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N° 126 - Jan 2020

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Dossier

Les 54 engagements du Président Tebboune pour l’Algérie

Pour l’instauration d’une nouvelle République

Par Yahia MAOUCHI



Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, élu le 12 décembre à la magistrature suprême du pays, s’est engagé, durant sa campagne électorale, à répondre aux aspirations légitimes exprimées par le Hirak, qualifiant ce mouvement populaire de bénédiction qui a permis à l’Algérie d’éviter des catastrophes. Cet engagement a été réitéré par le Président élu lors de sa première conférence de presse animée, le 13 décembre, juste après l’annonce par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) des résultats préliminaires du scrutin au cours duquel il a été conforté avec 58,13% des suffrages exprimés. Ainsi, le nouveau président Abdelmadjid Tebboune, qui durant les 21 jours de la campagne électorale, n’a cessé d’expliquer le contenu de son programme à travers les différentes haltes observées à travers le pays, a promis aux Algériens une réforme profonde de la Constitution qui donnera naissance à une nouvelle République. Cette Constitution passera par un référendum populaire et « réduira les prérogatives du président de la République », a-t-il annoncé. « Nous allons soumettre la première mouture de cette constitution à des consultations qui impliqueront la famille universitaire, les intellectuels et toutes les parties de la société. Ensuite, elle sera proposée à la communauté algérienne à l’étranger pour enrichissement. Enfin, elle sera soumise à un référendum populaire », a-t-il détaillé. Une fois la nouvelle Constitution adoptée, « l’Algérie sera effectivement entrée dans une nouvelle République », a-t-il soutenu. Parmi les principales réformes avancées pour « combler les lacunes de l’actuelle Constitution et éviter au pays tous les risques liés à ces lacunes », selon le Président Abdelmadjid Tebboune, figurent « la réduction des prérogatives du président de la République et l’instauration d’un équilibre entre les différentes institutions ». Dans son programme électoral, intitulé « 54 engagements pour une nouvelle République », M. Tebboune s’est engagé, concernant la Constitution, à initier une « révision profonde qui consacre la démocratie, à travers une séparation stricte des pouvoirs et le renforcement des pouvoirs de contrôle du Parlement » et garantisse « le fonctionnement harmonieux des institutions ». L’objectif escompté par cette réforme est « la protection des droits et libertés du citoyen, éviter toute dérive autocratique à travers la mise en place de contrepouvoirs efficaces, consacrer l’inviolabilité et l’immuabilité de la limitation du mandat présidentiel à un seul renouvelable une fois, et limiter l’immunité parlementaire aux actes et propos intervenant dans le cadre de l’activité parlementaire ». Outre une réforme globale de la Justice, de l’organisation territoriale et de la gestion de l’administration locale, le raffermissement de la démocratie participative figure également parmi les engagements du Président élu.

 

Séparation stricte des pouvoirs

Par ailleurs, lors de ses déplacements dans les différentes wilayas, à l’occasion de la campagne électorale, le sujet de la séparation stricte des pouvoir a été toujours présent dans les meetings du nouveau Président. « Je m’engage, si je suis élu, à la consécration de la séparation des pouvoirs et à la consolidation des institutions. Je vous promets également, d’ouvrir un large dialogue national consacré à l’amendement de la Constitution. Le document que je compte proposer préservera les constantes de l’identité nationale, y compris l’amazighité, question déjà tranchée dans l’actuelle Constitution », s’engageait-il lors d’un meeting. Le nouveau chef de l’Etat a notamment évoqué l’urgence de moraliser la vie politique en consacrant la séparation de l’argent et de la politique. Cette nouvelle République, l’heureux élu du scrutin du 12 décembre dernier, la veut avec une justice indépendante et la promotion de la démocratie participative. Par ailleurs, lors d’un débat télévisé organisé le 6 décembre entre les cinq candidats, M. Tebboune s’était aussi engagé à amender l’article 51 de la Constitution actuelle qui exclut les binationaux des hautes responsabilités de l’Etat et des fonctions publiques. « Je m’engage à amender cet article en fonction de l’importance et du caractère stratégique des responsabilités de l’Etat. Il n’y aura aucune différence entre les citoyens algériens vivant en Algérie et ceux vivant à l’étranger », a-t-il affirmé. L`article 51 de la Constitution algérienne, révisée en 2016, stipule que « l’égal accès aux fonctions et aux emplois au sein de l`Etat est garanti à tous les citoyens, sans autres conditions que celles fixées par la loi ». Parmi les autres priorités du président élu en matière de prise en charge des revendications portées par les acteurs du Hirak, figure aussi la révision de la Loi électorale afin de doter, a-t-il souligné, « le pays d’institutions élues légitimement par le biais d’élections honnêtes libérées de l’emprise de l’argent ». La composante du prochain gouvernement, qui comprendra des ministres jeunes de moins de 30 ans, constituera également aussi une des réponses aux attentes exprimées par le mouvement populaire.

 

La mise en place d’un nouveau modèle économique

Sur le plan économique, Abdelmadjid Tebboune avait annoncé sa volonté de mettre en place un nouveau modèle économique basé sur la diversification de la croissance et de l’économie de la connaissance. Ce nouveau modèle doit, avait-il indiqué, passer par la valorisation de la production nationale manufacturière agricole, industrielle et de service par une incitation fiscale, la limitation des importations et la mise en œuvre d’une nouvelle politique d’industrialisation. Le président élu avait notamment promis, dans ce sillage, de renforcer le rôle économique des collectivités locales dans le développement et la diversification de l’économie nationale, d’améliorer le climat des affaires et d’encourager l’investissement direct étranger. Il s’agira aussi, avait-il souligné, de « promouvoir la production intellectuelle, culturelle et artistique au service de la croissance économique ». Abdelmadjid Tebboune projette également l’application d’une nouvelle politique de développement hors-hydrocarbures, la substitution des produits importés par d’autres locaux en vue de préserver les réserves de change. Le nouveau chef de l’Etat s’était, par ailleurs, engagé à réformer le système fiscal pour en faire un moyen d’orientation économique et d’encouragement à la production nationale et ce, en passant par une numérisation tous azimuts de l’administration.

 

L’éradication du chômage

L’éradication du chômage n’est pas en reste dans le programme du Président Tebboune, qui s’est engagé à mettre en place de mesures actives de lutte contre le chômage, notamment dans le sud. Il s’est dit déterminé à instaurer l’égalité des chances et permettre un accès équitable au marché du travail. « Il n’est pas question que le système actuel soit maintenu», a-t-il affirmé. En outre, Abdelmadjid Tebboune avait mis à profit l’opportunité de la campagne pour promettre la réduction drastique du taux de chômage, en particulier le chômage des jeunes et des femmes, à travers, la multiplication de l’offre d’emploi induite par la croissance économique, l’encouragement des entreprises à recruter les jeunes à travers l’octroi d’incitations fiscales et parafiscales. Il s’agira aussi, a-t-il dévoilé, de créer un dispositif «congé création d’entreprise» pour favoriser l’entrepreneuriat.

 

L’amélioration du cadre de vie

En plus de l’éradication du chômage, le Président Tebboune s’est engagé à accroître le niveau de vie des couches vulnérables, citant notamment les femmes au foyer, les appelés de l’Armée nationale populaire (ANP) durant les années 1990 et les personnes aux besoins spécifiques. Le Président Tebboune s’est engagé également à ériger l’accès au logement en priorité absolue et à accroître le pouvoir d’achat des citoyens en défiscalisant totalement les bas revenus. Le Premier magistrat du pays avait, lors de son marathon électoral, promis l’élimination définitive des disparités de développement en mettant l’accent prioritairement sur les régions défavorisées. Sur le plan des acquis sociaux, Abdelmadjid Tebboune a promis de préserver le système de sécurité sociale et de retraite en élargissant la base cotisante et la création de la branche retraite complémentaire au sein de la CNR et de la Casnos. Dans ce contexte, Abdelmadjid Tebboune a promis de supprimer l’impôt pour tous ceux dont le salaire est inférieur à 30.000 DA et de récupérer l’argent volé. « Ce n’est pas du populisme, mais c’est une méthode étudiée. Je m’engage à améliorer le pouvoir d’achat de la classe ouvrière et de la classe moyenne », a-t-il promis.

 

La révision du système scolaire et universitaire

L’une des préoccupations majeures de la famille algérienne reste incontestablement la surcharge du programme scolaire, notamment du cycle primaire, générée par la dernière réforme du système éducatif. Une saturation des programmes qui n’est pas sans conséquences négatives sur la scolarité des enfants, mais aussi sur leur santé menacée sous l’effet d’un cartable surchargé. Les alertes données depuis plusieurs années par les parents et les spécialistes n’ont pas laissé, semble-t-il, le nouveau Président insensible, puisqu’il a promis, de revoir les programmes scolaires et de régler le problème de la surcharge du cartable de l’élève. S’adressant, dans ce contexte, aux personnels de l’éducation, le président élu a affirmé la nécessité de valoriser le corps des enseignants et d’améliorer leur statut. Il a également assuré qu’il accorderait une formation continue aux enseignants pour adapter leurs connaissances et méthodes de travail à l’évolution universelle. Le nouveau chef de l’Etat a, ainsi, révélé la nécessité d’encourager l’enseignement des disciplines scientifiques et il a émis le vœu que l’université puisse devenir un cadre d’épanouissement et d’innovation. Le nouveau président élu a également exprimé sa volonté de procéder à une refonte pédagogique et à alléger le programme scolaire au profit d’activités sportives, culturelles et artistiques. Il a fait notamment part de son intention de faire de l’école le meilleur moyen d’ascension sociale.

 

Des réformes profondes dans le secteur de la santé publique

Dans le domaine de la santé, le programme électoral du nouveau président met un point d’honneur à garantir à tous les citoyens un accès à des soins de santé performants et de qualité. Ceci ne sera possible que par le renforcement de la part du PIB consacrée à la santé afin de pouvoir réaliser des centres hospitaliers répondant aux standards internationaux et d’améliorer les infrastructures existantes. Il s’agira aussi de numériser la gouvernance du système de santé et placer l’Algérie, à l’horizon 2030, dans la moyenne internationale pour l’ensemble des indicateurs de référence en matière de santé publique. Le 8e président de la République a aussi assuré que  l’Etat garantira l’accès des citoyens à une prise en charge sanitaire de qualité à travers l’augmentation du budget accordé au secteur de la santé, la réalisation de nouveaux centres hospitalo-universitaires et la résolution de la problématique des urgences médicales, a ajouté le Président Tebboune, relevant qu’il sera question également d’encourager l’investissement dans l’industrie du médicament pour atteindre 70% de production locale sur les génériques et 30% en produits de spécialité.

 

Développement de l’industrie militaire

Les volets Défense et Politique étrangères n’étant pas en reste, M. Tebboune a promis de mettre l’industrie militaire au service de la sécurité et de la défense nationales, et en faveur du développement économique. Il a affirmé que l’Armée nationale populaire, digne héritière de l’ALN, poursuivrait la réalisation des objectifs permanents de modernisation des forces armées. En outre, le président de la République fraîchement élu a fait savoir qu’il s’emploiera à la révision des objectifs et des missions classiques de la diplomatie algérienne, tout en veillant à la promotion et à la participation de la communauté nationale à l’étranger dans le renouveau national. Le nouveau chef de l’Etat a accordé une place de choix à cette thématique dans son programme électoral. Indiquant, au passage, qu’il la veut dynamique et proactive. A ce propos, il a appelé à l’établissement d’une diplomatie économique offensive au service du développement national et des entreprises publiques et privées. Il a enfin annoncé l’instauration d’une diplomatie culturelle et cultuelle au service du rayonnement national, et appelé à protéger la communauté algérienne à l’étranger.

 

Promotion de la culture

Par ailleurs, Abdelmadjid Tebboune a exprimé son intention de promouvoir la culture et les activités culturelles, et ce, en mettant à disposition des artistes des espaces dédiés dans les friches industrielles et dans les espaces libres. Il s’est engagé, dans ce sillage, à valoriser le métier d’artiste et à promouvoir son rôle. Il a également annoncé la promotion du livre et de la lecture dans les milieux scolaires. Enfin, persuadé que les 54 engagements pris dans le cadre de son programme électoral, y compris parmi les réformes envisagées dans les domaines socio-économiques et culturels, cadrent avec le « vécu et les revendications du Hirak », le président élu s’est dit convaincu qu’un dialogue « sérieux » entre les Algériens permettra de bâtir « l’Algérie nouvelle ».

 

Y. M.

 



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