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N° 113 - Mai 2018

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Dveloppement Local

Le meilleur des déchets est celui que l’on ne produit pas

Etablissement de gestion des centres d’enfouissement technique (Gecetal)

El-Djazair.com



C’est dans la commune de Mahelma, circonscription de Zéralda que se trouvent les installations de l’Epic-Gecetal, projet réalisé par le ministère des Ressources en eau et de l’Environnement et géré par l’EPIC-Gecetal de la wilaya d’Alger. Cet EPIC, dirigé par Souhila Ladjerem, ingénieur d’Etat en environnement à seulement 23 ans, emploie 500 travailleurs tous profils confondus. Ce sont des ingénieurs ayant bénéficié d’un programme de formation touchant différents domaines en rapport avec l’environnement dans des centres agréés par l’Etat. Ces formations comprennent la réglementation environnementale, le marché public, l’hygiène et la sécurité,  la gestion des ressources humaines, la comptabilité et fiscalité. L’EPIC emploie également des administrateurs. 77% sont des ouvriers opérationnels. Les femmes ne sont pas en reste puisque 2 sont chefs de département, une est administrateur, une autre responsable des achats, comptable, secrétaire et agent d’entretien. Intransigeante en matière de discipline, aussi bien envers elle qu’avec les autres, Mme Ladjerem donne l’exemple en faisant quotidiennement pas moins de 12h de travail. D’ailleurs, à notre arrivée, nous avons constaté qu’elle n’était pas dans les bureaux mais dans les hangars. Ce qui nous amène à lui demander comment fonctionne le système de brigade pour la bonne marche du service. 7x7 de 5h du matin à 17h. « Nous faisons du 2x6 » précise-t-elle, soit de 21h à 3h du matin. Le vendredi de 5h à midi avec une reprise à 20h jusqu’à l’aube.
Avant de nous munir de gilet et masque pour la visite des lieux, Mme Ladjerem évoque la loi 01-19 de décembre 2001, relative à la gestion, au contrôle et à l’élimination des déchets. Cette loi, rappelle-t-elle, a donné une nouvelle dynamique qui repose sur le principe de hiérarchisation : la prévention par la réduction des déchets à la source, le développement de la réutilisation et du recyclage, la responsabilité des producteurs, la réduction de l’incinération et de l’enfouissement. Dans cet esprit, l’objectif des pouvoirs publics est de contribuer à améliorer les performances des consignes de tri (séparation des flux), de développer des filières de recyclage et de valorisation, soit toutes les opérations de réutilisation, de recyclage ou de compostage des déchets. La prévention étant la première priorité de la politique nationale des déchets. Ne dit-on pas que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ?
« Pour sensibiliser les jeunes générations à cette préoccupation de taille, tous les mardis une visite pédagogique sur site est programmée pour les écoliers sur le tri sélectif des déchets », révèle Souhila Ladjerem. Ainsi, après chaque visite, les photos prises peuvent être consultées sur la page Facebook de l’EPIC Gecetal.
Les déchets admis sont ceux produits par des ménages, des cantines ou encore des déchets municipaux. Les non-admis sont les déchets d’activité de soins, abattoirs, encombrants, verts, gravats, radioactif, spéciaux, spéciaux dangereux.
Chaque semestre une visite médicale est programmée pour les ouvriers. Tous les cinq ans, un vaccin anti-hépatite A et B, tétanos et diphtérie est fait.

Cheminement des ordures
Elles sont ramassées par les EPIC Netcom et Extranet et amenées vers Gecetal puis dirigés vers le pont-bascule, pour identification. « Chaque camion a une carte magnétique qui donne des informations sur le client, le numéro du badge, l’immatriculation et le tare. On procède ensuite au contrôle de l’état du camion (déchets admis, immatriculation, filets de protection). Un ticket de pesée lui est remis où sont inscrits la date et l’heure, le code client, le n° du badge, l’immatriculation, tare et poids net. Il existe des fichiers sur les clients, les pesées et les sanctions. Un bilan quotidien, hebdomadaire et mensuel est ainsi établi grâce à notre banque de données », révèle Mme Ladjerem.
Les déchets sont ensuite déversés au niveau d’une plateforme. A l’intérieur, un chargeur pousse les déchets vers un convoyeur, passent par un déchireur de sac et sont triés sur 3 chaines de tri de 900 tonnes/jour. Les ouvriers munis de masque travaillent 18h, soit de 05h à 17h00 (deux brigades) et de 21h00 à 3 h00 (une brigade). Les matériaux récupérés sont:
•    Plastique (PET-PEHD-PVC)
•    Verre (blanc-vert)
•    Métaux ferreux et non ferreux (fer-aluminium)
•    Pain séché et revendu à des agriculteurs
•    Papier, pneus usagés. 
Les déchets non valorisables sont déversés vers un autre casier hors du centre de tri qui les achemine vers les casiers d’enfouissement.
Nous y allons en voitures et sommes accueillis par un spectacle inattendu, une nuée d’oiseaux. Blancs. Sur les lieux du matériel, 4 bulldozers, 4 compacteurs, une pelle et des ouvriers qui travaillent sur une immense surface ouverte, couverture d’un film de 2 mm d’épaisseur réalisé aux normes internationales, en plus d’autres protections. Plus tard, un reboisement sur ce site se fera en respectant la topographie des lieux.
Mme Ladjerem nous dit qu’ici l’incinération est interdite. C’est une façon écologique de traiter les ordures. D’ailleurs au niveau du hangar de tri, elle nous apprend qu’une chaine pour le recyclage des sachets plastiques sera opérationnelle dans deux mois. Nous en voyons le résultat. De petites pastilles de couleurs en plastique qui serviront à l’industrie.
Les lixiviats (liquides des déchets drainés vers un bassin, puis pompés) sont traités par une station à raison de 80 m3/jour  ; deux autres stations existantes d’une capacité de traitement de 200m3 /jour.
Une station de traitement des eaux usée (150 équivalents/habitants) existe ici aussi.
Nous rencontrons le personnel du laboratoire pour le contrôle de la qualité de l’eau, avant et après. Un surpresseur tire cette eau vers une bâche, laquelle une fois épurée servira à nettoyer des surfaces ou à arroser la végétation environnante. Le surplus va vers l’oued Mazafran.
 C’est la première station de ce genre dans le monde arabe. Le traitement se fait par bioréacteur à membrane (BRM).
Mme la directrice nous invite à reprendre la voiture, pour un autre lieu non loin de là où de gros blocs sont récupérés pour être concassés. Ils serviront pour les nombreuses constructions en cours de réalisation.

Projets en cours financés par la wilaya
•    Une station de compostage d’une capacité de 176 m3 /J
•    La fermeture du casier n° 1 qui sera remplacée par l’exploitation du casier n°2
•    La poursuite de l’étude De captage, drainage et traitement des biogaz.
Avant de nous raccompagner, Mme Ladjerem conclu que, dans le cadre du développement durable, le défi à relever est de passer d’une politique des déchets à une politique des ressources, qu’il faut savoir exploiter pour en faire un matériau utile et une véritable matière première, génératrice qui plus est de revenus.

Le centre d’enfouissement technique (CET) de Hamici
Implanté dans la commune de Mahelma à l’ouest d’Alger sur une surface globale de 95 hectares, le centre d’enfouissement technique (CET) de Hamici est un réceptacle des déchets ménagers et assimilés provenant des communes de la wilaya d’Alger. D’une capacité de traitement de 10 millions de tonnes/an, le CET de Hamici a une durée de vie prévisionnelle de 15 ans. Le premier casier mis en service est d’une capacité de 1 800 000 m3 de déchets pour une durée de vie de 5 ans. La quantité moyenne de déchets réceptionné est estimée à 1750 tonnes/jour.Cette infrastructure permet de faire le tri d’une quantité de déchet estimée à 600 t/j. Le CET de Hamici qui travaille à plein régime est d’un grand apport pour le traitement des déchets ménagers et assimilés de la capitale. Son extrême importance pour le traitement des déchets des communes de la wilaya d’Alger a amené les responsables du ministère des Ressources en eau et de l’Environnement à songer à son extension. Ainsi, la construction d’un nouveau casier de 13,8 ha avec une capacité d’enfouissement d’environ trois millions de m3 de déchets ménagers a été lancée en 2016. Il est prévu aussi la construction d’une autre station de traitement des lixiviats (osmose inverse d’une capacité de 120 m3/j). Il est également prévu la construction des deux nouveaux casiers (casiers 3 et 4), avec une capacité d’enfouissement d’environ 5 millions de m3 de déchets ménagers. Comme il est question de la réalisation de deux nouvelles unités de tri (au minimum) potentiellement abritées dans un nouveau hangar, la réalisation d’un nouveau pont-bascule, ainsi que l’étude préliminaire du système futur de collecte et traitement du biogaz du premier casier.
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Fiche technique
1-Centre d’enfouissement technique classe (02) de Hamici pour le traitement des déchets ménagers et assimilés.
•    Date du début de l’activité : 03 Aout 2013
•    Superficie du centre : 95 hectares
•    Quantités de déchets reçu par jour : 1700 tonnes/ J (40 communes concernées)
•    Equipements : Balance O7 casiers d’enfouissement d’une capacité totale de 10 Millions de tonnes (la capacité du premier casier est estimé à : 1,600 000 T)
•    Une station de traitement des lixiviats par traitement biologique-membranaire de capacité de 80m3 /jour.
2- Unités de tri et valorisation des déchets :
•    Date du début de l’activité : 03 Aout 2013
•    Superficie des unités : 2500 X (2) m 2
•    Quantité de déchets triés par jour : 900 tonnes/ jour (heures de travail par jour 18H
•    Equipements : trois unités de tri (capacité par unité : 24 tonnes)- Trois presses à balle horizontale- Une presse à balle verticale.
3- Centre d’enfouissement technique classe(03) de Hamici pour le traitement des déchets inertes
•    Début de l’activité : 1er Mai 2014
•    Superficie du centre : 08 hectares
•    Quantités de déchets reçu par jour : 1050 tonnes/ J(57 communes concernées)
•    Equipements : un casier d’une capacité de 2.5 millions de tonnes.



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