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N° 124 - Nov 2019

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Dossier

Bonus sur le marché algérien de l’assurance

Avec un chiffre d’affaires de 143 milliards de dinars

Par Smail ROUHA



Assurance, prime, sinistre, police, bonus-malus, des termes évoqués tout le temps, partout et par tout le monde. Personne ne peut s’en passer. Actes d’achat, accidents de la circulation, du travail, vols, pertes, incendies, tout y passe. Notre vie quotidienne est devenue synonyme d’assurance. Incompréhensible pour certains, complexe pour d’autres, l’assurance est devenue un élément vital dont le commun des mortels ne peut plus se passer. Elle est présente à tous les niveaux de notre vie, depuis la naissance jusqu’au décès de la personne « assurée ». Peut-on imaginer une vie sans assurance. Quel sera le sort d’une victime d’un accident ou d’une quelconque catastrophe ? De ce fait, l’assurance est non seulement une nécessité sanitaire, mais c’est aussi un gage de bien-être et un secteur d’importance capitale pour la vie sociale du citoyen. Inventée par les Européens dans la foulée de la révolution industrielle, l’assurance a fait le tour du monde pour devenir en quelques années une industrie financière aux multiples acteurs. L’économie, d’aujourd’hui et de demain, est fondée sur la connaissance. Mais aussi sur l’effort coordonné et commun à tous les secteurs. Le développement économique est fondé, également, sur l’assurance, même si le caractère immatériel de l’assurance masque son rôle dans le développement économique. Pourtant elle contribue à stimuler la croissance, à accroître la résilience des économies locales et des ménages face aux évènements extrêmes, et à favoriser la redistribution et la solidarité entre les individus. Néanmoins, malgré l’importance primordiale de l’assurance dans l’activité économique d’un pays, il est difficile d’apprécier son rôle dans le processus de développement. Son importance a pourtant bien été identifiée depuis le début des années 1964, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement ayant reconnu qu’un marché national d’assurance fondé sur une base rationnelle est un élément essentiel de la croissance économique. Par le truchement de divers mécanismes, les sociétés d’assurance peuvent fournir à l’économie des possibilités de croissance offrant ainsi une voie de financement aux besoins publics et contribuant au développement des entreprises. La contribution du secteur de l’assurance à la croissance économique est donc une évidence pour la majorité des pays et notamment pour les pays industrialisés. Cependant, cette réalité n’est pas toujours observée en Algérie en dépit du fait que toutes les études font état d’une grande relation causale entre le secteur de l’assurance et la croissance économique ainsi que la relation de corrélation entre le développement de l’assurance et la croissance économique.
L’assurance des personnes
L’assurance algérienne des personnes est surtout composée de couverture contre les dommages et à moindre niveau d’assurance-vie qui demeure un produit mal utilisé par les assurés en Algérie. Les raisons principales au moindre intérêt que les Algériens portent à l’assurance vie sont la faiblesse des revenus ainsi que la solidarité sociale traditionnelle basée sur le support familial en cas de décès par exemple.

Un secteur mobilisateur de l’épargne

En analysant la situation de 77 économies avancées ou émergentes entre 1994 et 2005, Han et coll. (2010) ont montré qu’une pénétration totale de l’assurance en hausse de 1 % se traduisait par une augmentation de 4,8 % de la croissance économique (1,7 % si l’on ne retient que l’assurance-vie). De ce fait, l’assurance est un secteur indispensable dans l’économie, et la littérature économique a affirmé que le développement du secteur des assurances et la croissance économique sont interdépendants et qu’une économie sans service d’assurance serait moins développée. Mais qu’en est-il du secteur algérien des assurances qui a connu plusieurs réformes depuis l’indépendance ? Des reformes (la spécialisation, la déspécialisation, la libéralisation) qui se sont soldées par une contribution à hauteur de 0,71% du PIB (Produit intérieur brut) à fin 2017, un taux qui reste faible en comparaison avec nos voisins. Néanmoins, il y a lieu d’appréhender le rôle du secteur des assurances par son apport irremplaçable au développement du marché financier, grâce à ses capacités de mobilisation de l’épargne et de son placement tels les différents titres émis sur le marché financier local. En effet, encouragés par l’énorme potentiel de l’épargne des Algériens et l’absence de produits de placement – faiblesse du marché financier –, les professionnels du secteur optent pour la diversification des produits, notamment à travers la promotion de branche assurance des personnes. Pour cela, une stratégie bien ciblée et un travail de marketing approfondi sont nécessaires pour expliquer l’intérêt des produits d’assurance pour la protection des biens et des personnes. « En plus de booster l’investissement, le secteur des assurances constitue, en lui-même, un mode d’investissement et ce, à travers les placements effectués par les sociétés d’assurance sous différentes formes (bons de trésors, placements auprès des banques, etc.). Les sociétés d’assurance peuvent offrir à l’économie nationale des possibilités de croissance. Elles tiennent un rôle essentiel dans le financement de l’économie, participant ainsi au développement des entreprises et au financement des besoins publics. L’autre regard qu’il faut porter c’est en direction du processus de capitalisation de l’économie où l’assurance occupe une place de premier rang. « Effectivement, le marché de l’assurance génère d’importants capitaux qui sont généralement employés pendant un certain temps, moyen et long termes, au sein des marchés financiers », précise Abdelhakim Benbouabdellah, secrétaire permanent du Conseil national des assurances (CNA).

Un processus de capitalisation de l’économie

Malgré son énorme potentiel, le secteur des assurances est largement dominé par les entreprises publiques. Constitué de 24 compagnies d’assurance et 2 mutuelles, publiques et privées, avec un réseau de quelque 4.500 agences réparties à travers le territoire national, le secteur a réalisé un chiffre d’affaires de 143,4 milliards de dinars (1,3 milliard de dollars), soit une évolution de 3,3% par rapport à l’année 2017. « Toutefois, il faut avouer que l’apport de ce secteur demeure faible, en dépit de la croissance continue du chiffre d’affaires du marché », révèle Abdelhakim Benbouabdellah, secrétaire permanent du Conseil national des assurances (CNA). En effet, et malgré son énorme potentiel, ce domaine d’activité, considéré comme le moins développé de la région du Maghreb, ne contribue qu’à hauteur de 0,71% du PIB (Produit intérieur brut) à fin 2017, en sachant que dans le monde, le secteur des assurances représente 4.891 milliards de dollars, dont 2.657 milliards de dollars en assurance vie. « Le poids global des assurances dans le PIB reste évidemment à parfaire pour atteindre des niveaux plus acceptables », précise Abdelhakim Benbouabdellah. Les raisons sont multiples. Afin d’améliorer ce taux, il y a lieu d’œuvrer à la diversification des produits d’assurances, telle que l’introduction de l’assurance Takaful et l’exploration d’autres domaines pour élargir l’activité de l’assurance en Algérie à l’image des assurances de personnes, celles agricoles et celles contre les effets des catastrophes naturelles, sont des segments qui restent à booster, préconise le secrétaire permanent du Conseil national des assurances. Devant le faible taux de pénétration du marché des assurances, en dépit de l’existence d’une forte marge de croissance de l’activité de l’assurance, en dehors de l’assurance automobile et de l’assurance des grands risques industriels qui dominent à hauteur de 84%, le ministère des Finances a exhorté les compagnies d’assurance à diversifier et à explorer d’autres domaines pour élargir l’activité d’assurance en Algérie. En effet, les assurances, respectivement, des personnes, agricoles et des catastrophes naturelles sont des segments « à développer ». Néanmoins, le développement et la diversification du marché des assurances restent tributaires d’une amélioration constante de la qualité des services offerts aux assurés et de la poursuite des efforts de la modernisation du secteur. A cet effet, le recours aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, dans un environnement de plus en plus exigeant et compétitif, favorise le développement des activités des compagnies d’assurance et constitue un puissant levier pour rehausser la qualité des services offerts à la clientèle et stimuler le marché avec des produits innovants et de large diffusion. D’autant plus que le secteur des assurances des biens et des personnes constitue un levier pour le développement économique et social, ajoutant que sa contribution « appréciable » dans le financement de l’économie est appelée à se renforcer eu égard aux potentialités du marché local et des perspectives de croissance qu’il recèle. A ce sujet, Youcef Benmicia, P-DG de la CAAT, affirme que « le marché des assurances détient une épargne importante qui lui permet de financer aussi l’économie nationale. » Tandis que Cherif Benhabiles, directeur général de la CNMA (Caisse nationale de la mutualité agricole), soutient que « ce secteur est celui qui draine l’épargne. Car l’assurance a des missions essentielles dans l’activité économique. Tout d’abord, sécuriser l’investissement, protéger le patrimoine national, drainer l’épargne, et investir aussi. Ce sont les compagnies d’assurance qui sont en mesure d’investir dans tous les domaines, notamment dans les projets importants. C’est comme ça que l’assurance doit être perçue. » Un avis partagé par Hassen Khelifati, président-directeur général d’Alliance Assurances qui affirme que « c’est un secteur qui peut accompagner et financer notre économie. C’est un secteur qui peut aussi créer beaucoup d’emplois.  Nous avons un potentiel de 5 à 7 milliards de dinars de chiffre d’affaires. »

L’assurance-crédit

 Le retour du crédit à la consommation continue d’être le facteur essentiel des augmentations enregistrées dans la branche « assurances crédit-caution » accentué par l’installation des banques privées.

La bancassurance

L’un des changements les plus significatifs dans le secteur des services financiers, ces dernières années, est l’apparition et le développement de la bancassurance. L’accentuation de la désintermédiation financière conjuguée à l’impératif de rentabilité et de compétitivité, a vivement poussé les banques à élargir leur champ d’action pour préserver leur leadership dans l’économie mondiale. La promulgation de la loi n° 06-04 du 20 février 2006 modifiant et complétant l’ordonnance n°95-07 du 25 janvier 1995 relative aux assurances a été le premier signe de la volonté des pouvoirs publics quant à développer les services financiers en Algérie. Cette mutation opérée dans le cadre législatif, dans un contexte de transition économique accompagné par d’importantes réformes, ayant concerné notamment le système bancaire et financier, avait permis d’ouvrir la voie à une coopération entre les compagnies d’assurance et les banques, ces dernières ayant obtenu l’autorisation de commercialiser des produits d’assurances par l’entremise de leurs guichets. Ce contrat liant ainsi des institutions bancaires aux compagnies d’assurance intéresse de plus en plus les établissements financiers. Il faut savoir que la bancassurance est une forme d’intermédiation qui permet à l’assureur de distribuer ses produits par l’intermédiaire des banques. En Algérie, cette pratique englobe, en premier lieu, les produits d’assurance de personnes et assurances agricoles. C’est dans ce contexte que les banques multiplient les contrats avec les compagnies d’assurance afin de mettre en œuvre cette pratique. Une interaction profitable aux banques qui, en parallèle de leurs missions classiques, ont eu cette opportunité de proposer d’autres services bancaires, et par conséquent, d’optimiser leur rentabilité, ainsi qu’aux assureurs, à travers un accès plus large à l’épargne clientèle des banques, pour intéresser un plus grand nombre de souscripteurs aux produits de l’assurance. Aujourd’hui, l’activité de bancassurance y est en pleine expansion et connaît un grand engouement de la part des acteurs du marché.

La digitalisation pour mieux accompagner le client

Lors d’une Journée d’étude sur les enjeux concurrentiels dans le secteur des assurances, le président de l’UAR (Union des assureurs et des réassureurs), Brahim Djamel Kessali, a mis en avant les nouveaux enjeux liés à la digitalisation des assurances, laquelle assurera certainement une meilleure qualité des services mais entrainera en même temps de nouveaux risques. En effet, le digital est devenu l’enjeu de la communication et du marketing. D’autant plus qu’une transformation digitale prend d’assaut tous les secteurs impliquant une interaction vendeur-client et apporte avec elle son lot d’innovations, de nouveaux outils et process indispensables pour accompagner le changement vers une approche plus transparente, plus souple et plus agile. Ayant pris la juste mesure des évolutions comportementales de leurs assurés, les compagnies d’assurance se sont mises au digital pour mieux se rapprocher de leurs clients en mettant en place un certain nombre de services assurantiels de qualité via le Net. En fait, les clients d’hier sont devenus, par la force de la transformation digital, des «cyberclients » qui s’informent sur Internet, interagissent sur les réseaux sociaux, font leur shopping sur les sites du e-commerce et règlent leurs factures sur les plateformes de paiement en ligne.

L’assurance Takaful

La loi régissant Takaful, un concept d’assurance basé sur la charia, devrait être promulguée incessamment, permettant ainsi la commercialisation de ce produit en Algérie.

«Le Takaful est un système d’assurance fondé sur les préceptes de la Charia islamique. Il devrait drainer les fonds d’une frange de la société favorable à ce mécanisme qui diffère de l’assurance classique. Les textes de loi régissant ce produit sont en cours de préparation et devraient être promulgués d’ici la fin de l’année en cours », expliqur Nacer Saïs, P-DG de la Société algérienne d’assurance (SAA), en marge d’une conférence sur « les enjeux stratégiques de l’activité d’assurance et la réassurance en Algérie », organisée par l’Institut national d’études de stratégie globale (INESG). Ainsi, à l’image de certaines banques, qui proposent des produits islamiques à leur clientèle, les sociétés d’assurance vont également se doter de mécanismes leur permettant de commercialiser des produits basés sur les normes et règles de la charia, notamment dans la branche assurance vie. Le lancement de ce nouveau mode d’assurance est parmi « les enjeux majeurs », à l’instar de la digitalisation comme levier de croissance, notamment la vente en ligne, l’amélioration de la chaîne de valeur et l’amélioration de la relation avec la clientèle et le développement de nouvelles prestations, qu’avaient fixées les sociétés d’assurance et de réassurance en Algérie, permettant à ce « secteur stratégique d’accompagner la transition économique nationale ».

Une nouvelle loi relative aux assurances

Devant les mutations mondiales et l’évolution du marché des assurances, le ministère des Finances a engagé une révision des lois 1995 et 2006 relatives aux assurances en vue de leur actualisation et de leur consolidation et entamé l’élaboration d’un nouveau projet de loi qui sera finalisé à la prochaine rentrée sociale et dont le contenu sera proposé au gouvernement puis au Parlement en vue de son adoption. La nouvelle loi relative aux assurances permettra de revoir les insuffisances constatées actuellement, de consolider les textes législatifs existants et de les adapter aux normes internationales récentes et d’élargir le rôle de contrôle, un pas important dans le domaine des assurances, tant pour les compagnies d’assurance que pour les assurés. Une réforme qui devrait permettre d’apporter les améliorations nécessaires en matière, notamment, d’élargissement de l’offre assurantielle, de diversification des canaux de distribution et d’organisation de la supervision des assurances. D’autant que les assureurs plaident aussi en faveur de la dynamisation de la place boursière, la mise en place d’un marché financier attractif, l’allègement des conditions d’accès à l’intermédiation d’assurance pour une meilleure distribution des produits d’assurance, ainsi que pour la mise en place d’un cadre transparent pour développer les capacités concurrentielles du secteur des assurances en Algérie.

L’assurance visa

Sur la base de réciprocité selon laquelle les Algériens souhaitant se rendre dans un des pays de la zone Schengen devront souscrire à une assurance maladie, un visa pour l’Algérie n’est délivré qu’à la condition que le voyageur ait souscrit une assurance voyage qui en Algérie prendrait en charge les frais médicaux et ceux de rapatriement.

L’assurance automobile se taille la part du lion

Dans un contexte économique national plutôt morose, le secteur des assurances fait l’exception et réalise, par rapport à 2017, une plus-value de 3,3% sur son chiffre d’affaires durant l’année 2018 avec un chiffre d’affaires de 143,4 milliards de dinars. D’ailleurs, le marché national des assurances a gagné en chiffre d’affaires durant le premier trimestre 2019, totalisant 42,56 milliards de dinars (mds DA) sur ce registre, contre 39,75 mds DA durant la même période de 2018, soit une hausse de 7,1 %. A l’origine de cette hausse du chiffre d’affaires, les assurances de dommages qui continuent à tirer le secteur vers le haut en enregistrant des performances en progression constante. En témoignent les 37,74 mds DA de CA réalisés par cette branche durant les trois premiers mois de l’année en cours, contre 35,55 mds DA à la même période de 2018, soit un accroissement de 6,2%. Pour rappel, en 2018, les assurances dommages ont dominé le marché des assurances avec 88,4% des primes, soit 126 milliards DZD (1,1 milliard USD), en augmentation de 3,2% par rapport à 2017. Tandis que les assurances de personnes enregistrent un recul des encaissements de 10,5% à 12,2 milliards DZD contre 13, 64 mds DZD. Avec 68,9 milliards DZD de primes en 2018, la branche automobile domine le portefeuille au vu de l’importance du parc auto en Algérie (6 millions, contre un peu moins de 3,4 au Maroc ou encore 2 millions en Tunisie). A elle seule, cette catégorie de risques totalise 48,3% des primes totales du marché. La branche automobile détient ainsi 54,7% du portefeuille des assurances de dommages. L’incendie et les risques divers « IRD » occupent la deuxième place avec un chiffre d’affaires de 46,6 milliards DZD (390 millions USD), soit une part de marché de 32,6%. A noter la croissance des primes « catastrophes naturelles » (+ 66,5%). Pour ce qui est des parts de marché, les sociétés publiques d’assurance ont raflé 73% du chiffre d’affaires global du secteur des assurances de dommage en atteignant 91,99 mds DA, contre 31 mds DA pour les sociétés privées (25% du marché) et 2,96 mds DA pour les sociétés mixtes (2,3%). Il y a lieu de souligner que la branche automobile a tiré vers le haut le chiffre d’affaires des sociétés privées (31% du chiffre d’affaires global de ce type d’assurance). Par ailleurs, les sinistres réglés pour les assurances des dommages, se sont établis à 64,44 mds DA au 31 décembre 2018, contre 63,82 mds DA, à fin décembre 2017, soit une évolution de 1%. Pour ce qui est des sinistres à payer, ils se chiffrent à 74,81 mds DA, contre 75,49 mds DA en 2017, soit une baisse de 0,9%. En outre, les assurances de personnes ont vu leur chiffre d’affaires baisser de 10,5% en s’établissant à 12,2 mds DA contre13,6 mds DA. Enfin, signalons que les indemnisations des sociétés d’assurance de personnes sont estimées à près de 3 milliards de dinars, dont la grande partie est consacrée à la branche « prévoyance collectives ».

S. R.



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