi à souligner, de même que celle de la construction de barrages hydrauliques qui ont pu briser l’isolement halieutique du Sud, malgré une pluviométrie pratiquement nulle.
« Nous sommes deuxième, après le chef-lieu Biskra, en matière de commerce et d’industrie. Nous récoltons et transformons sur place des produits de Tolga pour le commerce local et pour l’exportation, de la datte et ses dérivés, essentiellement. Même l’emballage est produit sur place. Et tout cela tend vers une augmentation des volumes, surtout après les facilités que l’État a accordées aux investisseurs », soulignera le chef de daïra.
Ce dernier tordra le coup à une idée reçue chez tous les Algériens, et nous-mêmes, il faut l’avouer. Rires. « Tout comme vous, avant de venir ici, dans mon esprit, Tolga rimait avec Deglet Nour uniquement. Mais j’ai eu le loisir de découvrir que Tolga c’est aussi le tourisme, qui, bien pris en charge, pourra dépasser en termes de rentrée d’argent la datte. Je vous donne l’exemple de la bataille des Zaâtcha qui s’est déroulée à moins de trois kilomètres d’ici, et les ruines de la vieille ville sont encore là pour en témoigner. Le tourisme religieux n’est pas moins important avec la zaouïa Othmnia, qui suit le précepte Errahmania, un phare pour les apprenants qui viennent récolter le savoir chez le cheikh Abdelkader Othmani, ses fils et d’autres enseignants. Nous sommes aussi fiers de compter parmi les natifs de Tolga le cheikh Mohamed Hosn El Khidr Etolgui qui a présidé dans les années 1950 les destinées du prestigieux El Azhar. »
Pour revenir à l’agriculture, force est de noter que la moindre des parcelles dans la wilaya, en général, et Tolga en particulier, est exploitée, notamment pour la culture sous serres. La preuve ? La pastèque est déjà présente sur les étals des marchés de la wilaya. Notre interlocuteur nous en parle aussi. « Les investisseurs privés ont beaucoup apporté à Deglet Nour une variété unique au monde. Beaucoup de pays ont essayé d’en avoir en transférant des plants de palmier chez eux, mais Deglet Nour, n’a pas voulu quitter Tolga. »
Le chômage aux abonnés absents
Nacer Torchi, président d’APC, tiendra, de son côté à nous dévoiler l’origine de l’appellation de la plus délicieuse datte au monde. « Deglet Nour nous est parvenue de l’Irak par le biais des routes commerciales des siècles passés qui passaient par Tolga. Le fleuve Dejla lui a donné son nom qui s’est transformé en Deglet. Nour vient du fait que si vous placez une date en pleine lumière, vous la constaterez transparente et la forme du noyau visible. Il n’y a qu’une seule unique Deglet Nour qui, si elle doit subir une variation, le sera uniquement par le classement de la première à la troisième qualité. Nous avons aussi supprimé toute forme d’engrais chimique pour les palmiers dattiers de Deglet Nour pour ne pas abimer le goût, la forme et la transparence de Deglet Nour. C’est du bio à 100%.»
Outre la Deglet Nour, il existe quand même plus de 60 variétés de dattes en Algérie, mais elle demeure l’une des rares à être commercialisée en Asie du Sud-est, le Bengladesh, la France, les États-Unis, la Tchéquie, la Russie, le Émirats, et bien d’autres pays. Donc Deglet Nour, oui, mais pas que. En effet, Biskra, qui dépendait, il y a quelques années, du Nord du pays pour son alimentation en fruits et légumes, se permet aujourd’hui des exportations des fruits des entrailles de ses terres. Et Tolga n’est pas en reste. « Les terres de Tolga et de ses environs peuvent nous permettre d’affirmer aujourd’hui que nous sommes en autosuffisance en fruits et légumes, à part la pomme de terre, qui provient essentiellement de la wilaya d’El Oued. Tout ce qui peut être produit sous serres, existe à Tolga », renchérira Nacer Torchi.
Le chef de daïra, pour sa part, soulignera tous les efforts consentis par les producteurs de fruits et légumes locaux non sans insister sur le précieux concours de l’État en matière d’eau et surtout d’électricité depuis que Sonlegaz a donné son feu vert pour des tarifs étudiés, via sa filiale de distribution SDC.  Si pour le logement, « il n’y a plus de demande oppressante, l’offre va bientôt dépasser la demande avec la réalisation prochaine de 550 logements, une autre fierté pour notre daïra », fera remarquer Hadj-Kaddour, qui n’en est pas moins fier d’avoir éradiqué totalement le commerce informel en créant plusieurs commerces de proximité mettant ainsi à la disposition de tout demandeur un local, à condition de ne plus retrouver d’étals sur les trottoirs. A Tolga, le développement a pris « datte ».
H. B.



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