Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 126 - Jan 2020

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Dossier

« L’indépendance de la justice n’est pas un privilège mais une responsabilité »

Belkacem Zeghmati, ministre de la Justice, garde des Sceaux :

Par Farid HOUALI



Définie comme l’instrument de désignation des gouvernants et apparaissant comme un substitut au tirage au sort, au hasard ou aux prédictions des oracles, à l’hérédité ou à la cooptation, une alternative viable à l’auto-désignation et un outil de participation des citoyens à la gestion de la chose publique, l’élection constitue, en effet, l’une des poutres maîtresses de tout régime démocratique, car ce dernier est celui dans lequel les gouvernants sont choisis par les gouvernés au moyen d’élections sincères et libres. Il reste que, dans la pratique, l’élection libre et honnête a été démentie à moult échéances. Pour démentir cette analyse et prouver que l’« élection régulière et transparente » est un moyen crédible de promotion des alternances démocratique et politique et s’inscrivant dans les progrès de l’État de droit en tant que barrière aux excès de l’autoritarisme de certains qui ont fait leur la doctrine augustinienne sur la prédestination et la réprobation, Belkacem Zeghmati, ministre de la Justice, garde de Sceaux, a affirmé, lors d’une allocution à l’occasion de l’installation du procureur général et du président de la Cour d’Oran, que « l’indépendance de la justice n’est pas un privilège offert au juge, mais une responsabilité qui lui est imposée, exigeant de lui de rendre justice aux citoyens dans leurs droits et libertés, en toute conscience ».  En effet, « le secteur de la Justice se doit de jouer un rôle de premier plan en vue de réhabiliter la confiance du citoyen en les institutions de l’Etat et d’établir leur crédibilité », a indiqué M’hamed Rouabah, président de la chambre du Conseil d’Etat, qui avait procédé en sa qualité de représentant du ministre de la Justice, garde des sceaux, à l’installation de Nessereddine Boudane en tant que procureur général près la Cour de Aïn Defla. Une confiance et une crédibilité qui ne sauraient être regagnées que par une élection régulière et transparente. Cet objectif ne peut être atteint sans une justice forte, indépendante, transparente et neutre, s’employant à préserver les libertés et à garantir les droits, une justice tenant à ses missions constitutionnelles et activant dans le cadre de la déontologie la régissant. Une chose à laquelle s’attelle Belkacem Zeghmati depuis  son retour à la vie active. Nommé procureur de la cour d’Alger avant d’être promu au poste de ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, qui a réussi un retour en force, spectaculaire même, n’a pas l’intention de décevoir. Grâce à sa riche et longue expérience acquise à travers tous les échelons qu’il a gravis depuis le début de sa carrière, et grâce à son engagement dans le processus notamment de la remise à niveau de la justice, Belkacem Zeghmati est un homme de justice maniant aussi bien le « verbe » que l’ « action ». Fervent défenseur d’une justice autonome, moderne et à visage humain, l’actuel ministre de la Justice et garde des Sceaux est  convaincu que « l’appel à la justice est le slogan dans lequel fusionnent toutes les revendications et les remplace toutes dans leur diversité et pluralité », précisant qu’« il y a des étapes précises dans la vie des sociétés où la justice se transforme, nécessairement, en relais de tous les espoirs et une boussole dont l’aiguille indique l’exactitude de la direction ou sa déviation ». Soulignant que « dans notre réalité actuelle, il y a une nécessité absolue à l’instauration du pouvoir de la loi et à la multiplication des efforts pour sa consolidation et son implantation dans la pratique et la réalité»,  Belkacem Zeghmati a indiqué que « si le peuple a crié de ses tréfonds la nécessité de lutter contre la corruption et de faire face à l’économie de la rente et de la tyrannie, il a revendiqué, en revanche, la dignité, l’égalité des chances et le respect des droits de l’Homme et de la justice sociale », en référence aux revendications populaires. Soutenant  dur comme fer que «l’indépendance de la justice n’est pas un privilège offert au juge, mais une responsabilité», Belkacem Zeghmati affirme que « cette indépendance l’oblige à juger en toute neutralité, se basant sur la loi et les preuves qui lui sont présentées, sans influence extérieure », tout en  rappelant que la responsabilité de la justice «est grande» et que «la non-violation des devoirs du corps de la justice est la garantie pour une justice neutre qui n’est touchée, à l’ombre d’un système démocratique et un Etat de justice et de droit, par aucune influence réelle ou supposée». Á ce propos, le minist