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N° 117 - Nov 2018

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Dossier

L’Algérie un pays de décisions et de positions

10e réunion du comité ministériel OPEP et non OPEP à Alger

Par Yahia MAOUCHI



Par ses traditions et son histoire, l’Algérie n’a eu de cesse d’œuvrer au rapprochement des positions entre les pays frères et amis. Alors même qu’elle venait juste d’achever la nationalisation de ses hydrocarbures, s’est tenu, en 1975, le premier sommet des souverains et chefs d’État de l’OPEP, donnant lieu, ainsi, à la première déclaration solennelle d’Alger. De nombreuses réunions de la conférence de l’OPEP se sont tenues par la suite, avec succès, d’Alger à Oran, jusqu’à cette réunion importante du comité ministériel de suivi OPEP et non OPEP, qui s’est déroulée dans un cadre plus élargi. C’est la dynamique suivie de près par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui a abouti à l’accord historique d’Alger du 28 septembre 2016 pour le redressement des prix du pétrole, accord dont la 10e réunion du Comité ministériel conjoint de suivi de l’accord de réduction de la production pétrolière des pays de l’OPEP et non-OPEP (JMMC), commémore le second anniversaire. Les organisateurs de cette réunion ont affirmé leur engagement sans faille à assurer un meilleur équilibre du marché pétrolier international. Ainsi, dans l’optique de stabiliser le prix du baril à un niveau acceptable, la réunion du JMMC a décidé «d’œuvrer davantage au renforcement de la stabilité marquant actuellement le marché pétrolier ». Les ministres des pays OPEP et non OPEP ont été unanimes au maintien du dialogue entre eux et avec les pays consommateurs afin «de parvenir à des prix du brut favorables aux économies des deux parties ». Il est question donc du maintien de la résolution de la réunion OPEP-non OPEP de juin dernier à Vienne. La stabilité marquant actuellement le marché pétrolier, avec un baril de l’ordre de 80 dollars, est favorable aux producteurs et consommateurs. La stabilité des marchés pétroliers revêt une importance capitale pour les pays producteurs de pétrole. Ainsi, l’Algérie est encore une fois arrivée à trouver un consensus entre les membres du Comité ministériel mixte de suivi OPEP et non OPEP. Un consensus s’est dégagé de cette réunion qui en est à sa dixième édition pour maintenir la décision prise au mois de juin dernier à Vienne qui stipule la mise en œuvre de l’objectif du respect des quotas de production au seuil de 100%. Comme il a été convenu d’approfondir l’examen d’une charte pour renforcer la coopération entre pays producteurs et pays consommateurs. Celle-ci devra être adoptée au mois de décembre. Les partenaires se sont même mis d’accord sur l’ouverture de l’OPEP à de nouveaux adhérents. Pourvu qu’ils se manifestent. Par ailleurs, le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, a affiché, à cette occasion, sa satisfaction quant aux résultats obtenus, soulignant que l’Algérie a de nouveau réussi à rapprocher les points de vue et trouver un terrain d’entente dans l’intérêt du marché pétrolier. Il a souligné que les membres du JMMC ont œuvré collectivement à trouver les solutions idoines qui satisfont tout un chacun mais surtout pour stabiliser le marché pétrolier et assurer son équilibre à court terme à savoir en 2019 en attendant de dégager les perspectives pour 2020.

Les bases d’un dialogue permanent

D’autre part, même si le pétrole a occupé l’essentiel des discussions de cette réunion, programme oblige, cela n’a pas empêché les participants de souligner la nécessité à présent d’envisager les voies et moyens de pérenniser leur coopération et de maintenir les bases d’un dialogue permanent, non seulement entre les pays OPEP et non-OPEP, mais également, et surtout, entre les pays producteurs et consommateurs. Il faut le dire, en la matière, en tout cas, l’Algérie est l’un des pays les plus vertueux. Aujourd’hui plus que jamais, l’OPEP s’emploiera davantage à approfondir le dialogue avec les pays consommateurs de pétrole, au regard de l’importance du contexte économique mondial actuel. Sans doute, l’une des priorités est d’assurer l’équilibre du marché, en préservant les intérêts des uns et des autres. Il s’agit surtout de permettre aux pays producteurs de préserver les revenus provenant de la production de pétrole et, en même temps, d’assurer la sécurité des approvisionnements énergétiques des économies mondiales. D’ailleurs, c’est à juste titre que les pays du cartel et le reste des pays producteurs ont œuvré en faveur de la stabilité du marché pétrolier. Certes, le marché pétrolier est fortement lié aux facteurs de la géopolitique, du commerce international, de la valeur du dollar, des incertitudes et des conflits régionaux, de la production du schiste à faible coût, du développement des énergies alternatives… mais les pays producteurs de pétrole ont une volonté de maintenir les prix du baril à un bon niveau, quoiqu’aujourd’hui, c’est surtout le niveau de production qui pose problème. En outre, l’Algérie, qui a toujours joué un rôle de premier plan au sein de l’OPEP, tient à ce que soit préservé le dialogue entre pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), dont elle fait partie, et les pays non-OPEP, afin d’aboutir à un marché pétrolier mieux équilibré, un prix de l’or noir juste, aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs. A ce sujet, Mustapha Guitouni a d’emblée donné le ton affirmant qu’il était « dans l’intérêt des producteurs, de l’industrie pétrolière et des consommateurs de capitaliser les effets de l’Accord d’Alger et d’assurer une transition souple afin de ne pas déstabiliser le retour en cours à l’équilibre du marché ». Mustapha Guitouni plaide pour un dialogue permanent entre les pays membres et non-membres de l’OPEP mais également avec les consommateurs. Un point de vue partagé par le ministre saoudien et non moins président dudit comité.De la stabilité du marchéLes producteurs, à l’unanimité, ont jugé également que les données actuelles du marché ne plaident point pour une hausse de l’offre pétrolière. Du moins pour l’heure. Car, en novembre, le comité adjoint OPEP-non OPEP doit se réunir, à nouveau, afin de réexaminer la situation du marché, au lendemain du rétablissement des sanctions américaines contre l’Iran, dont l’entrée en vigueur est prévue pour le 4 novembre. La prochaine réunion, prévue le 11 novembre à Abu Dhabi, fera des propositions à la réunion ministérielle ordinaire qui se tiendra en décembre. L’OPEP restera ainsi au même niveau de production. Les pays membres restent mobilisés pour faire face à toute défaillance émanant d’un pays membre. L’équilibre des marchés est assuré par l’actuel niveau de production. L’accord auquel sont arrivés les participants s’inscrit dans la continuité de l’Accord d’Alger. Stabilité du marché et solidarité entre membres auront été les maitres-mots de la réunion du comité ministériel de suivi OPEP-non-Opep. L’Algérie, la Russie et l’Arabie saoudite ont parlé d’une même voix, appelant à œuvrer à stabiliser les marchés aussi bien en termes de prix mais également en termes d’offre. Il ne s’agit pas d’inonder le marché mais d’assurer un prix qui puisse convenir aussi bien aux producteurs qu’aux consommateurs. En somme, tous les participants à ce grand rendez-vous à Alger ont affiché un optimisme inégalable. Ainsi, ils étaient unanimes quant à la stabilisation du marché pour une économie globale. Au cours des travaux dudit comité ministériel, les pays membres de l’OPEP dont la fédération de Russie, le Venezuela, la Malaisie, le Qatar, l’Arabie Saoudite, le Koweït, la Libye, entre autres, ont plaidé pour la conjugaison des efforts entre pays producteurs et pays consommateurs dans la perspective de faciliter l’échange d’analyse et de perspectives conjointes ce qui fournit une contribution précieuse à l’évolution du processus de conformité. D’autre part, il convient de souligner que les conférenciers ont préconisé, d’une part, le maintien du taux de conformité de 100% d’ici fin 2018, et, de l’autre, la poursuite de la coopération entre les pays OPEP et non-OPEP. A cette occasion, le président de l’OPEP, Souhail Mohamed Al Mazraoui, a proposé le maintien du JMMC en 2019. Le ministre saoudien, favorable à l’idée, préfère tout de même ne pas précipiter les choses et laisser les ministres prendre la décision finale. Il convient de souligner que les conférenciers ont également été unanimes quant à l’atmosphère très amicale et au dialogue franc et responsable qui ont marqué cette réunion. Par ailleurs, après la signature de l’accord historique d’Alger, en 2016, des acquis sont réalisés, et des avancées constatées. Ce travail mené permet au marché de retrouver son équilibre. Mais, compte tenu d’une situation macro-économique relativement fragile, et de certaines tensions géopolitiques, le ministre saoudien préconise la vigilance pour 2019, afin de surmonter ce genre de difficultés.

L’offensive diplomatique de l’Algérie

Rappelons enfin que cette rencontre avait coïncidé avec le second anniversaire de l’accord d’Alger, qualifié d’historique, et qui a servi de socle à la baisse de 1,8 million de barils par jour décidée le 10 décembre 2016 à Vienne. Il a vu le jour le 28 septembre 2016, à Alger, lors d’un sommet de l’OPEP qui s’est tenu en marge du 15e Forum international de l’énergie. Plus de deux ans de maturation ont été nécessaires pour que l’initiative algérienne qui avait pour but de mettre fin à la dégringolade des prix du pétrole se concrétise. Pour cela, il aura fallu tout le savoir-faire de la diplomatie algérienne pour dépasser des différends profonds, ne pas froisser des egos et des susceptibilités à fleur de peau. A cet effet, l’offensive diplomatique sans précédent, lancée par l’Algérie et initiée par le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, pour sensibiliser les pays producteurs (OPEP et non-OPEP) à la dégringolade des prix du pétrole allait entrer en scène. Treize pays de l’organisation des pays exportateurs de pétrole et onze autres hors-OPEP finiront par s’entendre pour réduire leur offre de près de deux millions de barils par jour. Un comité ministériel conjoint allait voir le jour pour le suivi de cet accord. Le dernier en date a rendu son verdict le 27 août dernier. « L’OPEP et ses alliés ont encore réduit en juillet leur production de pétrole au-delà des objectifs de leur accord d’encadrement du marché en vigueur depuis le début 2017, mais moins que les mois précédents », a fait savoir le Comité ministériel conjoint de suivi de l’accord OPEP-non-OPEP (Jmmc) qui a examiné le rapport mensuel préparé par son Comité technique mixte. Les pays membres de l’OPEP et leurs onze partenaires, dont la Russie, se sont engagés en juin dernier à respecter le niveau global de conformité, volontairement ajusté à 100%, et cela depuis le 1er juillet 2018 jusqu’à son expiration. Il y a lieu de rappeler que le JMMC a été créé par la 171e conférence ministérielle de l’OPEP, le 30 novembre 2016, et par la réunion ministérielle conjointe OPEP-non-OPEP tenue le 10 décembre 2016 à Vienne. C’est lors de la 170e réunion extraordinaire de la Conférence ministérielle de l’OPEP, en septembre 2016 à Alger que les pays membres de cette organisation avaient décidé d’ajuster leur production, dans un intervalle de 32,5 à 33 mbj, et de créer un Comité de haut niveau présidé par l’Algérie en vue d’élaborer les détails de l’accord. Ces détails ont été définis dans une proposition algérienne adoptée lors de la 171e réunion ordinaire de la Conférence ministérielle de l’OPEP en novembre 2016 à Vienne. Le haut comité a également tenu des réunions avec des pays non membres de l’organisation. Ces discussions ont abouti à la signature de l’Accord de coopération entre les pays membres de l’OPEP et les pays non-OPEP participants à la réunion de décembre 2016. L’OPEP a ainsi décidé d’une réduction de sa production de pétrole d’environ 1,2 mbj à compter du 1er janvier 2017, rejointe par la suite par onze pays non membres ayant accepté de réduire leur offre de 600 000 b/j. Une année après, l’organisation et ses partenaires décidèrent de prolonger jusqu’à la fin de 2018 leur plafonnement de la production au profit du prix du baril.

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia Intervenant à l’occasion de la cérémonie d’hommage rendu par l’OPEP au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, le Premier ministre Ahmed Ouyahia a réitéré « l’attachement de l’Algérie au droit des pays producteurs de matières premières à en tirer un juste prix au service de leur développement respectif ». Le Premier ministre estime que malgré l’évolution de l’environnement international, les enjeux demeurent les mêmes pour les pays producteurs de matières premières. Pour Ahmed Ouyahia, les prix des hydrocarbures connaissent toujours et cycliquement de graves bouleversements aux conséquences financières, économiques et sociales très douloureuses pour les pays producteurs. Dans ce sens, l’Algérie, qui a pris une part active à la mobilisation solidaire des pays producteurs de pétrole, membres de l’OPEP et non membres, se félicite de voir cette dynamique donner des résultats. Saluant les délibérations du CMMJ, le Premier ministre espère que les conclusions contribueront à garantir de manière stable et durable un juste prix du baril de pétrole sur le marché international

Mustapha Guitouni, ministre de l’ÉnergieMustapha Guitouni, ministre de l’Energie, a insisté sur la nécessité d’envisager les voies et moyens nécessaires en vue de pérenniser la coopération et de maintenir les bases d’un dialogue permanent, non seulement entre les pays OPEP et non-OPEP, mais également, et surtout, entre pays producteurs et consommateurs. « Il est dans l’intérêt aujourd’hui des producteurs de l’industrie pétrolière et des consommateurs de capitaliser ses effets positifs et d’assurer une transition souple, afin de ne pas déstabiliser le retour en cours à l’équilibre du marché pétrolier. Ainsi, il convient à présent d’envisager les voies et les moyens de pérenniser notre coopération et de maintenir les bases d’un dialogue permanent, non seulement entre les pays OPEP et non OPEP mais également, et surtout, entre les pays producteurs et consommateurs», a-t-il déclaré.  

Alexandre Novak, ministre russe de l’EnergieAlexandre Novak, ministre de l’Energie russe, a salué les efforts déployés par l’Algérie quant à la réussite de la rencontre de 2016. Il a indiqué que l’accord de cette rencontre continue et se concrétise sur le terrain. « Grâce aux efforts déployés par les pays, nous avons atteint un niveau de solidarité très appréciable», dit-il, ajoutant que « grâce à l’instauration de la confiance au sein des pays membres de l’OPEP et non-OPEP, nous avons enregistré des résultats encourageants ».  

Souhail Mohamed Al Mazraoui, président de l’OPEPSouhail Mohamed Al Mazraoui, président de l’OPEP, a exprimé sa pleine satisfaction quant à la tenue de cette importante rencontre, saluant le rôle qu’a joué l’Algérie au sein de l’organisation. Il a insisté sur la nécessité de continuer à instaurer la confiance entre les pays membres et non membres de l’OPEP. « Nous ne voulons pas qu’il y ait plus de déstockage et plus de pétrole sur le marché. Nous ne pouvons pas, également, réussir si nous n’avons pas cette confiance entre nous pays OPEP et non-OPEP et à l’égard des pays consommateurs », a-t-il indiqué, avant d’inviter l’ensemble des pays producteurs à continuer à unifier davantage leurs efforts pour assurer une stabilité du marché à long terme. Mettant l’accent sur les accords OPEP et non-OPEP, il a fait savoir que ces derniers ne visaient pas uniquement les prix du baril, mais aussi la stabilité du marché.  

Mohammad Sanusi Barkindo, secrétaire général de l’OPEP Mohammad Sanusi Barkindo, secrétaire général de l’OPEP, a souligné que la tenue de cette rencontre constitue un signal fort et que l’OPEP accorde une grande importance au travail en équipe. « Grâce aux efforts déployés par l’ensemble des pays membres et non membres de l’OPEP, nous sommes arrivés aujourd’hui à la stabilisation du marché », a-t-il indiqué. Il a ajouté qu’actuellement, nous devons « relever plusieurs défis et continuer à travailler ensemble afin d’atteindre les objectifs escomptés ». Évoquant la transparence des données de l’organisation, le SG de l’OPEP a fait savoir que « cette transparence est un signal fort que l’OPEP n’est ni une organisation de monopole ni un cartel, mais une plateforme globale qui aspire à la stabilité du marché pétrolier au profit des consommateurs et des producteurs. »

Khaled El Falih, ministre saoudien de l’Energie Khaled El Falih, ministre saoudien de l’Energie, a affirmé en marge de cette réunion que l’OPEP « n’influence pas les prix et il n’existe pas d’accord pour augmenter la production de pétrole actuellement. Car, la stabilité marquant actuellement le marché pétrolier, avec un baril de l’ordre de 80 dollars, est favorable aux producteurs et consommateurs ». Il relève également l’existence de pourparlers liés à la recherche de meilleurs mécanismes pour la poursuite de dialogue de façon continue au double plan ministériel et technique. 

Y. M.



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