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N° 115 - Août 2018

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Dossier

Une pépinière pour l’industrie agro-alimentaire algérienne

ECOLE SUPÉRIEURE DES SCIENCES DE L’ALIMENT ET DES INDUSTRIES AGRO-ALIMENTAIRES (ESSAIA)

Par Yahia MAOUCHI



L’Ecole supérieure des sciences de l’aliment et des industries agro-alimentaires (Essaia) est le fruit de la transformation de l’Ecole préparatoire en sciences de la nature et de la vie d’Alger, en vertu du décret exécutif N°17-81 du 15 février 2017. Créée, lors de la journée du 16 avril 2017 (Youm El Ilm), cet établissement forme aux métiers des sciences de l’aliment et des industries agroalimentaires. Son implantation près de la Mitidja lui assure des liens privilégiés avec les industries agro-alimentaires partenaires sur le plan non seulement régional mais également national. Elle offre un environnement convivial et dynamique de formation, doté des différentes infrastructures d’enseignements et de formation (laboratoires, ateliers techniques, bibliothèque, salles multimédia…) nécessaires au développement et à l’épanouissement scientifique de ses étudiants. L’Essaia dispense une formation équilibrée entre cours, travaux dirigés et pratiques qui associent enseignements scientifiques, technologiques en sciences humaines et sociales, favorisant la polyvalence et la pluridisciplinarité du futur diplômé qui est ainsi formé à la conduite de projet, au management et au travail en équipe. Une immersion professionnelle progressive, au travers des trois stages pratiques réalisés tout au long du cursus, permet de préparer l’intégration du futur diplômé dans le monde de l’entreprise et de l’industrie. Par ailleurs, l’Essaia a pour mission d’assurer la formation supérieure, la recherche scientifique et le développement technologique dans les domaines des sciences de l’aliment et des industries agro-alimentaires. « Sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, cette école supérieure a pour missions principales : la formation, la recherche, le soutien du secteur socioéconomique aussi bien publique que privé, en termes d’expertise et d’aide à l’innovation dans le domaine de l’agroalimentaire », a déclaré à El Djazair.com, la directrice de l’école, le Professeur Ben-Mahdi Meriem Hind.

Un soutien indéfectible de la tutelle
Pour atteindre ces objectifs, l’école s’appuie sur une équipe multidisciplinaire performante et pleine d’initiatives ainsi qu’un programme riche et diversifié, privilégiant un apprentissage par compétences où le meilleur est exigé de chacun et donnant lieu à la mise en application concrète des connaissances acquises au cours des nombreuses séances de travaux pratiques qui jalonnent l’enseignement dispensé au sein de l’école. En outre, le soutien institutionnel du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a permis de doter l’école d’infrastructures nécessaires à la réussite de ses étudiants en termes de structures pédagogiques, d’équipements scientifiques, de laboratoires, de salle multimédia et d’un fond documentaire extrêmement riche et diversifié ainsi que d’une unité médicale.
« Pour atteindre nos objectifs, on s’appuie sur notre ADN, qui est le ministère de l’Enseignement supérieur. Nous mettons également à profit notre savoir-faire, la jeunesse et le dynamisme de notre potentiel humain, puisque l’Essaia c’est aussi une équipe de 97 fonctionnaires dont 37 enseignants avec une moyenne d’âge de moins de 40 ans.
On s’appuie aussi sur nos différents partenariats qu’ils soient privé ou publics tout particulièrement, le partenariat institutionnel mis en place avec les différentes structures et organes de l’Etat algérien, ces deux dernières année. L’Ecole compte également sur ses étudiants qui constituent sa plus grande  richesse. L’Essaia ne vaut rien sans son personnel, sans ses enseignants et surtout sans ses étudiants. Nous sommes des locomotives, nous donnons l’impulsion nécessaire pour aller de l’avant et exceller, mais seule, l’Ecole compte », explique Mme Ben-Mahdi. En outre, l’Essaia dispose des moyens et du potentiel nécessaires qui lui permettraient de se hisser au rang des grandes écoles de renommée internationale. « Mais comme toutes les institutions universitaires, nous voulons encore plus pour nos étudiants. Les ambitions et les possibilités de développement de l’école sont très prometteuses. C’est une spécialité technologique dure et exigeante en termes de moyens matériels et humains. Certes, nous avons bénéficié de budgets, mais la naissance de l’Essaia a coïncidé avec la période d’austérité, ce qui nous a contraints certes à optimiser nos dépenses mais sans jamais au détriment de la pédagogie. Je dirais que c’était un mal pour un bien tout compte fait. Nous nous sommes aussi tournés, ces derniers mois vers le secteur socioéconomique pour accompagner le développement de l’école en termes d’équipements industriels pilotes. Mais en termes de formation pratique, l’Ecole est bien nantie aussi bien en matériel, instruments qu’en réactifs, et toutes nos salles sont équipées d’outils didactiques, de data-show, d’écrans…pour garantir le meilleur environnement d’enseignement et d’apprentissage possible  », se félicite la jeune directrice. Quant à l’accès à la formation préparatoire dispensée par l’Ecole, il est national et accessible aux bacheliers des sections Sciences expérimentales, Mathématiques et Techniques mathématiques justifiant de la moyenne minimale fixée par circulaire ministérielle de l’année universitaire d’obtention du baccalauréat. Concernant l’effectif, l’école a connu l’inscription de 267 nouveaux bacheliers, au titre de l’année universitaire 2017/2018, et  compte actuellement un effectif global de 639 étudiants répartis sur deux paliers : 498 en formation préparatoire, et 141 en cycle de spécialisation.
Cependant, la condition de la moyenne obtenue au Bac n’a pas empêché de recevoir des centaines de dossiers de candidature. « Mais nous n’en retenons que les meilleurs. Parfois, nous avons des candidats ayant obtenu des moyennes au bac, supérieures à 15 et 16. Ils ont préféré notre Ecole au lieu de s’inscrire en pharmacie ou en médecine, ce qui révèle l’intérêt grandissant pour le secteur clé de l’agroalimentaire », souligne Mme Ben-Mahdi.

Trois options de spécialisation
Il convient de souligner que la première promotion d’ingénieurs, dont la sortie de promotion est prévue pour 2019 et ayant entamé leur cursus à l’ex-Ecole préparatoire en sciences de la nature et de la vie, sera spécialisée dans le contrôle de la qualité et les analyses alimentaires, tandis que l’actuelle rentrée a été marquée par l’introduction de deux nouvelles spécialités portant sur : les sciences et les technologies de la conservation et du conditionnement alimentaire et les technologies et contrôle des aliments fonctionnels. « Cette première promotion sera en quelque sorte la vitrine de l’Ecole. Nous attendons d’elle qu’elle réponde aux critères d’excellence de notre école, et qu’elle soit un modèle à même d’inspirer d’autres bacheliers à rejoindre notre Ecole. Nous espérons qu’ils seront les innovateurs et les faiseurs de solutions de demain. Pour assurer leur formation pratique, nous avons signé une dizaine de conventions avec des partenaires nationaux et des industriels dans le cadre de l’accueil des étudiants en stage. D’ailleurs, plusieurs de nos partenaires ont déjà émis le souhait de recruter, chacun d’eux, quatre à cinq étudiants. Le recrutement de la première promotion est déjà assuré. Il en est de même pour la suivante», avoue fièrement notre jeune directrice. Par ailleurs, les trois options de spécialisation avalisées par le Conseil pédagogique national des écoles, à savoir le contrôle qualité et analyses alimentaires, les sciences de la conservation et du conditionnement alimentaires, et sciences et technologie des aliments fonctionnels,  l’unique en Afrique répondront indubitablement aux besoins des industriels et producteurs notamment dans le secteur agroalimentaire, et offriront ainsi des opportunités de recrutement aux diplômés de cette jeune école. À ce propos, Mme Ben-Mahdi a tenu à préciser que les sciences de la conservation et du conditionnement alimentaires sont une nouvelle spécialité en Algérie, qui a trait à tous les procédés de transformation, de conservation des aliments, mais aussi de conditionnement et d’emballage. « L’emballage c’est ce qui fait vivre un produit, que ce soit sur le plan marketing, mais aussi technologique. Il  permet d’améliorer sa durée de vie et ses qualités organoleptiques. Il permet également d’optimiser son transport et son exportation. Cette année, nous avons introduit une nouvelle spécialité portant sur les sciences de la conservation et  de l’emballage alimentaire ». La même responsable nous apprend également « l’existence d’une troisième spécialité tout aussi importante actuellement, celle des sciences et technologie des aliments fonctionnels, mieux connues du grand public sous l’appellation de compléments alimentaires et aliments santé. Une nouvelle spécialité qui va nous permettre de répondre à un besoin exprimé en compétences techniques par de nombreux producteurs nationaux et offrir une opportunité de plus à nos étudiants sortants. Car nous  devons former utile, et développer des spécialités tout aussi utiles à notre pays». Par ailleurs, il convient de rappeler que la décision stratégique de créer un tel établissement, le seul en Algérie, est un impératif imposé principalement par le développement remarquable du secteur de l’industrie alimentaire en Algérie à même de combler le déficit en encadrement technique qualifié.

Une aubaine pour l’industrie alimentaire
L’industrie alimentaire est l’un des secteurs les plus dynamiques en Algérie. Des dizaines de milliers d’entreprises œuvrent dans le secteur agroalimentaire. « Il y a plus de 17000 entreprises productrices, sans parler de la restauration collective, des chaines de grande distribution et des supérettes, qui font aussi partie du secteur agroalimentaire. Un secteur clé, et absolument vital pour l’Algérie. C’est dans cette optique que nous devons axer nos efforts sur une formation de qualité. Une exigence que notre tutelle a bien comprise. En plus de la lourde et sage gestion de plus d’1,5 million d’étudiants au niveau de nos universités, notre tutelle a eu l’intelligence de miser et d’investir dans les écoles. Le secteur agroalimentaire en était demandeur. Un investisseur aura toujours besoin d’un personnel qualifié et opérationnel. Alors il aura deux choix, soit de recruter des expatriés étrangers en les rémunérant au prix fort, ou bien miser et investir dans le savoir-faire et la compétence algérienne disponible. C’est ce que nous voulons offrir et mettre à disposition des secteurs publics et privés», prône la jeune directrice. Par ailleurs, en plus de 17.000 entreprises, publiques et privées, activant dans le secteur agroalimentaire en Algérie, 20.000 projets d`investissements agricoles et agroalimentaires d’un coût de 200 milliards de dinars ont été enregistrés depuis 2010. Ce qui représente un énorme potentiel et offre ainsi des opportunités de recrutement dans les industries agroalimentaires. « En plus, si nous rajoutons la distribution, les supérettes, on est à 140 000 entreprises. C’est une aubaine extraordinaire. D’ailleurs, sans la vision stratégique et  le concours du ministère de l’Enseignement supérieur, cette école n’aurait pas pu voir le jour. Ils ont cru au projet de l’Essaia alors que c’était l’une des plus jeunes écoles préparatoires, et sans cette marque de confiance on n’aurait jamais réussi », avoue notre interlocutrice.
 
Coopérations et partenariat
Et afin d’accélérer le processus de développement et assurer une plus grande performance à cette école, des accords de coopération ont été signés avec des entreprises algériennes ainsi qu’avec des écoles similaires étrangères dont notamment françaises dans le cadre d’échange d’expertise et de formation et de coopération scientifique et technique. Ainsi, un certain nombre de conventions a été établi ou le sera (lettres d’intention signées) avec différents partenaires académiques et économiques. Elles ont pour vocations essentielles d’améliorer la qualité de la formation d’une part et d’offrir d’autre part des possibilités de stages et d’embauche aux étudiants de l’école. Elles couvrent également des missions d’expertise et d’accompagnement par l’Essaia. Ces partenariats sont appelés à se densifier en 2018. L’école est ainsi impliquée dans différents projets de jumelage européen en collaboration avec le ministère de l’Industrie et des Mines, du Commerce et la FAO. C’est  ce qu’affirme la jeune directrice de l’Essaia : « Nous avons conclu des collaborations avec des structures comme la DGSN mais également avec une multitude d’universités, notamment celles de l’intérieur du pays, tels que le centre universitaire de Tamanrasset, celui de Ghardaïa…. Nous nous sommes délibérément orientés vers les universités de l’intérieur afin de valoriser les produits du terroir des Hauts Plateaux et du sud du pays. A l’international, nous avons ratifié plusieurs conventions, avec l’école française de l’agroalimentaire de Nancy, une convention de collaboration scientifique et technique avec l’Université Aix-Marseille, et dans laquelle nous avons obtenu un don de matériel équivalent à 220 000 euros, et cela afin de mettre en place une plateforme de biologie-moléculaire, et de protéomique, qui permettra le fonctionnement d’un laboratoire de sécurité, de veille et d’alerte sur la sécurité sanitaire des aliments en Algérie. Nous espérons sincèrement que l’Essaia connaitra, durant les prochaines années, un développement exponentiel. C’est le fruit du labeur et du travail acharné de ces trois dernières années que nous cueillons mon équipe et moi. » En plus des accords de partenariat, des conventions ont été également signées avec notamment quatre entreprises privées de l’agroalimentaire, à savoir l’Etablissement Larbi-Cherif-Chafik de Béjaïa, spécialisé dans la fabrication de produits parapharmaceutiques, l’Eurl Bioherbs d’Alger (fabrication de compléments alimentaires), l’Eurl Proderma de Sidi Bel Abbès (compléments alimentaires et produits cosmétiques), et la Sarl Myrale de Bordj Bou Arreridj (fabrication de compléments alimentaires). « Le travail dans une école ne se limite pas uniquement à assurer la pédagogie, une école supérieure ne peut plus fonctionner de la sorte. Encouragés par notre tutelle, notre stratégie est d’aller vers le secteur socioéconomique en proposant nos services, présentant notre produit qui est l’étudiant. C’est toujours l’étudiant qui est mis en avant. Ceci lui permet un premier contact accompagné avec son futur employeur. En plus du relationnel personnel, il y a aussi l’accompagnement par l’école de ces industriels, soit par la formation continue, l’expertise ou l’apport de solutions à leurs problèmes technologiques. En somme, c’est du gagnant-gagnant. Toutes nos conventions sont réfléchies de cette manière », assure la jeune directrice. De nouvelles conventions seront également signées, incessamment, avec un très grand producteur de produits de transformation carnée, avec les producteurs leaders de la filière sodas et boissons, et avec un grand groupe céréalier. « Nous sommes en train de finaliser les nouvelles conventions. Pour les conventions existantes, des accords ont été signés avec les producteurs de compléments alimentaires, des fabricants de chocolat et autres confiseries ainsi qu’avec des transformateurs de la filière des fruits et légumes », rappelle-t-elle.      

Des débouchés variés et multiples
Les débouchés de l’Essaia sont divers et nombreux. Dans le secteur de l’agroalimentaire,
Les diplômés de cet établissement sont destinés à répondre au besoin du monde socio-économique dans les créneaux liés essentiellement au contrôle et management de la qualité alimentaires, aux technologie de transformation alimentaire, à la recherche et développement, à la production ou à l’achat des matières premières, et ce, dans les entreprises agroalimentaires ou chaines de grande distribution ainsi que dans les organes de contrôle et/ou de répression des fraudes dans différents secteurs gouvernementaux (commerce, industries et mines, intérieur….)
Selon Mme Ben-Mahdi, avec l’ouverture d’autres spécialités dans les trois ou quatre prochaines années (filière hallal, dérivés et sous-produits vinicoles…), la liste des débouchés devrait s’élargir davantage (douanes, laboratoires, centres de recherche et de développement industriel..). « Les débouchés sont multiples. Les jeunes Algériens sont conscients que c’est un secteur porteur, créateur de richesses et d’emplois. En outre, l’étudiant peut aussi créer sa propre entreprise. Ensuite, il y a tous les secteurs utilisateurs. Nous avons le secteur du contrôle qualité, que ce soit au commerce, à l’industrie et les mines, l’industrie du papier et du carton, l’industrie du plastique, dans tout le tissu industriel, toutes les entreprises de l’agroalimentaire, la grande distribution, les douanes, la police scientifique, le ministère de la Défense… Actuellement,  sept de nos partenaires ont déjà émis le souhait de recruter nos ingénieurs.  Je pense que la qualité de la formation joue un grand rôle dans le recrutement», estime Mme Ben-Mahdi, précisant que « l’avantage dans ce cursus est que les étudiants sont recrutés au niveau national du fait qu’ils sont issus de 42 wilayas, et qu’ils sont appelés et encouragés à contribuer au développement de leurs régions respectives dans le domaine de l’agroalimentaire ». L’Ecole tend ainsi à devenir un pôle de formation initiale mais également continue dans le secteur de l’agroalimentaire. Une école adoptée, en plus de sa tutelle, par le ministère du Commerce, et celui de l’Industrie et des Mines. « L’école a eu la chance de se voir intégrée avec le secteur de l’industrie et des mines dans le programme du développement du pôle de compétitivité agroalimentaire de la Mitidja et celui de la veille stratégique (secteur agroalimentaire). Nous avons également des relations privilégiées avec le ministère du Commerce, qui nous a associés à plusieurs projets du jumelage avec l’UE. Bref, dans tous les secteurs, c’est la qualité de la formation qui fait la différence », insiste-t-elle.

Encourager la culture entrepreneuriale des étudiants
Lieu de transmission de savoir par définition, l’Ecole supérieure des sciences de l’aliment et des industries agroalimentaires est également un espace d’échange et de partage, cultivant la curiosité, l’ouverture et l’adaptation de ses étudiants à leur futur environnement socioprofessionnel. Elle veille ainsi à nourrir l’esprit créatif des étudiants, en développant leur capacité d’adaptation à de nouvelles situations au travers d’enseignements spécifiques, ateliers et élaborations de solutions innovantes. L’Essaia encourage aussi la culture entrepreneuriale de ses étudiants au travers des séances de création de projets, de challenges, de concours et compétitions … A cet effet, outre l’intégration de modules de gestion et de vie en entreprise, dans ses curricula, l’Essaia, s’est associée avec Injaz El Djazair, dans un programme de formation des étudiants à l’entreprenariat et à l’innovation. De la même manière, les étudiants sont également intégrés dans des programmes internationaux inhérents à l’innovation. « Nous essayions d’inculquer cet esprit d’entrepreneuriat à nos étudiants en leurs présentant les meilleures success-stories du secteur socioéconomique. Et souvent, ces industriels, ou ces acteurs du secteur socioéconomique, deviennent des « anges gardiens » au niveau de l’école, en prenant sous leurs ailes deux ou trois étudiants. Nous avons eu également la proposition du FCE, d’accompagner les étudiants par Jil FCE, pour créer cette dynamique d’accompagnement dans la vie-entrepreneuriale. Néanmoins, si certains de nos étudiants deviendront des chefs d’entreprises, d’autres devront intégrer le tissu industriel, qui a besoin de cadres performants et de main-d’œuvre qualifiée », insiste notre interlocutrice, qui rappelle que 100 % des étudiants de l’Essaia ont été reçus au concours national d’accès aux Écoles supérieures du domaine SNV organisé en juin 2017. « 92 étudiants de l’Essaia ainsi que 18 étudiants externes ont été affectés à l’école sur la base du mérite afin de pourvoir les 110 sièges pédagogiques ouverts en spécialité (soit environ 36 par spécialité) ». Dans le même ordre d’idées, Mme Ben-Mahdi indique que le choix de ces spécialités et des options de formation continue, répondent à un besoin. « Nous sommes toujours à l’écoute, et nous faisons des petites études à notre niveau. Démarche qui nous permet de sonder le secteur socioéconomique, pour connaître ses attentes et ses besoins, en termes de spécialités. Autrement dit, je ne peux pas former dans une spécialité dont l’industriel n’aura pas besoin. Aujourd’hui, nous formons dans la qualité, dans le conditionnement, la conservation, le complément alimentaire, la transformation laitière, carnées, céréalière…On va ensuite aborder le développement d’autres filières tout aussi importante notamment toutes celles liées aux produits du terroir algérien qui regorgent de merveilleux produits et savoir faire à valoriser. Nous travaillons aujourd’hui sur plusieurs projets, dont ceux visant à apporter de la valeur ajoutée aux produits algériens et leur promotion », prône-t-elle.

Des projets de recherche en fonctionnement
L’échange et l’étayage entre pairs sont également encouragés par la mise en œuvre de projets collectifs innovants. En contrepartie, l’Essaia d’Alger met un point d’honneur à exiger le meilleur de ses étudiants afin de les doter des clés nécessaires à leur réussite professionnelle et former pour notre nation son élite future. Ainsi, deux projets de recherche CNEPRU sont en fonctionnement depuis début 2016, ouvrant ainsi la possibilité aux enseignants de rejoindre des équipes in-situ et de développer des activités de recherche au sein de l’établissement. En outre, la création d’un laboratoire de recherche est également inscrite dans ce projet de développement de l’Essaia. Ce laboratoire aura pour vocation le développement et l’évaluation de solutions innovantes en industries alimentaires. Les activités de recherche de ce laboratoire seront portées par les quatre rangs magistraux de l’établissement ainsi que par les MCB qui devraient soutenir leur habilitation universitaire cette année et des chercheurs externes. Une masse critique de chercheurs est matérialisée par les maitres assistants, inscrits en thèse de doctorat sur des thématiques proches. Ainsi, les axes principaux de recherche projetés porteront sur le contrôle qualité des denrées alimentaires et des intrants, la sécurité alimentaire, la formulation, l’évaluation/ prévention de l’impact toxicologique et environnemental, la valorisation des sous-produits industriels alimentaires, le packaging produit, et enfin la pré-industrialisation.

Bibliothèque et fonds documentaire
Après trois années de fonctionnement effectif, la bibliothèque de l’Essaia dispose d’un fonds documentaire récents de 5744 ouvrages correspondant à 600 titres en texte imprimé ainsi que 152 CD - E-book auxquels viennent s’ajouter 389 mémoires et thèses couvrant les divers domaines de l’agroalimentaire. Une attention particulière a été donnée à l’acquisition d’ouvrages de référence en agroalimentaire. La bibliothèque dispose d’une salle de lecture de 242 places et de 14 postes de consultation du catalogue en ligne (OPAC : on-line Public Access Catalogue) et qui permet au lecteur de vérifier la disponibilité et la localisation des documents dans les collections de la bibliothèque. Les collections disponibles actuellement couvrent 16 domaines (sciences fondamentales et de spécialité). Ces collections sont enrichies progressivement en titres d’ouvrages en relation avec les nouvelles disciplines couvertes par la nouvelle école supérieure. L’espace lecture et travail reste ouvert le weekend et jusqu’à 19h00 le soir, afin de permettre aux étudiants de travailler dans un environnement convivial au sein de leur école.

Communication, activités culturelles, scientifiques et sportives
L’Essai d’Alger offre un environnement convivial et stimulant, favorisant l’apprentissage et l’épanouissement personnel de ses étudiants au travers non seulement de projets d’initiative personnel mais également des nombreuses activités extra-académiques, telles que des manifestations scientifiques, culturelles et sportives, organisées tout au long de l’année universitaire. Ainsi, et dans une volonté délibérée d’améliorer et d’optimiser les canaux d’information en interne et en externe, une attention particulière a été accordée aux nouveaux outils de communications (web, réseaux sociaux, messagerie professionnelle...). Par ailleurs, l’ensemble des activités et manifestations organisées au cours de l’année 2017 avait pour vocation la sensibilisation, la formation et l’émulation positive des étudiants et du personnel ainsi que la promotion de la tolérance et de la fraternité au sein de la communauté Essaia. En outre, la création de deux clubs (Omega 421 et Eureka) a été vivement encouragée et leurs activités sont étroitement accompagnées et soutenues par l’administration. Ainsi, le club Omega 421, créé le 5 mai 2015, a pour objectifs la promotion de l’esprit et la curiosité scientifique des étudiants en encourageant l’organisation d’activités et d’événements scientifiques dans le domaine agroalimentaire. Stimuler et nourrir l’esprit de compétition positive dans le cadre de concours à caractère scientifique, encourager les initiatives culturelles et sportives de groupe afin de favoriser la cohésion et le brassage culturel des étudiants, et enfin, créer un espace d’échange et de communication serein et constructif. Le deuxième club, Eureka, créé le 24 octobre 2016, organise des évènements culturels et sportifs, favorise l’intégration des nouveaux inscrits, et la promotion de la cohésion et de l’échange constructifs entre étudiants. « Avec ces deux clubs, nous sommes en train de préparer la revue de l’Essaia. Nous sommes également en train de créer, avec eux, une chaîne radio, sachant qu’une chaîne You Tube existe déjà au niveau de l’école. Nous organisons plusieurs activités. Pratiquement chaque mois il y a une activité différente. Il y a également une cellule de liaison école-entreprise responsable de contacts avec les partenaires socioéconomiques. Elle est chargée d’organiser les stages, et les déplacements des étudiants. Nous disposons également, d’une cellule d’assurance-qualité, qui est très dynamique, chargée de l’évaluation des enseignements. Ainsi, tous les six mois, il y a une enquête d’autoévaluation et de satisfaction des étudiants. Une cellule HSE veille sur les deux sites de l’école au respect des bonnes pratiques par le personnel que ce soit celui des laboratoires ou des agents techniques ou de sécurité. L’Ecole offre aussi des formations continues de courte durée sur les bonnes pratiques d’hygiène, de fabrication et de préparation en industrie agroalimentaire et en restauration collective, dans le cadre de conventions signées avec des partenaires tels que les restaurants universitaires ou certaines sociétés de catering, mais aussi dans les domaines de la nutrition, de la mise en place des plans HACCP, normes 17025, 22000….», nous explique la jeune directrice.

Offrir une formation de qualité
Par ailleurs, l’Essaia qui se veut le cordon ombilical, entre ses étudiants et le monde professionnel, dans un domaine auquel les Algériens ne sont pas habitués, ne badine pas avec la qualité de la formation. A cet effet, l’école offre toutes les commodités didactiques pour un épanouissement scientifique de ses étudiants. A l’issue de leurs formations, les étudiants, maitriseront tous les process industriels et les procédés de fabrication. En somme, tous les moyens sont mis à disposition pour hisser les étudiants à un niveau de qualification que nous voulons le plus élevé possible. « L’un des objectifs principaux de l’école est d’offrir une formation de qualité à nos étudiants. Une chose qui me tient beaucoup à cœur. Il faut maintenir cette exigence d’excellence afin de garantir une employabilité optimale du futur diplômé et fournir le cadre technique performant et opérationnel à l’employeur. A cet effet, nous nous efforçons de dispenser des formations qui répondent aux exigences et aux rêves de nos étudiants. Mais également, nous espérons contribuer activement au développement de la recherche appliquée agroalimentaire. Il faut développer des solutions innovantes et des process de fabrication adaptées à la réalité de notre pays », plaide Mme Ben-Mahdi. D’autre part, l’Essaia, encourage également ses étudiants à développer des projets sur la valorisation des produits « Made In Djazair». « Nous avons des projets communs avec nos étudiants pour la mise en valeur des produits algériens et ce à travers de nouveaux produits et l’édition d’un ouvrage promotionnel sur les produits du terroir algérien. Encouragée par le ministère de l’Enseignement supérieur, l’Essaia participe à différentes actions d’utilité publique entrant dans le cadre de la sensibilisation et de l’accompagnement du consommateur mais également la promotion d’une alimentation équilibrée de bonne qualité nutritionnelle et sanitaire afin de contribuer à la réduction des maladies non transmissibles telles que le diabète ou l’hypertension artérielle qui trouvent une grande partie de leur genèse dans nos assiettes. Nous souhaiterons également développer au niveau de l’école une plateforme technologique dédiée à l’agroalimentaire que nous souhaitons petite mais efficace, et nous travaillons à la mise en place très prochainement d’un laboratoire d’analyse sensoriel, outil nécessaire aux industriels algériens afin de mieux connaître la perception de leurs produits par le consommateur et améliorer ainsi sa commercialisation. Et bien sûr aussi, participer à faciliter les actions d’export, contrôler l’import par la mise en place du laboratoire de sécurité et de veille alimentaire. Il faut continuer à avancer, nous ne pouvons dormir sur nos lauriers. Il faut toujours aller de l’avant, y croire et garder l’esprit de l’Essaia», insiste la jeune directrice. Rappelons enfin que quelque 640 étudiants, issus  des quatre coins du pays, suivent actuellement leurs études à l’Essaia et dont la grande majorité provient de l’ex-École préparatoire en sciences de la nature et de la vie.
Y. M.



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