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N° 110 - Dec 2017

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Dossier

Des compétences algériennes au service de la numérisation

Centre national de production des titres et documents sécurisés d’El Hamiz

Par Farid HOUALI



L’introduction de nouvelles technologies dans la confection de documents administratifs sensibles ouvre, comme nous l’avions déjà souligné sur ces mêmes colonnes, une nouvelle ère pour le pays et pour le citoyen qui se verra doté de titres modernes hautement sécurisés le mettant définitivement à l’abri des tentatives d’usurpation d’identité qui ont pris des proportions alarmantes dans le monde où la fraude, la criminalité et le terrorisme ont investi ce créneau pour commettre leurs méfaits. Et la maîtrise de cette technologie, qui vient de toucher d’abord le passeport, constitue irrémédiablement la première pierre du processus de construction de l’édifice moderne administratif qui englobera par la suite d’autres documents tels la carte nationale d’identité, la carte grise et le permis de conduire. Dans ce sens, l’Algérie a réalisé ces dernières années une avancée remarquable dans sa lutte contre la falsification des documents et sa souscription à vouloir harmoniser sa démarche aux normes internationales, notamment celles édictées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour sécuriser le document de voyage, qu’est le passeport, et rejoint ainsi le cercle restreint des pays qui ont déjà composté ce genre de document.Le passeport biométrique électronique « est un titre de voyage individuel de nouvelle génération, lisible à la machine, qui ressemble au livret du passeport actuel mais intégrant des techniques de sécurité de dernières technologies et contenant une puce électronique dans laquelle sont stockés les renseignements du titulaire, sa photo numérique, ses empreintes, sa signature numérisée et les données relatives au titre du voyage. » Il est considéré biométrique par le fait qu’il renferme « une photo normalisée et des empreintes digitales servant à l’authentification du détenteur du document grâce à des techniques de reconnaissance automatique ». Pour sa confection, l’Algérie a adopté la méthode la plus usitée universellement et considérée jusqu’à présent comme la plus fiable, à savoir l’empreinte digitale comme élément d’authentification biométrique. L’option d’un projet clef en mains confié à un intégrateur telle qu’adoptée par la quasi-totalité des pays, a été écartée par le ministère de l’Intérieur, des Collectivités localeset de l’Aménagement du territoire, dès le départ. « Dans ce cadre, le choix adopté a été de prendre en charge la conception de l’ensemble du dispositif mis en œuvre pour ce projet et son intégration technologique exclusivement par des compétences algériennes et ce afin, entre autres, d’assurer une indépendance dans la gestion des plateformes techniques, de préserver les bases de données contre tout risque d’usage ou de manipulation incompatibles avec l’intérêt national », affirme dans une déclaration à El Djazaïr.com, Hacen Boualem, premier responsable de la direction des titres et documents sécurisés (DTDS), une direction relevant de la direction de la modernisation de l’administration sous tutelle du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire. La direction des titres et documents sécurisés assure l’intégration des systèmes et développe, selon son premier responsable que nous avons rencontré dans son bureau, ses propres logiciels que ce soit au niveau central ou au niveau local sans faire appel à la sous-traitance. « Cela nous évite le recours au mode licence qui n’est pas sans coûts exorbitants »,souligne notre interlocuteur mettant en valeur les compétences algériennes qui ont, révèle-t-il, su s’approprier les logiciels évitant ainsi au pays de recourir au savoir-faire étranger surtout qu’il s’agit d’une opération de souveraineté et de traitement de données touchant à la vie privée des Algériens. Pour ce faire, la DTDS dispose de deux centres de production. Outre celui d’Alger qui assure la production des documents au profit de 35 wilayas et les consulats d’Algérie ) l’étranger, celui de Laghouat assure de son côté la production des documents pour les 13 wilayas des Hauts Plateaux. 550 employés (184 à Laghouat et 350 à Alger) dont la majorité, sont des informaticiens et électroniciens, assurent ainsi la continuité, 24/24 du service au niveau des deux sites cités précédemment.

Un centre à la hauteur des exigences
Le Centre national de production des titres et documents sécurisés d’El Hamiz est un siège qui témoigne de cette avancée remarquable de notre pays dans la réalisation d’infrastructures adéquates et dans sa quête de l’harmonisation de ses documents et titres qui, désormais, répondent aux normes internationales de sécurité. Pas facile d’y accéder. Pour le besoin de ce reportage, il aura fallu d’abord que le directeur des titres et documents sécurisés soit informé de notre visite. Elle est confirmée quelques instants par la suite. Les procédures d’usage finalisées au premier poste de garde où des policiers en uniformes scrutent le moindre mouvement à l’extérieur du bâtiment comme à l’intérieur du site, nous sommes orientés vers un deuxième poste de police. Sur place, un agent se charge de vérifier « notre identité mais et surtout le motif de notre visite ». Le tout se fait en quelques secondes seulement. Après quoi, nous sommes « confiés » aux agents de sécurité relevant de la DTDS. « Il va se charger de vous accompagner chez le directeur », nous lance une policière en faction ce matin-là. Nous entamons ainsi une grande esplanade donnant accès à une imposante bâtisse totalement en verre. Dans les couloirs, il est aisé de remarquer les va-et-vient des personnels dont la plupart en blouses blanches.Cela renseigne de l’importance du travail qui se fait derrière toutes ces portes vitrées dont « l’accès est restreint » selon des zones bien définies. Les équipements de dernière génération acquis répondent aux exigences de la partie algérienne qui, entre-temps, avait pris soin de réaliser l’infrastructure adéquate à ce genre d’opérations et de former sa ressource humaine capable de relever le défi et dont le montant total s’est chiffré à 3,5 milliards de dinars. Ces équipements ont permis, depuis la cérémonie de remise du premier passeport biométrique, qui, au-delà de sa symbolique, constitue la concrétisation du volet modernisation de l’administration du pays, un des axes importants contenus dans le programme du président de la République, Abdelaziz Bouteflika,la production et la délivrance de quelque 11,15 millions de passeports, 6 millions de cartes nationales d’identité biométrique (dont 3,7 millions demandées via Internet) avec une moyenne de production, selon Hacen Boualem, entre 2014-2015 de 27 000 passeports/jour. Actuellement, cette cadence est en moyenne de 7 à 10 000 passeports/jour. Ainsi, le Centre national de production des titres et documents sécurisés d’El Hamiz, constitue aujourd’hui le centre névralgique et le passage obligatoire dans le processus de la production et de la délivrance (dans toutes leurs étapes) des documents puisqu’il centralise les opérations de traitement et de production dans la délivrance du passeport biométrique et carte nationale d’identité biométrique et plus tard d’autres documents. Il abrite les équipements matériels et logiciels tels que les sous-systèmes de comparaison automatique des empreintes digitales AFIS, celui de gestion et de production et de personnalisation des passeports biométriques ainsi que celui de gestion des certificats électroniques. Pour s’entourer de toutes les précautions et donner les meilleurs gages de succès à cette opération et en plus de la formation de la ressource humaine et de la réalisation de cette importante infrastructure ainsi que la mise en place d’un centre secondaire dans la wilaya de Laghouat, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire a mis en œuvre des plateformes logicielles au niveau des structures concernées, à savoir les circonscriptions administratives et daïras et celles destinées aux postes consulaires. Et comme, une nouvelletechnologie méconnue jusque-là, suscite généralement des appréhensions quant à la crédibilité d’un tel document, le ministère de l’Intérieur s’est souvent montré rassurant à ce sujet notant que « le passeport biométrique reproduit les informations transmises par la daïra et qu’un contrôle à différents niveaux a été instauré. Aussi, quand est affiné l’enrôlement avec le citoyen au niveau de la daïra, on lui présente sur écran « ses informations » pour corriger d’éventuelles erreurs. Ceci constitue la première phase. Ces informations parviennent au niveau du Centre national qui dispose d’une machine confortant ces données et correspondant effectivement au citoyen demandeur. L’empreinte et l’autographe y sont vérifiés, ce qui est un autre garde-fou. De plus ce passeport ne peut ni faire l’objet de falsification, ni subir une contrefaçon, ni être cloné, du fait qu’il renferme en son sein des éléments qui garantissent son intégrité, à savoir une sécurité physique et informatique. Idem pour la carte nationale d’identité biométrique qui reste l’une des plus sécurisée au monde. « Ce sera également le même procédé avec le permis de conduire biométrique qui sera lancé prochainement », assure à ce propos le premier responsable de la DTDS. Il convient de noter par ailleurs qu’un site Intranet a été mis en service depuis avril 2015, au Centre national des titres et documents sécurisés au niveau de toutes les daïras des différentes wilayas du pays dans le but d’assurer le suivi des étapes d’établissement du passeport biométrique. « L’objectif du lancement de ce site réside dans la facilitation du suivi des différentes étapes d’établissement du passeport biométrique », a conclu Hacen Boualem.

F. H.



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