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N° 118 - Dec 2018

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Dossier

La quote-part des banques

Développement des wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux

Par Yahia MAOUCHI



Déterminé à faire du développement des régions du Sud du pays un axe prioritaire de son action, le gouvernement a, dans le cadre de la mise en œuvre du programme du président de la République Abdelaziz Bouteflika et conformément aux directives données en ce sens par le chef de l’Etat, mis en œuvre un ambitieux programme de développement destiné au Sud et aux Hauts-Plateaux. Pour ce faire, des mesures spécifiques sont venues s’ajouter aux grands objectifs déjà fixés pour ces régions, en vue d’élargir la base économique et de multiplier les chances d’emploi et de logement pour les populations locales, notamment les jeunes, ainsi que l’amélioration de leurs conditions de vie. A cet effet, le système bancaire et financier assume une mission primordiale dans l’accompagnement et l’orientation des projets d’investissement vers la voie la plus performante, à travers le financement, la facilitation, l’élimination des contraintes et la prise en charge des préoccupations des opérateurs économiques.
Intervenant lors d’une journée d’information, organisée dans la wilaya d’Ouargla, sur « le financement des projets d’investissement dans le grand Sud d’Algérie » dont l’objectif est d’échanger avec les investisseurs potentiels en quête de financement pour la réalisation de leurs projets, Achour Aboud, président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (ABEF) et président directeur général de la Banque national d’Algérie (BNA), a affirmé  qu’il appartient aux banques, pour être à la hauteur des missions qui leur sont dévolues, de s’impliquer dans les domaines du financement moderne à la satisfaction des entreprises publiques et privées. « Les banques inscrivent cette action de financement économique comme étant une priorité. Nous avons financé beaucoup de projets et d’investisseurs au Nord du pays, et dans le Sud il y a une dynamique qui commence à prendre forme ces dernières années. Ainsi, afin de capter ce flux d’investissement, les présidents de banques représentées par l’ABEF ont décidé d’aller vers le terrain. C’est la première action que l’ABEF a organisée. Nous avons décidé de commencer par la wilaya de Ouargla, qui recèle un potentiel important, et des wilayas environnantes. C’est une journée d’information à travers laquelle nous voulons vulgariser les différents axés de financement », a précisé Achour Aboud, qui a relevé, à ce titre, que les banques ont consenti ces dernières années des financements colossaux et structurants au profit des secteurs stratégiques de l’économie nationale.
Dans le même ordre d’idées, le premier responsable de l’ABEF a affirmé devant des opérateurs économiques, des présidents-directeurs généraux de certains banques et établissements financiers et des représentants des chambres de l’industrie et du commerce (CIC) des wilayas d’Ouargla, de Ghardaïa et Laghouat, la disponibilité des institutions bancaires à accompagner les investisseurs, à travers des actions d’explication et de vulgarisation, à l’instar de cette rencontre, qualifiée d’opportunité d’écoute des préoccupations, d’échange de points de vue, d’explicitation des dispositifs de financement via les opérations de crédits conventionnels et de leasing. Le président de l’ABEF a, en outre, rappelé la performance du secteur financier national et son engagement permanent à poursuivre les efforts d’accompagnement et de satisfaction des besoins financiers des investisseurs, le soutien de leurs objectifs et plans de développement, en tant que partenaire stratégique permanent dans le processus de développement des régions du Sud et des Hauts Plateaux, futures régions créatrices de richesses et d’emplois. Rappelons que cette rencontre a été placée sous le signe de « secteur financier au service de l’investissement et du développement dans le Sud et les Hauts-Plateaux ». Cette rencontre a été riche en communications sur le financement des projets d’investissement, la situation et les mécanismes de financement des projets, les procédures instaurées par l’Etat pour la promotion et l’encouragement du recours des investisseurs au financement.

10 000 milliards de dinars accordés à l’économie nationale
Par ailleurs, le président de l’ABEF a affirmé que les banques publiques ont contribué et contribueront toujours dans le développement de l’investissement. « Les chiffres sont là pour montrer que les banques sont loin d’être en marge de ce processus. Le volume des crédits bancaires accordés à l’économie nationale devra atteindre, à fin 2018, plus de 10.000 milliards de dinars, soit une hausse de 12% par rapport à 2017 » se félicite-t-il. Dans le même ordre d’idées, M. Aboud a ajouté que ces crédits s’étaient établis, à fin juin dernier, à 9.408 milliards de dinars, précisant que ces indices reflètent le rôle continu assumé par les banques en matière de financement de l’économie nationale. Mieux encore, depuis 2005, les crédits octroyés au secteur privé sont plus importants que ceux accordés au secteur public. « Plus de 50% de ces crédits ont été affectés au secteur privé », a tenu à préciser le même responsable. Les crédits bancaires accordés à l’investissement se sont établis à la fin du premier semestre de l’année en cours à 6.879 milliards de dinars, soit un taux de 73% de la totalité des crédits, a-t-il ajouté. Pour sa part, Mohammed Krim, P-DG de la BDL, a tenu à préciser que l’objectif derrière la participation de sa banque à cette journée d’information, c’est de se rapprocher davantage de ses clients. « C’est pour donner la chance à tous les clients de la banque, et être ainsi à leur écoute. La communication joue un grand rôle dans le développement de la banque. Être proche de notre client nous permet de lui offrir des services et produits qui conviennent à ses attentes. Et pour être très proche de nos clients, la BDL a lancé son nouveau système d’information. Un système qui rentre dans le cadre de la modernisation de la banque. Le plus important pour nous c’est l’accompagnement de nos clients, et peu importe le secteur d’activité dont ils veulent investir. En outre, la BDL se doit d’être compétitive. A cet effet, nous accordons beaucoup d’importance à la formation du personnel, c’est pourquoi nous organisons ce type de rencontres », a indiqué le P-DG de la BDL. Dans le même ordre d’idées, Boualem Djebbar, P-DG de la BADR, a précisé que « la participation de notre banque à cet événement témoigne de l’intérêt qu’elle accorde au développement des wilayas du Sud où elle est fortement présente. Nous accompagnons les différents investisseurs notamment dans le domaine de l’agriculture ou de l’agroalimentaire, et nous sommes profondément convaincus que le développement de ces wilayas est tributaire du développement de l’agriculture. Nous sommes convaincus également que l’agriculture représente un secteur stratégique qui permettrait de développer ces wilayas, et qui permet également la création d’emplois et de la richesse. Un secteur qui recèle des potentialités importantes susceptible d’attirer des grands industriels, et c’est le cas aujourd’hui. Beaucoup d’opérateurs économiques se penchent vers l’agriculture, et ça c’est un plus que nous encourageons pour essayer de développer ces wilayas, à travers le développement de l’agriculture ».

Une rencontre fructueuse
Dans le même sillage, Mohammed Dahmani, directeur général du Crédit populaire d’Algérie (CPA), a qualifié sa participation de fructueuse, visant le développement des régions du Sud. « Une rencontre qui rentre dans le cadre de l’application des instructions du président de la République pour le développement des régions du sud et des Hauts-Plateaux. Ces régions ont bénéficié des priorités en matière de croissance et de développement économique. La région du Sud ne recèle pas uniquement le pétrole, elle est devenue aujourd’hui la plaque tournante de l’agriculture en Algérie. Un secteur névralgique qui nécessite l’accompagnement des banques. A cet effet, le système bancaire représenté par l’ABEF trouve très important d’organiser en relation avec les autorités locales cette rencontre. Donc, c’est un espace qui permettra aux deux parties ainsi qu’aux investisseurs d’expliquer le fonctionnement du système financier et sa contribution dans le financement des projets, et d’investissement des entreprises installées dans le sud », a précisé M. Dahmani.
Pour sa part, Brahim Semid, P-DG de la BEA, a affirmé que sa banque n’a jamais cessé depuis l’indépendance de financer les projets dans le Sud et le Grand Sud. « La BEA existe de par ses agences à travers toutes les wilayas du Sud, de par son historique étant donné qu’elle finançait les projets pétroliers, Sonatrach et toutes les compagnies et les filiales qui leur sont rattachées. Nous avons ici à Ouargla une agence principale avec une direction régionale, et deux agences à Hassi Messaoud. Nous avons financé le grand groupe RedMed, spécialisé dans les solutions logistiques pour pétroliers, et implanté à Hassi Messaoud. Et nous l’avons également accompagné et financé à Adrar. Dans la même wilaya, nous avons aussi financé une grande cimenterie, et aujourd’hui nous sommes en train de financer son extension. Donc, nous sommes obligés d’accompagner ces investisseurs et d’ouvrir une agence sur place. Mais pour vous dire par rapport au programme de financement, la BNA finance tous les projets pourvu qu’ils soient rentables. La BNA finance plusieurs secteurs tels que l’agriculture et le tourisme au sud. Donc, nous avons pratiquement touché à tous les secteurs d’activités»,  a rassuré notre interlocuteur. Par ailleurs, la BEA contribue selon son PDG au financement de 35% de l’économie nationale. « Le président de l’ABEF a annoncé 9400 milliards de dinars alloués à l’économie nationale, notre part est de 3200 milliards de dinars, soit 35%. Et nous continuons à financer les projets quel que soit le secteur d’activité, on ne fait pas de distinction pourvu qu’il y ait une demande de financement. Nous finançons deux compagnies d’aviation privés au Sud. Les financements accordés à l’économie nationale en 2017 s’élèvent à 793 milliards de dinars entre investissement et exportation. Et ces financements sont en train d’être mobilisés au fur et à mesure », a indiqué Brahim Semid ajoutant que « pour 2018, nous avons accompagné l’économie nationale pratiquement par le même montant. Chaque année la BEA met à la disposition de l’économie nationale entre 700 et 800 milliards de dinars. Le résultat réalisé cette année par la BEA dépasse les 57 milliards de dinars, contre 34 milliards de dinars en 2016. Et nous espérons clôturer cette année avec un résultat meilleur que celui de l’année passée ». Enfin pour rassurer les investisseurs et solvabiliser leurs dossiers des crédits, la caisse de garantie du crédit d’investissement (CGCI) et le Fonds de garantie des crédits aux PME (FGAR), veillent sur la garantie des crédits bancaires. « Nous présentons la garantie nécessaire aux investisseurs par rapport aux banques. Lorsqu’il s’agit d’un crédit d’investissement, les banques ont tendance à demander les normes de garantie. Donc, le FGAR est là, pour soutenir les investisseurs dans les différents secteurs d’activités. Soit dans le secteur industriel, agroalimentaire, les services, le tourisme et la pêche. En plus de l’accompagnement et de l’orientation des investisseurs par rapport à leurs investissements », a tenu à nous expliquer Mlle Amina Bennoui, responsable d’antenne régionale du FGAR dans la wilaya d’Ouargla.
En somme, il faut dire que dans une conjoncture marquée par de nombreux défis, le gouvernement affiche plus que jamais sa détermination à faire du développement des régions Sud du pays et des Hauts-Plateaux, à travers ses banques publiques, un axe prioritaire de son action dans le cadre de la mise en œuvre du programme du président de la République et conformément aux directives données en ce sens par le chef de l’Etat. L’exécutif, ayant pris conscience de l’importance d’une telle démarche, semble plus que jamais déterminé à donner tout l’intérêt voulu à ces régions, à la prise en charge de leurs problèmes et à l’amélioration du cadre de vie de leurs populations. Enfin, de ce fait, les efforts de l’Etat pour renforcer les infrastructures et le développement économique dans tous ses aspects à travers les wilayas du Sud et des Hauts plateaux seraient insuffisants s’ils n’étaient accompagnés d’une création de richesse et d’emploi à la mesure des capacités que recèlent ces régions et des attentes que nourrissent notamment les jeunes en quête d’emploi, de valorisation de leurs connaissances et de leurs compétences et, partant, de leur insertion sociale.


Y. M.



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