Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 125 - Dec 2019

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Dossier

La bonne stratégie de communication de l’Armée

Face aux enjeux géostratégiques des nouvelles technologies de l’information

Par Farid HOUALI



«Dans le cadre de la vision stratégique globale de la communication au sein de l’Armée nationale populaire, et en étant pleinement conscient de l’importance majeure que revêtent l’information et la communication dans les armées et les guerres modernes, et avec l’avènement de la révolution de l’information et des télécommunications dans le monde, et partant de notre intime conviction de l’importance, plutôt du devoir de relever les défis imposés par le phénomène de la mondialisation qui vise à manipuler l’opinion publique mondiale et à la modeler selon une seule vision économique, sociale et culturelle où s’effondrent les particularités et les fondements de l’identité nationale des peuples, nous avons œuvré tout au long de ces quelques dernières années à raffermir le système de l’information et de la communication au sein de l’Armée nationale populaire étant un outil efficace de communication et de contact direct avec les personnels, ce qui permet de booster leur moral et de faire régner un climat de travail adéquat capable de garantir l’aboutissement des efforts opérationnels d’une part, et de mettre en place un système efficient de communication avec l’opinion publique nationale et mondiale » soulignait le général de corps d’Armée Ahmed Gaid Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, lors de la cérémonie d’inauguration de l’Ecole supérieure militaire de l’Information et de la Communication, à Sidi Fredj en 1èreRégion Militaire en septembre 2018. « Une communication, ajoutait-il, qui s’articule intrinsèquement sur la crédibilité et la responsabilité et qui s’adapte aux enjeux actuels dans notre espace régional et international. Une communication qui appuie notre corps de bataille sur le terrain, qui motive davantage et qui maintient cet esprit de détermination, de patriotisme et de sacrifice pour la Patrie, d’une autre part ». En effet, avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information, la communication s’est imposée dans tous les secteurs de la vie sociale, particulièrement dans le domaine des politiques publiques et des actions publiques en matière de santé, de sécurité, d’environnement de culture et d’aménagement du territoire. Dès lors la communication est devenue la préoccupation de tous les acteurs publics de par la nécessité de communiquer sur ces actions. Une communication, loin de sens médiatique, mais plutôt celle qui guide l’action publique au service de l’intérêt général et qui consiste à informer, faire connaître et comprendre, valoriser, aider à changer les comportements, mettre en relation, écouter [...] avec une batterie d’outils, de supports ou de vecteurs. Ce rôle vital de l’information et de la communication dans le renforcement des efforts et dans la protection de l’institution militaire et de ses personnels contre tous les risques et les fléaux s’est concrétisé via les communiqués de presse, conférences, conférences-débats et relation permanente avec la presse nationale. Et de l’aveu même des professionnels des médias, nos corps constitués, à leur tête le ministère de la Défense nationale, se sont démarqués en relevant le défi de jumeler la communication avec la politique de proximité prônée par le haut commandement de l’ANP. Actuellement, l’ANP est devenue une référence en la matière grâce à l’intérêt accordé à l’information efficace. Nonobstant les efforts des uns et la vision des autres, l’Algérie est classée, grâce à la réussite de certains départements de communication et à son ouverture médiatique, parmi les pays ouverts à la communication en Afrique et dans le monde arabe bien que le niveau souhaité ne soit pas totalement atteint. En effet, « au regard des mutations qu’a connues l’Algérie sur plusieurs niveaux, l’ANP était dans l’obligation d’opérer des transformations dans sa politique de communication en adoptant une stratégie de communication efficace fondée sur le renforcement du lien Armée/Nation », lit-on dans les colonnes du magazine El Djeïch dans son numéro ( hors série) n°3 d’avril 2013. « Sur le plan de la communication externe, cette stratégie de l’ANP, et son adaptation à la nouvelle réalité, imposait l’élaboration d’une nouvelle vision répondant aux besoins de l’élément militaire dans les domaines de la communication et de l’information, chacun selon son grade et son niveau de responsabilité. Ces considérations ont eu pour effet d’imposer un développement de l’appareil de communication, de l’information et de l’orientation dans le but de raffermir les liens entre l’institution militaire et la nation et refléter l’image réelle de l’ANP, celle d’une institution parmi les autres institutions de la nation », explique encore l’organe officiel de l’Armée nationale populaire. Dans ce cadre, rappelons que la Direction de la Communication, de l’Information et de l’Orientation (DCIO) avait, en avril 2015, lors d’un séminaire consacré au NTIC, posé la thématique « Quoi faire face aux réseaux sociaux ? », tant les réseaux sociaux peuvent être aussi bien des supports intéressants et rapides dans la communication interne et envers l’opinion publique algérienne mais également des pièges d’intox et de désinformation qui peuvent affecter l’Armée et le moral des troupes. Au vu de la moyenne d’âge du soldat, des sous-officiers et des officiers qui composent les rangs de l’ANP, la majorité étant représentée par la « génération Internet » et ayant grandi avec la notion interactive des réseaux sociaux, l’avertissement du chef d’état-major évoquant « une sensibilisation permanente des personnels sur leur importance et leur rôle dans le développement de la communication militaire, mais aussi sur les risques induits par leur utilisation inopportun» n’est pas inutile.

De ce fait, la communication est devenue un facteur principal dans la gestion de l’institution militaire et un pilier fondamental de la prise de décision mais aussi une façon d’ancrer les valeurs de solidarité, la culture de la discipline militaire, l’obéissance aux directives, le maintien d’un esprit de cohésion et de discipline, le développement du travail collectif entre les chefs et les subordonnés qui se doivent d’être une seule entité solide et cohérente du sommet de la hiérarchie à son plus bas niveau. La stratégie suivie par l’ANP a pris en considération le facteur crédibilité et efficacité afin d’atteindre les objectifs tracés et ce, en véhiculant un message objectif, sincère, dépourvu de toute ambiguïté, avec le souci de simplifier l’information diffusée afin qu’elle soit bien comprise par toutes les catégories. En juillet 2001, et dans un premier temps, des cellules de communication ont été mises en place auprès du ministre de la Défense nationale, du chef d’état-major de l’ANP, des commandements de forces et des régions militaires, aptes à prendre l’initiative, à répondre à toutes les questions des médias et à traiter toutes les questions relatives au domaine de la communication. Les missions de ces cellules consistent en la préparation et l’organisation de conférences de presse, de la collecte, de l’exploitation, du traitement, du suivi et de la diffusion d’informations qui touchent au domaine de la défense nationale afin qu’elles soient exploitées par les chefs ainsi que la concrétisation de toute action susceptible de faire connaître l’institution militaire et ce, dans le cadre du renforcement du lien Armée-Nation, mais aussi de l’établissement de liens bénéfiques et durables avec les différents médias nationaux. A l’image des autres armées développées, un plan annuel de communication est élaboré et soumis à l’approbation du chef d’état-major de l’ANP où sont fixés les principaux axes et activités, en particulier dans le domaine de la communication, destiné aux personnels de l’ANP ou adressé à la Nation. Autrement dit : l’expression de «grande muette ne convient point», comme rappelé en février 2012 par le MDN dans une lettre adressée aux médias.  En exprimant publiquement son refus d’endosser davantage le qualificatif de « grande muette », l’ANP formule, comme nous l’écrivions sur ces mêmes colonnes, clairement son intention de se conformer à ses prérogatives constitutionnelles et à ses missions historiques dans un contexte où il serait préférable pour tout le monde que les choses soient appelées par leurs noms. Elle le dit haut et fort en utilisant une argumentation de haute portée intellectuelle qui n’accepte aucune complaisance linguistique, banale soit-elle. En exigeant qu’elle soit désormais appelée par son nom, l’Armée nationale populaire ne pose pas uniquement un problème d’ordre générique ou d’état civil, sans jeu de mots. Elle répond aussi à des exigences objectives imposées par un environnement régional « chahuté » par les « malentendus » volontaires et les interprétations orientées.

F. H.

Une école au service des métiers de l’information et de la communication 

Dans le cadre de sa stratégie de perfectionnement et de diversification des connaissances de ses ressources humaines,  l’Armée nationale populaire algérienne (APN) s’est dotée  d’une école l’information et de la communication. Sise à Sidi Fredj à l’Est d’Alger, (1ère Région militaire), elle a été inaugurée en septembre 2018 par le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, chef de l’état-major de l’ANP, vice-ministre de la Défense nationale. «Le renforcement de notre appareil de formation, par ce nouvel édifice de formation qu’est l’Ecole Supérieure Militaire de l’Information et de la Communication qui assure une formation militaire supérieure et qualitative aux cadres de l’Institution Militaire, dans les domaines de l’Information et de la Communication, et fera sortir des cadres compétents dans leurs domaines de spécialisation, capables de remplir le rôle qui leur est assigné, au niveau des différentes structures et unités de l’Armée Nationale Populaire, avec sérieux et professionnalisme, des cadres talentueux et émérites, que nous voulons pleins de valeurs nationales et d’esprit de responsabilité, qui maîtrisent avec aise les différents métiers de l’information et de la communication, avec talent et technicité, aptes à exercer leurs missions avec mérite, aussi bien pour la communication interne que pour la communication externe, et en toutes conditions et circonstances», affirmait Ahmed Gaïd Salah à l’occasion. Cette école de l’information et de la communication vient s’ajouter aux 23 autres écoles existantes de l’ANP, qui dispensent des enseignements dans divers domaines. En effet, pour la formation et l’instruction de ses éléments, l’ANP s’appuie sur un ensemble d’écoles et de centres d’instruction constitué de l’École supérieure de guerre, de l’Académie militaire interarmes, d’Écoles nationales, d’Écoles supérieures et d’Écoles d’application ainsi que de Centres d’instruction pour la formation des officiers, sous-officiers et hommes du rang.



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